mercredi 25 novembre 2020
Politique Élisabeth Matak, « Je veux attirer les femmes en politique !...

[Portrait] Élisabeth Matak, « Je veux attirer les femmes en politique ! »

Initiation. Elle nous vient tout droit de la capitale. Si la ville rose lui offre de belles opportunités professionnelles, elle le lui rend bien et s’impose petit à petit comme la personnalité qui monte chez EELV.

J’arrive bien trop en avance à notre rendez-vous, mais Élisabeth Matak n’a pas peur d’improviser. Elle semble naturelle et décontractée bien que surprise par cette interview, n’estimant pas être une tête assez connue pour figurer dans nos pages politiques. C’est pourtant bien cela qui nous intéresse : appelée au secrétariat d’EELV en juin dernier, elle débute et semble y prendre goût. C’est en 1989 qu’elle pose ses valises à Toulouse : « Je suis arrivée seule, j’ai laissé toute ma famille en région parisienne ». Preuve de son adaptabilité, elle fait sienne cette nouvelle ville et se plaît à y conjuguer ses passions : « J’ai une formation d’histoire mais je pratique le piano depuis l’enfance. » Car c’est bien un emploi de pianiste qui lui fait miroiter Toulouse comme point de chute. Aujourd’hui pianiste « chef de chant », elle dit avoir un rôle « de coach du chœur de chanteurs du Capitole ». Elle raconte avec plaisir être revenue finalement à ses premières amours : « C’est mon équilibre : ma passion pour la musique s’exprime dans la sphère professionnelle et ma formation d’histoire a sûrement été une des clefs qui m’a fait m’engager en politique ». À 51 ans, elle dit avoir toujours été écolo et évoque avec malice un exposé sur la pollution en CM2 ! « Il n’y avait qu’un parti que je pouvais choisir, c’était EELV ». Élisabeth Matak a grandi dans une famille qui caressait la politique dans le sens du poil, et avec un frère encarté au PS, la chose publique l’a rapidement attirée : « Mais je n’ai pas souhaité m’engager trop tôt, car mon métier est très prenant, les horaires sont variables : matin, soir, semaine ou week-end… mais cela prépare très bien à la vie politique ! »

« L’écologie est prioritaire dans une pensée de gauche »

Bien qu’encartée depuis 2009, c’est un autre déclic qui a sonné pour elle l’heure de l’engagement : « La révolution tunisienne m’a bouleversée. » Elle ne sait elle-même pas trop expliquer cet attrait soudain pour l’actualité de ce pays : « Je crois que j’ai eu l’impression que cela allait arriver en France, c’était pendant les années Sarko. J’ai eu très peur d’une guerre civile ! » Elle décide à ce moment-là de prendre le taureau par les cornes et « d’y mettre toute mon âme ». Et puis ses deux adolescents étant autonomes, il semble que l’heure était venue : « Quand on a un métier, une famille on est un peu privilégié finalement, il est alors temps de rendre tout ça… » Elle décide donc de « s’y mettre à fond : ce qui me plaît en politique c’est justement de mélanger le concret du terrain à l’intellectuel des groupes de travail… » En trois ans, elle se retrouve propulsée secrétaire de EELV Toulouse : « Tout s’est enchaîné, je n’avais pas du tout prévu tout ça ! » Une surprise qu’elle accueille avec plaisir tout en précisant que pour elle « c’est presque accessoire ! J’aurais de toute manière continué à me mobiliser et à être dynamique dans mon engagement ». Elle s’amuse à analyser cette soudaine évolution : « Un groupe est sain quand il y a des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des novices et des anciens. Il faut impérativement un équilibre, or je suis nouvelle arrivée mais mûre et femme ! Je pense représenter un bon équilibre ! » Elle pointe ailleurs rapidement cet écueil du monde politique qu’elle retrouve chez EELV : « Nous avons peu d’adhérentes. Je veux attirer les femmes en politique. Nous avons besoin de femmes pas seulement en tant que militantes mais aussi pour assumer des responsabilités. » Elle se définie comme une vraie bosseuse et pour faire rentrer tout ça dans le planning, pas de secret : « Il faut être très organisée et rogner sur les nuits ! » Elle est en effusion et se régale à parler du projet politique porté par EELV : « Nous devons toucher les quartiers dits « populaires », afin qu’ils se rendent compte que l’écologie est faite pour eux : ce sont les plus touchés par la précarité, la malbouffe, etc. Ils doivent s’en emparer et prendre le pouvoir sur l’écologie. Cette thématique est très importante pour moi. On a un devoir d’exemplarité chez EELV. »

 

En 3 dates :

1986 : la catastrophe nuclaire de Tchernobyl

1989 : son arrivée à Toulouse

2011 : la révolution tunisienne

 

Par Aurélie Renne.

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