[Politique] Guilhem Seyries : « Nous réalisons un objet démocratique neuf »

XXL Guilhem Seyries @RémyBlangConseiller régional sortant de Midi-Pyrénées, Guilhem Seyries (Parti de gauche) est l’un des instigateurs du ‘‘Projet en commun’’ qui rassemble les Verts, les communistes, le Parti de gauche et le Parti occitan dans une démarche citoyenne en vue des élections régionales. Gérard Onesta (EELV) est présenté comme le favori pour diriger cette liste, mais ce pourrait aussi bien être Guilhem Seyries…

Vous faites partie de la majorité sortante du Conseil régional, est-ce que vous en soutenez le bilan ?

 

Nous avons fait partie de la majorité électorale élue en 2010. Depuis, nous avons assisté à quelque chose de curieux. Ce que la majorité socialiste du Conseil régional a refusé du gouvernement Sarkozy-Fillon, elle l’a accepté du gouvernement Hollande-Ayrault, à savoir la baisse drastique des dotations de l’Etat aux collectivités locales. Je n’ai pas voté le dernier budget de la Région, qui compte 20 millions de recette en moins. Après, en ce qui concerne le bilan, il y a des choses très positives auxquelles on a contribué comme toutes les mesures qui concernent l’autonomie sociale des jeunes, le plan rail, la politique éducative ambitieuse. Il y a des aspects plus négatifs, comme le ralentissement des investissements en soutien des collectivités, la fin du dispositif emploi associatif de Midi-Pyrénées, et de manière générale l’acceptation de restriction des dépenses publiques imposée par l’Etat.

 

Le Parti de gauche a rallié le mouvement citoyen le Projet en commun, pourquoi ? Est-ce autre chose qu’une liste anti-PS ?

Il ne s’agit pas de dire ‘‘on est les plus à gauche’’ mais de tracer le chemin de l’intérêt général et du bon sens, qui puisse répondre aux défis de notre temps : la raréfaction des ressources naturelles, la hausse du chômage et de la précarité, la redistribution des richesses et des services publics… Mais cette volonté ne serait que veine incantation si elle ne s’accompagne pas d’une rupture avec les pratiques politiques actuelles. C’est le sens de la charte éthique et démocratique que nous avons adopté. Elle prévoit notamment la révocabilité des élus par votation citoyenne. Aujourd’hui, les élus sont élus pour 5 ans, et s’ils ne tiennent pas leurs engagements ou ont un comportement immoral, il n’y a aucun moyen pour les citoyens de mettre fin à leur mandat. Il faut responsabiliser les élus.

« Gérard Onesta a une légitimité mais il n’est pas le seul »

Est-ce que la logique citoyenne sera traduite sur la liste ? Vu tous les partis en présence, on peut imaginer que la grande majorité des candidats sera issue de partis politiques…

 

C’est certain, mais on essaye de mettre en place un processus, qui implique le citoyen du programme au choix des noms sur la liste. Nous voulons être exemplaires là-dessus, pour être crédibles et appliquer ce mécanisme une fois au gouvernement de la Région. Nous réalisons un objet démocratique neuf. La liste doit respecter un équilibre pas évident à trouver mais elle traduira la volonté d’ouverture sur la société civile.

 

La tête de liste n’est pas encore révélée. Gérard Onesta se profile comme le favori, mais ce pourrait tout aussi bien être vous…

Chez nous, il n’y a pas de bataille de personne. Gérard Onesta a une légitimité mais il n’est pas le seul. Quelqu’un du Front de Gauche pourrait très bien être tête de liste. Avec Gérard Onesta, on n’a pas toujours fait les mêmes choix, nous n’avons pas forcément la même culture politique, mais il y a une volonté de se rassembler sur des actes marquants. Le barrage de Sivens en est un exemple, nous avons lutté ensemble pour éviter l’irréparable. Ce sont des choses qui soudent.

« La liste doit respecter un équilibre pas évident à trouver mais elle traduira la volonté d’ouverture »

 

Dans le Projet en commun, on retrouve également les communistes, qu’en est-il de la situation du Front de gauche aujourd’hui ?

 

Le Front de gauche a eu une utilité importante pour rassembler tout ce que la gauche anticapitaliste comptait comme boutiques. Il a su créer une dynamique populaire réelle en 2012, mais aujourd’hui le FDG n’est plus suffisant. Il faut dépasser la logique de cartels, il faut s’ouvrir pour construire un mouvement citoyen plus large.

CV express :

 

Né le 18 décembre 1980

 

A Rodez

 

Profession : Rédacteur territorial

 

Au Parti de gauche depuis sa création en 2008

 

Fonction : Conseiller régional de Midi-Pyrénées

 

Signe distinctif : son combat peut se résumer en une phrase de Victor Hugo : «Vous voulez les pauvres secourus, moi je veux la misère supprimée.»

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