Nadia Pellefigue : « La droite est notre adversaire, le FN est notre ennemi »

DSC_6755-2Conquérante. Vice-présidente de la Région Midi-Pyrénées, Nadia Pellefigue est également candidate sur la liste de Carole Delga aux élections régionales. En cette rentrée, l’élue aux multiples casquettes est prête pour la bataille.

 La campagne des régionales est lancée, quelles sont les prochaines étapes pour la candidate socialiste ?

Tout l’été, Carole Delga a sillonné la future région. Pour le moment, on est dans cette phase d’appropriation du territoire et de rencontres avec les habitants. A la mi-octobre, nous présenterons le programme qui sera une synthèse entre ce qui émerge des groupes de travail mais aussi du site participatif mis en ligne récemment. Et puis, d’ici la fin du mois, nous dévoilerons la liste complète qui intégrera nos partenaires et la société civile.

L’accord avec le PRG a été particulièrement décrié, notamment suite à l’annonce du poste de président délégué, comprenez-vous cette polémique ?

Je ne partage pas la lecture qui a été donnée de cette affaire. L’accord avec le PRG n’a rien d’étonnant : nous avons la même vision du territoire, nous sommes des régionalistes, des départementalistes, nous sommes dans la même majorité gouvernementale. Quant à la création du poste du président délégué, nous sommes en pleine réforme, il est normal qu’il y ait des mesures transitoires. Il faut un respect des équilibres entre les territoires, c’est évident. Et pour conclure un accord électoral, il faut pouvoir donner de l’espace à tous les partenaires, cela me parait normal aussi. Je ne sais pas ce qu’il adviendra dans l’avenir de ce poste de président délégué, mais je pense que ce sera temporaire.

« J’ai une référence : le gouvernement rose-rouge-vert de Lionel Jospin »

Au-delà de cette alliance, Dominique Reynié a dénoncé le coût de cette réforme ce qui a engendré une ‘‘guerre des chiffres’’ avec la majorité régionale actuelle…

Quand Dominique Reynié a lancé cette polémique, il est resté dans son rôle de commentateur politique. Le sujet des coûts intéresse et c’est normal, mais il ne faut pas raconter n’importe quoi. Rappelons que la fusion des régions va permettre de réduire le nombre de vice-président par deux, et qu’il n’y aura plus qu’un seul président. Cela va engendrer des économies.

Carole Delga va faire face à une multiplicité des listes de gauche au premier tour, qu’en pensez-vous ?

Je le regrette fortement. J’ai une référence : le gouvernement rose-rouge-vert de Lionel Jospin. En Midi-Pyrénées, nous travaillons en commun au sein de la même majorité et nous sommes tous fiers de notre bilan. J’aurais trouvé naturel qu’on continue à bâtir ensemble. Bien sûr, chacun a ses spécificités, mais nos divergences sont minimes par rapport à nos convergences. La manière de gérer une région par la gauche ou par la droite, c’est différent. Et la montée du FN est un vrai enjeu sur cette future région. La droite est notre adversaire, le FN est notre ennemi.

Le mouvement ‘‘citoyen’’ semble être le grand tournant de ces élections, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Ce n’est pas nouveau ! Tout le monde est citoyen, je suis citoyenne. La proximité est un impératif. Ce qui me gêne, c’est l’opposition du mot citoyen aux partis politiques, qui n’ont plus la cote. Ce n’est pas comme ça qu’on résoudra la crise de confiance envers le monde politique. La seule manière est de dire ce qu’on va faire et faire ce qu’on a dit. Il ne faut pas tromper les gens. A la fin, il y aura des élus aux responsabilités et ce seront les partis qui fourniront ces personnes chargées de répondre aux attentes des citoyens.

« Je ne trouve pas le code du travail si complexe que cela »

Vous étiez ce week-end à l’Université du PS, que retenez-vous du discours de Manuel Valls, entre la réaffirmation des 35h et la révision du code du travail ?

Les 35h sont un faux débat. Aujourd’hui, tout le monde l’applique, dans les entreprises, les collectivités, les administrations… Manuel Macron (ministre de l’économie) a fait l’erreur de penser être moderne en revenant sur ce sujet qui a été réglé il y a 10 ans. Ensuite, le premier ministre a évoqué la complexité du code du travail, je ne sais pas ce qu’il entend par là. Je ne trouve pas le code du travail si complexe que cela et j’y suis très attachée comme beaucoup de français. Attendons de voir quelles seront les propositions sur ce sujet.

Manuel Valls a été sifflé, Chritiane Taubira ovationnée, la fracture au PS semble toujours d’actualité…

Il y a eu un contenu dans les discours, qui permettait de parler d’autre chose. Je n’ai pas eu le sentiment de fracture. On a réaffirmé des principes républicains, de solidarité, et une manière de faire les choses. Voilà ce qui a résonné de la Rochelle.

Vous êtes par ailleurs en charge de l’enseignement supérieur à la Région, quelles sont les priorités de la politique régionale envers la vie étudiante ?

50 millions d’euros sont alloués chaque année à l’enseignement supérieur, alors que c’est une compétence d’Etat. C’est une volonté de la Région d’aller sur ce terrain. Ce budget permet de soutenir la recherche, de financer la rénovation des bâtiments, mais aussi aider les étudiants notamment dans les domaines de la santé, avec le Pass mutuel, et de la mobilité, avec Midi-Pyrénées Horizon. Au niveau du logement, le dispositif initié par la Région de caution locative étudiante (CLE) a été repris au niveau national et intégré au Crous. Nous en sommes très fiers !

 

Un syndicat étudiant a dénoncé le manque de places en universités, est-ce une réalité à Toulouse ?

Le problème s’est posé à l’université Paul Sabatier, où les places sont limitées dans certaines filières. Cela concerne notamment les filières où il y a des travaux pratiques, qui nécessitent du matériel et donc des moyens. Je déplore cela, mais ça ne dépend de la région. A notre niveau, nous pouvons augmenter les moyens accordés aux filières via le fond social européen. Nous avons aussi œuvré pour la délocalisation de l’enseignement supérieur sur tout le territoire. Cela permet aux jeunes de la région, qui n’ont pas les moyens d’étudier à Toulouse, de s’inscrire dans d’autres pôles universitaires, comme Albi, Rodez, ou Auch.

 

La mairie de Toulouse pourrait remettre en cause le tarif étudiant au profit d’une tarification sociale, qu’en pensez-vous ?

On devait connaitre les résultats de l’étude lancée par la mairie en septembre, et j’ai vu que ce serait finalement janvier… Cela fait un moment que ce dossier traine. Néanmoins, c’est un vrai sujet. L’approche d’équité peut s’entendre, mais je pense que les transports sont un sujet à part. Le tarif préférentiel pour les étudiants est aussi une manière de faire de la pédagogie, d’inciter les jeunes à prendre les transports en commun. Le développement durable est un enjeu d’avenir. Nous avons d’ailleurs sollicité la mairie et Tisséo pour instaurer un tarif étudiant pour le Vélo Toulouse.

 

 

CV Express

Née le : 3 décembre 1978 (j’aurai 37 ans, 3 jours avant le 1er tour des élections régionales, il ne faut pas perdre une occasion de rappeler les dates du scrutin.)

 

A Aubagne dans les Bouches-du-Rhône

 

Profession : Pour l’heure, totalement engagée dans ce mandat qui me passionne.

 

Au PS depuis : 12 ans

 

Fonction(s) politique(s) : Vice-Présidente du Conseil régional Midi-Pyrénées en charge des Finances, Enseignement supérieur et Égalité femme-homme

 

Signe distinctif : Je fais mienne cette citation attribuée tantôt au philosophe Alain dans Propos sur le bonheur du philosophe tantôt au fondateur du PC italien Antonio Gramsci : « Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté. »

 

 

 

 

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