vendredi 18 juin 2021

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Politique David-Olivier Carlier : La politique sinon rien

[Portrait] David-Olivier Carlier : La politique sinon rien

 

Militant de la première heure, il fut l’un des cadres importants du PS de ces dernières années. Aujourd’hui maire adjoint à Labarthe-sur-Lèze, la politique reste le leitmotiv de sa vie.

Tout de suite il se demande pourquoi son profil nous intéresse, convaincu que seuls les minois les plus connus ont vocation à noircir les colonnes des journaux de leurs parcours. Pourtant il se prête au jeu de l’interview et semble peu à peu y trouver gout… « J’ai 39 ans, je suis né à Castres, comme Jean Jaurès : nous étions prédestinés ! », lance-t-il. Le décor est planté. Car s’il se dirige dans un premier temps vers un cursus option théâtre à Tarbes où il passe son Bac, les convictions politiques prennent rapidement le dessus. Déjà très impliqué dans le syndicat lycéen FIDL, il poursuit ses engagements militants à l’université où il devient rapidement président de l’UNEF. « J’ai toujours été à gauche, dit-il, depuis aussi loin que je me souvienne. A 7 ans François Mitterrand était déjà mon idole ». Si personne n’est encarté dans sa famille, une généalogie marquée le sensibilise très tôt : « Mes grands-parents maternels étaient des républicains espagnols, arrivés en France suite à la guerre civile d’Espagne ». Son grand-père communiste, déporté politique à Drancy puis à Dachau (dont il reviendra vivant) fait partie de la « légende familiale ». Il l’a finalement peu connu mais son histoire aura nourri son éducation et forgé son caractère. « Je ne me suis jamais senti communiste mais toujours très à gauche. Très à gauche », répète-t-il pour appuyer cette certitude. A Pau il adhère au PS, « le bon chemin », selon lui, puis il est repéré de par son militantisme par Philippe Joachim, à l’époque patron du PS à Pau (aujourd’hui directeur de la communication du Conseil régional, ndlr). « Il m’a mis le pied à l’étrier en politique alors qu’on n’appartenait pas au même courant ». Lui adhère de suite à la gauche socialiste, la veine Mélenchon, Filoche, Lienemann. « Je reste l’assistant de Philippe Joachim à la Fédération du PS à Pau puis suis recruté en 1999 comme collaborateur de Malvy à la région midi Pyrénées (où il retrouve Philippe Joachim qui est à ce moment directeur de Cabinet ndlr) ». Ces 8 ans restent dans sa mémoire comme une période « heureuse, joyeuse, entouré d’une équipe jeune » dont les membres restent encore aujourd’hui de grands amis. « A 25 ans travailler pour Malvy c’est une grande chance, c’est un personnage de grande envergure, extrêmement exigeant, c’est la meilleure école. »

« La politique est forcément faite de déceptions »

Il commence en parallèle à militer au PS de la Haute-Garonne et devient directeur de la confédération du tourisme. Des années plus noires, qu’il ne souhaite pas vraiment évoquer. Recruté par Stéphane Coppé comme directeur de cabinet chez Tisséo, David-Olivier pointe, là, une de ces « belles rencontres » qui font son parcours. Il dit d’ailleurs qu’il n’y a pas de « parcours solitaire » et murmure la reconnaissance et le respect qu’il éprouve pour ceux qui ont été ses guides. « Je n’ai pas de mentor mais au PS on s’inscrit dans un collectif ». En 2008 au congrès il est élu secrétaire fédéral du Parti socialiste, « je deviens un cadre important du PS ». Aujourd’hui c’est la mairie de Labarthe-sur-Lèze qui le voit prendre la fonction de maire adjoint ainsi que de vice-président de la communauté d’agglomération du Muretain (CAM), en charge de l’aménagement, du développement durable et de l’agenda 21. L’homme est franc, entier, avoue détester l’hypocrisie et utilise à tout va humour et insolence pour provoquer l’autre. Il dit être curieux de tout. D’ailleurs la politique est loin d’être la seule corde à son arc… Passionné de théâtre, comme de littérature ou de grand écran et véritable mélomane à ses heures, il évoque avec plaisir Shakespeare, Woody Allen, Céline et autre Proust dont « A la recherche du temps perdu » reste pour lui l’« une œuvre magistrale où tout est dit ». Son fil conducteur dans tout ça, « c’est la politique, souffle-t-il, mais quand on est militant il faut avoir d’autres passions sinon on sombre… car la politique est forcément faite de déceptions. » L’homme fait d’ailleurs un triste constat de la situation politique actuelle « il y a une forme de renoncement, si j’avais été député je n’aurais pas voté la confiance, ils sont en train de briser le fil très ténu qui nous lie à notre histoire… » Il termine sans concession : « Etre de gauche c’est être ouvert, tolérant et jamais sectaire ou binaire, certain de l’ont pas compris… »

 

En trois dates :

1993 : Il adhère au PS

2005 : Le fameux « Non » au referendum, une « date clef » pour lui

2014 : Devient maire adjoint à Labarthe-sur-Lèze et siège à la CAM

 

Erratum : Laurence Katzenmayer n’a jamais été candidate aux élections législatives, comme mentionné par erreur dans l’édition du 18 septembre 2014.

 

Travail : Comment mettre le sexisme au placard ?

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