dimanche 24 janvier 2021
Politique Marc Péré : « Le citoyen a toujours raison »

[Portrait] Marc Péré : « Le citoyen a toujours raison »

Multi casquette. A 52 ans, Marc Péré a -presque- quitté sa carrière d’ingénieur pour la politique. Elu maire de l’Union en mars 2014, il revient sur son parcours, ce siège d’édile chassant l’autre en place depuis 7 mandats et sa vision de la politique.

Il nous rejoint entre deux poignées de mains à ses administrés, ravi de se prêter au jeu du portrait. Natif de Paris, c’est finalement à Pau qu’il grandit et arrive à Toulouse suite aux concours des grandes écoles, puisqu’il intègre l’Enseeith, après un cursus Sciences po paris. Son parcours d’ingénieur est tout tracé et dans les pas de son père -ingénieur dans le pétrole- il enchaîne les expériences. « J’ai fini par un poste plutôt sympa », annonce-t-il fièrement. Nommé directeur général du pôle de compétitivité d’Aerospace Valley en mai 2015, il est, là, au sommet de sa carrière. Mais l’intérêt de Marc Péré n’est pas seulement dans la technique, car sciences po avait éveillé chez lui « une conscience politique sur les enjeux sociaux et internationaux», relate-t-il. Il arrive à l’Union en 1997 et est élu dans l’opposition de gauche depuis 2001. Descendant d’une famille de résistants, il dit avoir « évolué dans un fort bain politique. » En 2005 il fonde Ludysol (L’Union dynamique et solidaire), une association visant à fédérer de nouvelles énergies… C’est sous cette appellation d’association citoyenne qu’il se présente en 2008 aux municipales contre le dinosaure en place, Georges Beyney. « 13 ans d’opposition c’est très formateur. »

Pourtant cela ne suffit pas et la défaite est rude : La suite c’est surtout la reconstruction : « On a continué à rassembler pour prouver notre sérieux et notre rigueur, c’est d’ailleurs surement ce qui nous a amenés à la victoire de 2014. » Il y a une certaine fierté lorsqu’il évoque ce moment. Il faut dire que mars 2014 voit 160 villes passer l’arme…à droite… « Le camp adverse s’est déchiré en trois listes, c’est clair que cela nous a servi ». Et si ses premières amours étaient au parti communiste, il l’a quitté bien avant les municipales, en 2009, « suite à des désaccords de stratégie politique » et c’est sous la bannière DvG qu’il se présente finalement en 2014.

« Je ne cherche pas la gloriole, je l’ai déjà ! »

Aujourd’hui sa ville il la voit en bon père de famille et compte ses objectifs comme autant d’enjeux vitaux : « la caractéristique démographique de l’Union est mon cheval de bataille, la proportion de personnes âgées y est 2 fois plus importante qu’ailleurs… » Un constat qui a récemment amené l’Union à devenir territoire pilote pour tester le domicile intelligent dans le maintien à domicile. Mais il ne s’arrête pas là : politique culturelle à mettre en place, urbanisation de la zone qui est en retard côté logement social, etc…

Quant aux régionales, il en rigole carrément : « il y a eu cette rumeur disant que Philippe Saurel m’avait fait une proposition pour mener la liste citoyen du midi en Haute-Garonne : on s’est rencontré mais aucune opposition n’est sortie de cet entretien ! Et si cela avait été le cas j’aurais dit non car je veux me consacrer à l’Union, mon élection n’est pas un marchepied. » Pourtant la porte reste ouverte pour l’avenir. Egalement vice-président en charge du dossier des déchets à Toulouse Métropole, l’homme pointe la nécessité de garder des moments de vie personnelle. Dur, dur lorsqu’on sait qu’il n’a pas totalement abandonné sa carrière : « je suis resté chargé de mission pour Aerospace Valley, il est important de garder un pied dans la vie professionnelle ». Un fil rouge : rester proche du citoyen, qui «  a toujours raison ». Et si avec l’équipe municipale tout n’a pas été rose : « il faut 12 mois pour établir un nouveau lien : de Péré l’opposant à Péré le maire », aujourd’hui l’équipe semble en osmose. « D’aucuns diront peut-être que je manque parfois d’autorité, je refuse surtout à m’imposer par l’autoritarisme ».

 

 

3 dates phares

2001 : 1ère élection en tant que conseiller municipal

2005 : Campagne pour le Non au référendum sur le traité constitutionnel européen

2014 : Elu maire de l’Union, une des rares villes qui bascule de droite à gauche

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