[Politique] Christophe Cavard : « Ce n’est que le début d’une histoire »

christophe cavard okAmbition. Député écologiste dans le Gard, il s’est associé en début d’été à Gérard Poujade, vice-président divers gauche du Conseil régional Midi-Pyrénées pour créer « Le bien commun ». Une liste supplémentaire qui fait frôler l’embouteillage à gauche, mais surtout les premiers pas d’une « coopérative politique ».

 

Dans quel contexte vous et Gérard Poujade vous êtes-vous rencontrés ?

Il y a plus d’un an lors d’un congrès national des biocoop de France. Moi, ayant quitté le parti communiste puis EELV, lui ayant fermé la porte du PS, nous avons décidé de réunir nos convictions pour faire quelque chose d’alternatif pour les régionales.

Deux déçus des partis politiques…

Pas de hasard, chacun avec notre parcours on a fait le constat que les partis traditionnels ont leurs limites démocratiques. J’ai notamment été déçu de la façon dont EELV s’est retrouvé dans un fonctionnement d’un parti comme les autres : le système s’est replié sur lui-même. D’où mon départ. Aujourd’hui, il faut trouver d’autres façons de fonctionner. On a voulu créer un espace commun et pourquoi pas le traduire tout de suite par une liste qui serait une vitrine de cette coopérative politique dès les régionales ?

Les listes citoyennes se multiplient, que pensez-vous amener de différent ?

On veut traduire que des collectifs citoyens existent un peu partout dans la grande région. A Toulouse avec L’Union force citoyenne républicaine, par exemple, qui nous a rejoint. On a aussi récupéré beaucoup d’écolos qui veulent défendre leurs idées de manière plus libre… C’est la rencontre de ces deux mondes : la sphère écolo qui se restructure et les mouvements citoyens qui se multiplient. C’est un sacré défi sans l’aide d’un appareil politique mais certaines listes sont déjà bouclées : celle du Gers, du Gard et du Lot et Garonne. Le 30 octobre on se réunit pour décider si on dépose une liste ou pas. Mais à l’heure où je vous parle j’ai très peu de doutes ! Pourtant, je n’aurais pas signé ça il y a un mois… Et les sondages arrivent, on va vite voir si les gens veulent nous faire confiance.

Comment fédérer tous ces groupes autour d’un même programme ?

Nous avons un séminaire de travail le 10 octobre à Toulouse, pour avancer ce projet avec les gens qui nous ont rejoints. Ils ont beaucoup d’objectifs communs autour d’idées écolos et démocratiques. Les projets s’emboitent bien et il n’y a pas de divergences fortes. Je pense même qu’il y a moins de divergences que sur d’autres listes…

« Je mène cette liste mais…à plusieurs ! »

Côté élus locaux, qui vous suit ?

Beaucoup sont issus du monde écolo, mais contrairement à ce que fait Philippe Saurel notre première idée est que les citoyens soient majoritaires, nous ne voulons pas les notables locaux ! Il nous faut des regards neufs, des codes différents pour demain à la région.

Des rapprochements sont-ils envisagés avec d’autres listes ?

Au départ Gérard Poujade voulait un accord avec le Projet en commun. Il faut dire que c’est parti de Midi Pyrénées et ils se connaissent tous : Guilhem Seyries, Gérard Onesta, etc… ils ont commencé à discuter entre eux, quand ils sont venus nous chercher on a expliqué qu’on ne souhaitait pas se retrouver dans un cartel de partis. Gérard Poujade avait cosigné un texte avec eux mais il a rapidement laissé tomber pour notre projet, plus alternatif. On avait aussi tendu la main à Saurel car l’esprit citoyen nous ressemblait. Mais il a surtout réuni des élus locaux et sa démarche est très autocentrée. Il fallait se ranger derrière lui, on n’est pas des soldats : on veut travailler collectivement. En août on a arrêté toute discussion.

Toutes ces listes de gauches ne vont-elles pas faire le jeu du FN ?

Sur ce territoire ce n’est pas possible, il y a un écart énorme. On a réclamé la proportionnelle depuis des années, on doit pouvoir défendre nos projets dès le premier tour ! Les scores FN sont effrayants mais il n’y a aucun risque pour qu’ils gagnent cette région. Ensuite au second tour toutes les listes de gauche devront soutenir la liste qui sera arrivé en tête bien sûr ! Le but sera de battre l’adversaire, la droite. Le combat politique entre nous c’est au premier tour point barre.

Au-delà des régionales, que nous réserve Le bien commun ?

Les régionales sont juste au service de la construction de cette coopérative politique. Ensuit la visée est double : 2017 avec des candidats aux législatives et 2020 avec des candidats de la société civile pourquoi pas. On a fait le pari d’essayer pour les régionales, ça marche plutôt bien. Mais ce n’est que le début d’une histoire.

Vous êtes donc celui qui mène officiellement cette liste ?

Oui mais dans l’esprit EELV : à plusieurs ! C’est mon nom et ma responsabilité mais derrière il y a un collectif. Au niveau de la campagne je serai en arrière-plan, en soutien des candidat(e)s qui seront leaders dans leur département.

 

 

CV express

Née le 19 février 1970

A : Die

Profession : éducateur

Fonction politique : député de la 6ème circonscription dans le Gard

Après 20 ans au parti communiste, il participe à la création de EELV (2010) qu’il quitte en 2015

Signe distinctif : Ses convictions et sa pugnacité « j’aime le risque, ce que je fais aujourd’hui est un pari risqué, je pars de zéro politiquement ».

 

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.