[Politique] Xavier Bigot, le surfer « vert »

XAVIER BIGOT
Crédit : Kévin Figuier

Révélation. Il dit ne pas avoir de plan de carrière. Faut-il le croire ? Cet écologiste convaincu, disciple de Noël Mamère, s’est imposé en quelques années dans le paysage politique local.

Le mois d’août n’aura pas été synonyme d’été en terres toulousaines. Le ciel est d’ailleurs chargé, de petites averses apparaissent puis disparaissent, en ce vendredi où nous avons rendez-vous avec Xavier Bigot. Il est seize heures à la montre du JT… A 33 ans, le déjà porte-parole toulousain d’EELV nous attend bière à la main à la terrasse de l’une des plus belles brasseries de la ville, celle de la Concorde. Il est seul. L’échange débute rapidement, et ce Bordelais de naissance ne semble pas tricher avec sa personnalité ; un brin pudique, peut-être même timide, se sentant de plus en plus à l’aise au fil des minutes dans ce face-à-face détendu. L’enfance lui rappelle le claquement des vagues et le cri des mouettes dans le bassin d’Arcachon, son chez lui : « J’adore tout là-bas. J’aime les ballades sur la plage, dans la forêt… J’ai ce besoin d’y retourner le plus souvent possible. » De cet environnement si particulier est sans doute née sa conscience écologiste : « La volonté de préserver l’environnement. Nos plages sont souillées par du plastique ! » Pourtant, l’engagement politique ne s’est pas invité rapidement dans son itinéraire, même si lycéen, il adhère à « Ras l’front », et a toujours suivi les actions de la « Surfrider Fundation ».

« Antoine Maurice est l’un de mes rares amis en politique »

Les parents de Xavier Bigot sont tous deux fonctionnaires, avec des convictions politiques plutôt opposées. Le père a souvent voté communiste, tandis que la mère est d’obédience centre-droit. Un contexte familial qui a sans doute favorisé ce besoin d’être fédérateur, catalyseur de bonnes « vibes »… Ce n’est qu’en 2008, à la sortie des élections municipales et alors qu’il termine ses études d’AES (Administration Economique et Sociale) à Bordeaux, que Xavier Bigot pousse enfinla porte des « Verts » d’alors : « C’est en suivant la campagne municipale de Noël Mamère à Bègles que j’ai décidé de prendre une carte. C’est un élu qui n’hésite pas à dire les choses. » En 2009, le tout nouveau « Vert » débarque dans la ville rose. Il travaille à l’époque à la Maison de l’emploi du quartier Bagatelle, et entre immédiatement en contact avec les écologistes toulousains. Sa toute première réunion boulevard des Récollets (permanence des Verts) sera un bureau local où il fait la connaissance d’élus municipaux : Antoine Maurice, Régis Godec, Philippe Goirand… Le courant passe, et il devient très vite trésorier de la section toulousaine. Une amitié  aujourd’hui revendiquée avec Antoine Maurice naît alors : « C’est même l’un de mes rares amis en politique. En public, il est dans la réserve, mais en privé, c’est un mec très festif. »

En 2010, il postule pour devenir collaborateur à la Région auprès de François Simon « que j’avais connu durant la campagne des européennes en collant des affiches. » Une complicité professionnelle germe vite entre les deux hommes : « François est toujours dans l’échange et n’aime pas bosser seul. C’est un élu qui sort souvent de son cadre, en ayant l’envie de faire bouger les choses. » En 2012, François Simon est investi aux élections législatives pour s’opposer à Jean-Luc Moudenc et Alain Fillola sur la troisième circonscription : « Le Capitole version Cohen n’a pas joué le jeu ; ils ont permis à Moudenc de devenir le vrai leader de la droite toulousaine. » Sur cet épisode, les gestes de Xavier Bigot sont inconsciemment démonstratifs, son verbe monte en volume malgré les bourrasques de vent du jour. Tout n’est donc pas digéré.

« Les Toulousains ne connaissaient pas Pierre Cohen ! »

Pas de quoi abattre le jeune écologiste qui devient secrétaire du groupe local d’EELV, et qui n’hésitera pas à figurer sur la liste municipale emmenée en 2014 par son ami Antoine Maurice : « Nous avons formé une équipe de campagne pleine d’énergie. Je reste triste de la défaite de la gauche, mais les Toulousains ne connaissaient pas Pierre Cohen ! Quant à Moudenc, on a tous tendance à le sous-estimer.» Quelques jours après sa conquête du Capitole, Jean-Luc Moudenc démissionnait de son mandat de député, comme il s’y était engagé auprès des Toulousains. Xavier Bigot décide alors de se présenter à cette législative partielle remportée haut la main par Laurence Arribagé (UMP). Un galop d’essai qui promet à l’écologiste de futures joutes électorales. La politique toulousaine a désormais un nouvel invité, un adepte du bodysurf, un sport où on a l’habitude « de prendre les vagues tout en nageant. » Les futurs adversaires sont prévenus.

 

3 années phares

1988 : Il emménage avec ses parents à Andernos les Bains (33) 

2008 : Le virus de la politique le contamine en suivant la campagne municipale de Noel Mamère

2012 : Candidature aux législatives sur la 3e circonscription

 

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