mercredi 29 septembre 2021

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Politique Laurence Katzenmayer : "A 12 ans, je savais que je n'étais...

[Portrait] Laurence Katzenmayer : “A 12 ans, je savais que je n’étais pas de gauche”

Nouvelle tête de la majorité Moudenc, Laurence Katzenmayer fait partie de ces adjoints issus de la « société civile ». Premier engagement en politique, elle est chargée d’une délégation « concrète » : la petite enfance.

 

De nature discrète, et encore peu médiatisée, Laurence Katzenmayer nous reçoit à son bureau au Capitole avec le sourire, tout en se demandant « Pourquoi moi ? » Elle prend place sur un des fauteuils prévus pour les visiteurs, et non derrière son bureau. Le ton est donné : Laurence Katzenmayer veut être « une élue de proximité », qui rompt le « clivage entre les politiques et la population.» Avec une certaine aisance, elle revient sur son entrée en politique aux côtés de Jean-Luc Moudenc : « Je le connaissais, on se croisait mais nous n’étions pas proches », se souvient-elle. « En 2008, quand nous avons perdu la mairie, j’ai adhéré à son association (Toulouse avenir, ndlr). » Un « nous » révélateur. Pas encartée, la nouvelle élue sait tout de même où elle campe : « Le 10 mai 1981 (élection de François Mitterrand, ndlr), j’avais 12 ans, mais je savais que je n’étais pas de gauche. »

« On a rouvert les portes du Capitole »

Par le biais d’une « connaissance commune », elle rencontre Jean-Luc Moudenc, alors candidat et lui expose ses idées pour améliorer la vie des familles. La politique n’est pas sa vocation première, mais elle trouve le courage de se lancer « car je râlais tout le temps de ce qu’on me proposait.» Infirmière de formation et mère de trois enfants, ce qui intéresse Laurence Katzenmayer c’est « l’humain, aller vers l’Autre, avoir de l’empathie.» Elle intègre rapidement l’équipe de campagne, est présentée à la presse, et va à la rencontre des Toulousains : « Je me souviendrai toujours de la première porte à laquelle j’ai frappé ! », s’exclame-t-elle. Elle garde un très bon souvenir de l’expérience et aujourd’hui encore, elle veille à garder le lien avec les gens. « On a rouvert le Capitole au public, les huissiers doivent laisser monter les personnes, je les reçois, ou je leur réponds au téléphone, et j’essaye de trouver des solutions. » Les gens découvrent un bureau aménagé sobrement. Rien d’ostentatoire ou d’imposant. Une petite table basse, entourée de fauteuils donne un aspect décontracté au lieu. Un seul tableau égaye l’endroit : une toile réalisée par les enfants d’une classe maternelle. « Je ne veux pas recevoir les gens dans un environnement trop formel », explique l’élue.

Fière de son « éducation Sud-Ouest »

En 1990, elle arrive à Toulouse pour ses études, et découvre avec certaine admiration la personnalité du maire de l’époque, Dominique Baudis. « J’habitais rue Lafayette et je le croisais souvent dans les jardins, il était en phase avec les Toulousains. » Originaire des Hautes-Pyrénées, elle raconte avoir reçu « une éducation Sud-Ouest. » Elle se souvient des matchs de rugby regardés en famille ou de son père parlant patois. « Très fière » de ses origines, cela ne l’a pas empêchée d’avoir des envies d’ailleurs. Après le Bac, elle passe un an aux Etats-Unis, en tant que fille au pair. L’expérience lui apprend une autre vision de l’éducation et du rapport à l’Autre : « Là-bas, ils potentialisent l’inné, mais ne forcent pas l’acquis, ils donnent des clés aux gens et c’est à eux de trouver la porte. » Une philosophie dont elle s’inspire avec ses enfants, « qui doivent développer leur propre identité. Je leur rappelle toujours qu’ils travaillent pour eux, pour leur avenir, et pas pour moi. » Cette philosophie, elle l’applique également dans ses nouvelles fonctions : « J’essaye de trouver des solutions aux gens sans les assister.» Un job dans lequel Laurence Katzenmayer semble s’épanouir, « tous les jours, je suis ravie de venir travailler.» Elle n’en oublie pas pour autant le poids de sesresponsabilités : « Les gens nous confient ce qu’ils ont de plus cher, je n’ai pas droit à l’erreur. »

 

En 3 dates :

1990 : Elle arrive à Toulouse pour suivre ses études d’infirmière

2008 : L’élection de Pierre Cohen à la mairie déclenche sa volonté de s’engager politiquement

2014 : Elle devient adjointe au maire en charge de la famille et de la petite enfance

 

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