[Politique] Vincent Terrail-Novès : « Nous avons fait à Balma ce que l’État n’a pas su faire »

XXL Vincent Terrail NovèsBilan. Entre la mairie de Balma, la métropole toulousaine et la région, Vincent-Terrail Novès est sur tous les fronts. Il revient sur ces deux premières années de mandat en tant que maire, mais aussi sur certains enjeux stratégiques de LRMP.


Le budget de la commune de Balma, voté le mois dernier, a été bouclé sans augmentation d’impôts. Comment avez réussi à maintenir la fiscalité, contrairement à votre voisin toulousain, dans un contexte financier compliqué pour les collectivités ?

Quand je suis arrivé à la mairie de Balma, en 2014, la situation était critique. Mon prédécesseur avait augmenté l’endettement de la ville et l’annonce de Manuel Valls de baisser les dotations de l’état aux collectivités était imprévisible. Nous avions le choix entre augmenter les impôts ou réaliser des économies. Nous avons opté pour les économies. En deux ans, nous avons baissé les dépenses de fonctionnement sans impacter la qualité des services pour la population. Notre objectif est de faire en sorte que les gens ne s’en rendent pas compte. Jusqu’à présent, nous avons réussi à économiser 2 millions d’euros, en ne remplaçant pas les fonctionnaires qui partent à la retraite et en réorganisant la façon de travailler dans les services. C’est une réforme de fond. Nous avons fait à Balma ce que l’État n’a pas su faire.

 

En revanche, votre opposition dénonce « la destruction des associations » à Balma. Est-ce que les économies réalisées touchent le tissu associatif ?

Je n’ai pas envie de polémiquer. Nous avons fait ce qu’ils n’ont jamais réussi à faire en 20 ans. Le travail réalisé sur la gestion est extraordinaire. L’opposition essaye de créer une polémique pour exister. Mais en réalité, l’enveloppe consacrée aux associations est restée identique. Les subventions ont certes varié entre les différentes structures, car nous nous adaptons aux besoins du moment. Ma priorité, c’est la réalisation de mon programme. Le calcul est très simple, sans ces économies, il aurait fallu augmenter les impôts de 30 % ou aucune action municipale n’aurait été possible.

 

Parmi vos priorités, la maîtrise de l’urbanisme et la sécurité étaient les deux axes forts de votre programme. Quel bilan dressez-vous sur ces deux points ?

Sur l’urbanisme, nous avons dû négocier avec la préfecture à propos d’un permis de construire que j’ai déposé pour 115 logements sur une zone qui pouvait en accueillir 220. Les services de l’État m’ont reproché de ne pas densifier suffisamment. L’accord passé sous la précédente mandature entre le propriétaire du terrain et le promoteur prévoyait la construction de 165 logements. Mais les riverains étaient inquiets et j’ai décidé d’abaisser ce chiffre. J’ai demandé une audience au préfet pour expliquer que les gens ont le droit de décider dans quel environnement ils ont envie de vivre, et le référé a été levé. À propos du volet sécuritaire, les premières caméras de vidéosurveillance seront déployées d’ici octobre prochain. Ce dispositif a été mis en place dans de nombreuses communes voisines et nous n’avons pas envie que les délinquants découragés dans ces villes viennent perturber la tranquillité des Balmanais. Nous avons en outre, un troisième axe prioritaire dans notre programme, la requalification de la deuxième partie du centre-ville -la première ayant été réalisée sous la précédente mandature. On entame deux ans de travaux sur ce secteur.

 

« Le nom d’une région doit permettre d’exporter nos savoir-faire à l’étranger »

 

Vous également annoncé la mise en place de « portiques » pour empêcher l’installation de gens du voyage dans certains espaces. Pouvez-vous expliquer cette mesure ?

Cela fait deux années que le bois de Lagarde est occupé illicitement par des gens du voyage et qu’on constate des dégradations du mobilier urbain. J’ai décidé d’intervenir, d’abord avec la végétalisation pour replanter des arbres et des haies qui bloquent certains accès, mais aussi avec des portiques sécurisés qui vont empêcher le passage des caravanes. Nous allons en installer 5 ou 6 dans les prochains mois. Nous avons sur notre commune des terrains propices à l’installation des gens du voyage. Ils reviennent tous les étés, et nos habitants le tolèrent moyennement. Ce dispositif a été mis en place aux Argoulets, ou encore à la Ramée. Il est efficace.

 

En tant qu’élu régional de l’opposition, quel est votre avis sur le futur nom de la région ? Une position commune a-t-elle été prise par votre groupe ?

Il n’y a pas de position commune de notre groupe, car il est difficile de se mettre d’accord sur ce sujet qui touche à l’affectif. Sur les cinq choix qui ont été retenus par le comité du nom (Languedoc, Languedoc-Pyrénées, Occitanie, Occitanie-Pays Catalan, Pyrénées-Méditerranée, NDLR), deux retiennent mon attention : Languedoc-Pyrénées et Pyrénées- Méditerranée. Le nom d’une région doit être évocateur, c’est presque une marque. Il doit permettre d’exporter nos savoir-faire à l’étranger. De ce point de vue là, Pyrénées- Méditerranée me semble le plus intéressant, car il permet de localiser plus facilement où on se situe. Languedoc-Pyrénées est davantage en lien avec notre histoire, mais personne ne sait où est le Languedoc.

 

La principale mesure du début de mandat de Carole Delga est le Plan Marshall pour l’emploi, qui se consacre au secteur du BTP. Qu’en pensez-vous ?

C’est une belle annonce et une bonne initiative, mais on ne sait pas comment ce plan va être financé. Les citoyens sont en souffrance parce que le problème est structurel. Le poids des charges pour les entreprises est trop lourd. Il faut leur permettre de pouvoir embaucher à nouveau. C’est tout le débat autour de la loi Travail. On a beau faire des plans au niveau régional, dans ce contexte, cela risque d’être un coup d’épée dans l’eau.

 

Quelles seraient vos propositions, dans ce contexte national, pour faire baisser le taux de chômage régional ?

Nous avions proposé un plan local d’investissement pour les entreprises pour créer un effet levier. Un moyen de lever du financement pour les entreprises qui ont un projet, ou souhaitent se développer en embauchant. Notre approche était davantage entrepreneuriale, plutôt que de traiter le chômage par le biais de la formation. Carole Delga essaye de faire quelque chose, l’intention est noble. On a des doutes sur la finalité et les moyens. On attend de voir.

 

CV express :

 

Né le 24 décembre 1978

À Toulouse

Profession : Kinésithérapeute, gérant d’établissement médico-social

Fonctions politiques : Maire de Balma, Vice-président de Toulouse métropole et conseiller régional

Militant LR depuis 2000

 

 

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