Municipales. Et si on plaçait des féministes au Capitole ?

Un groupe de travail toulousain recommande aux futurs candidats aux élections municipales d’intégrer à leur programme des mesures féministes. Santé, sécurité, économie ou culture, plus d’une centaine de propositions concrètes sont mises à leur disposition.

L’égalité femme-homme est dans presque toutes les bouches du personnel politique. Pour autant « personne n’entre vraiment dans le détail. Alors nous avons voulu donner des idées et livrer des propositions concrètes, clés en main », commence Katia Broussy, l’une des fondatrices, aux côtés de Ninon Gilet, des Féministes au Capitole. Ce groupe de travail vient d’adresser aux mouvements, partis — hors RN — et futurs candidats aux élections municipales, dans la métropole toulousaine, un document d’une vingtaine de pages pour faire avancer la cause des femmes. De la revalorisation des salaires et des métiers féminins au sein des collectivités à l’interdiction des publicités sexistes dans l’espace public, en passant par l’abrogation de l’arrêté qui pénalise les prostituées ou au choix de jouets non genrés dans les crèches, plus d’une centaine de mesures sont détaillées.

La formation des agents municipaux

Parmi les premières citées par Katia Broussy, figure l’hébergement inconditionnel et à toute heure pour les femmes quittant le domicile conjugal. « C’est la plus urgente, car elle concerne toutes celles qui sont justement en situation d’urgence. En l’espèce, la loi autorise les maires à réquisitionner des logements vides. » La formation « contre le sexisme » et « pour la mise en place d’une réelle égalité » occupe plusieurs places dans la liste.

Dans les métiers de la petite enfance ou du spectacle, dans les clubs sportifs ou les entreprises. « Une formation pour l’accueil des femmes victimes de harcèlement ou de violence devrait également être obligatoire chez les policiers municipaux. En effet, la majorité des féminicides ont lieu alors qu’un signalement a déjà été fait aux autorités, ce qui laisse à penser que leur travail n’a pas été bien fait », déplore Katia Broussy.

La parité à tous les échelons

Après une phase de recherche documentaire puis d’échanges avec des organisations et associations féministes, l’équipe de quatre rédacteurs, constituée en octobre 2018, est allée à la rencontre des Toulousaines pour recenser leurs attentes et leurs idées. « Elles nous ont spontanément parlé du manque d’éclairage dans la ville. C’est une question basique de sécurité », relate la militante. L’augmentation du nombre de toilettes publiques gratuites supplémentaires fait également partie de leurs doléances.

Quant au respect de la parité, « la municipalité actuelle ne joue le jeu qu’au niveau des premiers adjoints. Dès que vous descendez dans les échelons inférieurs, les femmes sont minoritaires », constate Katia Broussy. Les Féministes au Capitole de suggérer aussi la mise en place d’une adjointe au maire en charge de l’égalité femmes-hommes, « dotée des moyens nécessaires pour mener une politique ambitieuse ».

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