lundi 2 août 2021

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Politique Gisèle Verniol : « J’étais partie pour 12 ans… »

[Politic portrait] Gisèle Verniol : « J’étais partie pour 12 ans… »

Travail. Gisèle Verniol est de celles qui ne se laissent pas faire. Entière et sans regrets, cette toulousaine pur souche nous accueille rue des lois au local PS de la mairie, un quartier qu’elle connait bien puisqu’elle y est née.

« Je suis née il y a 60 ans à Toulouse, c’est un peu mon cocon cette rue des lois… » Elle évolue dans une famille qui a « le cœur centre-droit mais je m’émancipe assez rapidement de ces valeurs françaises, de tradition d’après-guerre … » Ses études à Albi, à l’Ecole normal d’institutrices forment les prémices de l’émergence de sa conscience politique. « J’étais loin du cocon, on échangeait beaucoup, les réflexions fusaient… Cela s’appelle grandir je crois, car j’ai réalisé après coup que mes parents ne partageaient pas les même idées que moi. » Elle devient institutrice et se marie très jeune, à 20 ans puis devient maman dans la foulée : « Devenir institutrice pour une fille c’était une évidence pour mon père, c’était la voie royale, si je m’en suis accommodée au début, cela s’est révélé être mon bonheur de tous les jours. » En parallèle elle vote socialiste depuis ses 20 ans et en 1995, ses trois enfants devenus autonomes, elle prend sa carte au PS. « C’était l’heure de prendre du temps pour moi, je décide de m’engager comme membre du conseil fédéral ». Elle participe au journal du parti et rapidement c’est Kader Arif (premier secrétaire fédéral du parti socialiste 31 dès 1999) qui lui confie le secrétariat fédéral aux associations et à l’égalité hommes femmes. « Mes mentors ont clairement été Lionel Jospin, Kader Arif et Pierre Cohen », un trio qu’elle évoque avec reconnaissance. Le dernier des trois décide d’ailleurs en 2006 de s’entourer de ses plus proches pour réfléchir à son projet pour Toulouse : « il est élu et je suis sur sa liste, il me confie alors l’éducation ».

 « La politique c’est comme la famille, on se déchire, on se rabiboche mais il y a au fond une sacré solidarité. »

Elle devient donc première adjointe de Pierre Cohen en charge des questions d’éducation, une évidence pour cette institutrice passionnée… « Une Verniol élue, pour mon père d’origine paysanne c’était énorme. » Elle évoque ce mandat avec passion, « c’était extraordinaire de mettre en place tout ce à quoi j’avais pensé pendant ces années d’enseignement ». Fervente défenseuse du concept de « ville  éducative », elle reste convaincue que l’enfant n’apprend pas qu’à l’école : « il doit pouvoir apprendre et être en réussite en dehors de l’école. Par ailleurs nommer un gardien dans un square au lieu d’installer la vidéo surveillance c’est déjà être une ville éducative…» Un détail passe à la trappe si nous ne le mettons pas sur le tapis : en 2013 elle reçoit la légion d’honneur, un « détail » de son parcours qu’elle n’aurait pas spontanément évoqué, par pudeur certainement car le moment l’a pourtant bouleversée : « c’est une surprise et je pleure. Je pense à ma grand-mère… » Elle évoque le couple de paysans pauvres qu’étaient ses grands-parents, et son père, petit garçon qui ne peut pas aller à l’école et qui reprend finalement ses études sur le tard pour devenir ingénieur. « Je l’ai vécu comme une reconnaissance pour ma famille, l’histoire du nom Verniol toujours et des racines… »

Au-delà du mandat, Gisèle découvre surtout dans la politique, une seconde famille : « on se déchire on se rabiboche mais il y a au fond une sacré solidarité. » Elle est si impliquée et persuadée de la réussite de l’équipe Cohen, qu’elle demande sa retraite anticipée, se projetant sur deux mandats… « J’ai été ambitieuse, c’est vrai que je le regrette un peu, car suite à la défaite aux élections, retourner en classe m’aurait peut-être aidé à cicatriser ». Aux élections d’avril 2014, elle est effondrée, l’amertume est d’ailleurs toujours palpable : « les premiers conseils municipaux ont été tout bonnement horribles ! » Même si, la pilule avalée, elle découvre un travail d’opposition qui lui plait et entend d’ailleurs bien prendre certains dossiers à bras le corps.

En trois dates :

Juin 1995 : elle adhère au PS

Juin 1997 : 1ère élection de Pierre Cohen en tant que député

Juillet 2015 : sa fille va avoir une fille, « la transmission matriarcale est importante pour moi ! »

 

 

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