[Portrait] Remy Chieragatti : « On veut le pouvoir »

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Novice. Remy Chieragatti est le coordonnateur Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon du Pardem, le parti de la démondialisation, qui vient de sortir du chapeau. Un parti antisystème qui promet un candidat aux présidentielles pour « la libération nationale et la justice sociale ». Rencontre.

 

Il est un peu impressionné, c’est sa première interview. L’homme débarque en politique et il ne s’en cache pas. Il se prête finalement très volontiers au jeu pour mettre en avant des valeurs auxquelles il croit. Car derrière son apparence d’érudit intarissable quant à la société et ses travers, Rémy Chieragatti est un homme inquiet, qui entend transformer le cadre bien établi. « Ma venue à la politique a été extrêmement lente et je ne l’aurais pas envisagée si la situation politique ne s’était pas dégradée à ce point-là ». Il dit avoir constaté un changement très qualitatif depuis les présidentielles de 2002 : « On s’est retrouvé avec des candidats qui ressemblaient à des représentants de commerce s’adressant à des consommateurs ». Or Rémy Chieragatti est avant tout un scientifique. Sa formation d’ingénieur le pousse à se plonger à corps perdu dans l’analyse du système en place. En 2005 notamment il épluche le traité constitutionnel européen, le digère et le décrypte, décrétant « tout est bon à jeter à la poubelle ». Alors il s’ouvre aux alternatives, estimant qu’une batterie de mauvaises décisions nous ont conduits là où nous sommes : « nous devrions sortir de l’euro et de l’OTAN, du FMI, de l’OMC, retrouver la souveraineté de la nation, sortir de cette société néo-libérale basée sur un modèle maitre/esclave ou le chômage est une méthode d’asservissement pour faire baisser les salaires». Le ton est donné. Le visage du Pardem en région avoue même s’attendre à « être attaqué par les autres partis rapidement ».

 « J’ai l’esprit du devoir »

Issu d’une famille d’immigrés italiens, la famille de Rémy Chieragatti est à tendance gaulliste, mais il assume aussi une influence communiste. Longtemps limitée au cadre familial la discussion politique devient pourtant pour lui une méthode quasi scientifique pour tenter de changer la société. Il a longtemps côtoyé le M’PEP (parti de l’émancipation du peuple) avant qu’il ne disparaisse et ne laisse place à un groupe déterminé à recréer un parti : « On n’est jamais mieux servis que par soi-même », déclare-t-il. Le Pardem était né. Aujourd’hui à la coordination du parti au niveau régional, Rémy Chieragatti plaisante à moitié lorsqu’il dit « qu’il fait tout ». Clairement il a du pain sur la planche : organisation de réunion publique, lancement des campagnes d’adhésion et porte à porte dans les mairies pour la récolte des fameuses 500 signatures, dans une région surdimensionnée…  « La fusion des régions est encore une mauvaise décision, le but est de se retrouver dans un système politique de régions transnationales qui en réfèreront directement à l’Europe, car l’État va se désengager petit à petit». Une crainte parmi tant d’autres qui exprime bien la volonté des membres du Partem : « Nous voulons le pouvoir. C’est un objectif, car personne ne peut mettre en application ce que l’on revendique ». L’homme est aujourd’hui professeur associé à l’ISAE-SUPAERO (Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace) et maitre de conférences, dans un quotidien déjà bien rempli : « Je ne suis ni stakhanoviste ni masochiste et je préfèrerais que le monde aille bien pour pouvoir me consacrer à autre chose, mais j’ai l’esprit du devoir ». Et le sacrifice va loin, puisqu’il dit vouloir se présenter aux législatives.

 

 

 

En 3 dates :

2005 : il décide de s’impliquer en politique

2008 : 1er engagement collectif en politique

2016 : Création du Pardem

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