[Portrait] Hervé Boco, l’enseignant prêt au défi politique

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Département. C’est une première pour lui ; ce centriste est candidat sur le canton d’Escalquens avec la mission de faire tomber l’indéboulonnable Georges Méric. Rencontre avec un enseignant brillant devenu un politique aguerri, un disciple de Raymond Barre tombé amoureux de la ville rose. Logique c’est dans cette ville que ses parents se sont embrassés pour la première fois …

 

Cette tête bien pleine est née à Besançon au sein d’une famille de cinq enfants, d’un père juriste et d’une mère pharmacienne : « Mes parents ont toujours stimulé les débats. À la maison, j’ai toujours entendu parler de l’actualité, de la politique et de l’histoire. » Hervé Boco a l’apparence du timide, mais dès que le dialogue fuse, l’homme a le verbe riche et facile. Dès 14 ans, le jeune homme était féru d’histoire. Mieux, il se passionnait pour l’URSS : « Je connaissais par cœur tous les bureaux politiques … », s’amuse-t-il encore. Le parcours universitaire qui suit est d’ailleurs brillant : un bac +5 en maths gagné à Lille avant d’enchaîner l’INSA et Supaero à Toulouse. Dans la foulée, Hervé rejoint la capitale et le siège d’Axa où il devient ingénieur financier. Mais dans la ville rose, ses anciens enseignants ne l’ont jamais vraiment oublié et certains d’entre eux lui proposent de venir enseigner. Un challenge qui le séduit et il débarque ainsi en 2007 dans trois écoles différentes : Supaero, TBS (Toulouse business school) et l’Insa. « Ce métier fait désormais partie intégrante de mon ADN. J’ai le goût de la transmission », nous confie-t-il. Hervé a également des racines au Bénin du fait de son père. Il y a quelques années, il s’est rendu sur la terre de ses ancêtres : « C’est une civilisation très différente dans laquelle le religieux et le culte des morts ont une grande importance. Mon père m’a toujours dit qu’il ne suffit pas d’une vie pour comprendre la culture de ce pays. » En décembre 2011, Hervé se lance dans une nouvelle aventure, celle du think-tank « L’Estrade » : « Il s’agit pour moi d’inciter à la réflexion sur des sujets majeurs. » À l’aube de la dernière campagne municipale, celle qui était alors députée européenne, Christine de Veyrac, s’intéresse aux travaux de l’association présidée par Hervé. La rencontre a lieu rapidement, et l’encourage à entrer dans le grand bain de la politique : « La politique a toujours été un centre d’intérêt majeur dans ma vie. Je n’ai jamais été à gauche, mais je me suis toujours passionné pour la philosophie marxiste. » Un paradoxe ? Pas vraiment pour Hervé : « Je suis ouvert intellectuellement. Je suis attentif à toutes les pensées. »

« Inciter à la réflexion sur des sujets majeurs »

Pendant la campagne municipale, il rejoint alors les rangs de l’UDI, jeune parti initié par Jean-Louis Borloo : « Il y a deux hommes qui m’ont inspiré, et ils sont tous les deux centristes : Valéry Giscard d’Estaing et Raymond Barre. Des politiques qui ne pensaient qu’à l’intérêt général … » Dans l’ombre pendant l’échéance municipale, nous l’avions même alors surnommé dans un papier de l’époque « l’homme qui murmure à l’oreille de Christine », Hervé vient d’être investi sur le canton d’Escalquens pour les prochaines élections départementales : « Ce sera une échéance difficile mais avec de bonnes chances de gagner. » Le discours est offensif mais Hervé Boco, qui sera en tandem avec la centriste Chantal Gauthier, aura un adversaire de poids, Georges Méric. Ce dernier est même envisagé par certains de ses amis socialistes comme possible successeur de Pierre Izard : « On trace notre route sans se soucier du camp d’en face. Pourquoi craindre un candidat qui s’est autoproclamé  chef de file socialiste ? Croyez-moi, il n’a pas encore gagné. » Même pas peur Hervé Boco. Il pense même que ce canton d’Escalquens pourrait faire basculer le département : « Si nous remportons ce canton, c’est que tout sera possible. Nous sommes en première ligne de la bataille. » Aujourd’hui, Hervé est donc lancé dans sa première campagne électorale, il bat le pavé, savoure cette première manche mais prend date pour l’avenir : « Les mandats locaux me passionnent. J’aime résoudre les problèmes concrets. » Ce nouveau visage, à l’aspect plus intellectuel que politique, trompe son monde. Il aime le bitume et le porte à porte. Il aime la politique.

 

Trois années phares

2007 : Il devient enseignant à Toulouse dans plusieurs écoles

2011 : Il lance le think-tank « L’Estrade »

2015 : Il mène sa première campagne politique

 

 

 

 

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