[Politic portrait] Grégoire Carneiro : un « pur produit de l’intégration »

©Kevin Figuier/JT
©Kevin Figuier/JT

CONTINUITÉ. À 67 ans, l’inamovible maire de Castelginest depuis 1995 a encore des projets dans les cartons. Avant d’en devenir le premier magistrat, cet ancien haut-fonctionnaire aux convictions gaullistes a franchi pas à pas l’escalier de la méritocratie républicaine.

C’est au dernier étage du bâtiment de Toulouse métropole que Grégoire Carneiro a donné rendez-vous pour l’interview. Téléphone à l’oreille et lunettes portées pratiquement sur le bout du nez, l’homme arbore sur la boutonnière de sa veste le ruban rouge de chevalier de la Légion d’honneur. « Je suis un pur produit de l’intégration », explique-t-il spontanément. Né à Madrid en novembre 1948, il est issu d’une fratrie composée de 3 membres. Ses parents appartiennent au « courant républicain modéré. » Dans cette famille de « tradition ouvrière », le paternel est « salarié dans une régie de transport » et la mère sans profession. Dans un contexte de guerre, la famille Carneiro décide de quitter l’Espagne. « Le projet de vie initial » devait la conduire en Amérique du Sud, dans un pays hispanophone. Par des raisons multiples, la famille choisit finalement la « solution de proximité » et s’implante en France dans « un petit village du Tarn ». Alors âgé de neuf ans, Grégoire Carneiro découvre un nouveau pays « sans parler un seul mot de français ».

« Grâce à l’école de la République », il a « la chance de faire de longues études universitaires » et atteint tous les échelons de la méritocratie républicaine. Avant de devenir haut fonctionnaire, il se fait naturaliser français. Au ministère de l’Économie et des Finances, il incorpore le service de contrôle général économique et financier. Toujours dans sa carrière, il devient inspecteur général de l’administration au conseil général des technologies de l’information. Son but, « conseiller le gouvernement dans les nouvelles technologies et les télécommunications ».

« Il faut être prudent en matière de renouvellement politique »

Sous la casquette du haut-fonctionnaire et d’enseignant à l’Institut national des cadres administratifs, c’est un homme porté par des convictions. Gaulliste dans l’âme, Grégoire Carneiro pense qu’entre la société capitaliste et socialiste, il y a « une société intermédiaire qui est celle de la société de participation » conceptualisée par Charles de Gaulle. Le socialisme n’a « historiquement pas marché » et la société capitaliste « qui a quelques ratés, ne marche pas lorsqu’elle est parfois excessive », constate l’homme. En s’engageant au RPR, l’ancêtre du parti Les républicains, il devient secrétaire fédéral haut-garonnais pendant cinq années. Il rencontre les ténors du parti, dont Jacques Chirac, en 1985. « Un homme extraordinaire et remarquable », juge Grégoire Carneiro. Élu par le suffrage universel direct en tant qu’adjoint au maire de Castelginest en 1983, il devient en 1993 député de la cinquième circonscription de Haute-Garonne, avant d’être élu maire de Castelginest en 1995.

Aux « jeunes qui veulent se lancer sérieusement dans la politique », l’édile a deux conseils. Celui « de se lancer dans le combat communal ». Deuxième recommandation, celle de « préserver son indépendance d’un appareil politique » en ayant un métier, car « la politique peut être éphémère ».

Maire d’une commune d’environ onze mille habitants depuis plus de vingt ans, la question du renouvellement de la classe politique ne doit pas se faire « à marche forcée » pour répondre « à un effet de mode ». Le renouvellement est certes « indispensable, mais cela ne veut pas dire révolution. Il doit se faire manière progressive et équilibrée », précise-t-il. Interrogé sur le cas de Dominique Reynié, le premier magistrat de Castelginest ne « veut pas jeter la pierre » sur l’ex-candidat aux régionales. Néanmoins, au vu des résultats électoraux Grégoire Carneiro pense « qu’il faut être prudent en matière de renouvellement » avant de conclure qu’« être professionnellement dans une région et vouloir s’implanter dans une autre » n’est peut-être pas la meilleure des stratégies.

3 dates :

1955 : Arrivée en France à l’âge de neuf ans.

1995 : Elu maire de Castelginest

2014 : Elu vice-président en charge de la voirie à Toulouse métropole

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