mardi 1 décembre 2020
Politique Daniel Molina, la politique dans la peau

[Politic portrait] Daniel Molina, la politique dans la peau

Précoce. Discret dans les médias, Daniel Molina occupe pourtant le rôle clé d’animateur fédéral du MJS 31 (Mouvement des jeunes socialistes). À seulement 21 ans, il a su prouver son investissement et compte bien poursuivre son bonhomme de chemin dans la vie politique…

 

À la terrasse de la Compagnie française, non loin de la permanence de Catherine Lemorton pour qui il travaille, Daniel Molina, 21 ans, costard cravate, m’attend un Perrier citron à la main. Animateur fédéral des jeunes socialistes de Haute-Garonne, il a choppé le virus de la politique très tôt. Au MJS depuis ses 16 ans, il a participé à la fondation du syndicat, l’Union nationale lycéenne à Toulouse « pour défendre les droits des élèves ». Et « s’il y avait eu un parti des collégiens, j’y serais allé ! » clame-t-il. Sa mère, bénévole pour Médecins du monde, son père, salarié à Sanofi, sont peut-être à l’origine de cette vocation. Où est-ce un souvenir datant du CM1 qui aurait été le déclic ? « L’instituteur nous avait demandé de réfléchir à des solutions pour éviter les marées noires, suite à quoi nous avions écrit au président Jacques Chirac et il nous avait répondu ! J’ai trouvé ça très sympathique même si aujourd’hui je me rends bien compte que ce n’est pas vraiment lui qui a écrit la réponse », raconte-t-il en riant. Quoiqu’il en soit, le jeune militant a toujours eu, d’aussi loin qu’il se souvienne, l’intérêt de la chose publique et une certaine curiosité pour le monde qui l’entoure. Né à Bordeaux, ses parents partent vivre en Angleterre, alors qu’il n’a que deux mois. Jusqu’à l’âge de 7 ans, il vit donc à Cambridge « et mon père, d’origine madrilène, me parlait espagnol à la maison », se souvient-il.  De retour en France, sa famille s’installe à Saint-Orens, ville où il vivra sa première campagne électorale aux élections municipales de 2014.

« J’ai toujours peur de m’ennuyer »

Ce qui l’attire en politique, c’est réfléchir à « des solutions innovantes pour améliorer le quotidien des gens ». La tête dans le concret, il œuvre au MJS pour que les propositions des jeunes socialistes soient reprises par les élus. Le mouvement peut en effet compter quelques victoires à son actif à l’instar du  forfait Tisséo à 10 euros par mois pour les jeunes. Aux élections départementales, vingt idées ont été soumises aux candidats socialistes comme « le développement des transports doux entre les villes de taille moyenne pour que les jeunes qui se déplacent en vélo ou scooter puissent circuler sur des voies dédiées, en toute sécurité, ou encore pour réduire la fracture numérique qui est une nouvelle forme d’irrégularité ». Coordonner les 250 adhérents du département, organiser les réunions, rencontrer les élus, être présents dans les manifestations et autres meetings… La tâche est complexe, mais formatrice. Depuis juillet dernier, Daniel Molina peut se targuer d’une expérience supplémentaire dans le monde politique, assistant parlementaire de la députée et présidente de la commission des affaires sociales, Catherine Lemorton. Une élue active à la personnalité détonante, dont l’influence pèse fortement dans le carcan socialiste. Le jeune militant occupe cette fonction à la permanence toulousaine où il est chargé de recevoir les gens ou les associations, par exemple : « une interface entre le citoyen et la députée », en somme. Un travail à temps partiel qui lui permet « de se rendre compte des difficultés des gens, qui n’hésitent pas à nous interpeller sur leur réalité ». Le reste du temps (quand il en reste) Daniel Molina est étudiant, en licence de droit public. Etudes de droit, MJS, assistant parlementaire… Son parcours semble tout tracé vers la politique. Mais le jeune militant assure ne pas avoir l’ambition de courir après les mandats et envisage une carrière dans la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation du travail et de l’emploi), particulièrement intéressé par « le contrôle des marchés publics et le droit de la concurrence ». En parallèle, il compte mener de front son engagement politique, « car je ne vois pas comment m’investir moins ». Le défi ne lui fait pas peur : « J’ai toujours peur de m’ennuyer ! Je ne sais pas me poser… » avoue-t-il. Habitué à gérer l’emploi du temps d’une députée présidente de commission, Daniel Molina va certainement devoir apprendre à gérer le sien. « Je n’ai pas d’agenda, toute la journée je me demande ‘‘qu’est-ce que je dois faire maintenant ?’’ » Peut-être qu’il faudra investir…

 

En 3 dates :

2000 : son retour en France

2011 : campagne contre la réforme des retraites

2013 : élu animateur fédéral du MJS 31

 

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