mercredi 2 décembre 2020
Politique Michèle Bleuse, naturellement verte

Michèle Bleuse, naturellement verte

Tenace. Ancienne élue de la majorité Cohen, aujourd’hui présidente du groupe d’opposition EELV à Toulouse métropole, Michèle Bleuse est une personnalité discrète de la vie politique toulousaine. Discrète mais active.

 

Brasserie Le Parisien. Michèle Bleuse m’attend, tablette à la main, le dernier bulletin municipal posé à côté d’elle. Peu présente dans les médias, l’élue n’est pas du genre à se mettre en avant. Pourtant quand elle commence à parler de son engagement en politique, de ses convictions, de ses idées, les mots sortent tout seul. D’une voix apaisée, avec calme et détermination, Michèle Bleuse raconte, presque à la manière d’une enseignante, son histoire. D’ailleurs, adolescente, elle rêvait de devenir professeure en sciences de la vie et de la terre. Pédagogue et passionnée, mais aussi méticuleuse dans son travail, elle aime transmettre autant qu’elle aime apprendre. Rien qu’à voir l’état de son bulletin municipal, surligné (en vert, cela va s’en dire) et annoté un peu partout, on sent qu’elle a voulu corriger la copie de monsieur le maire…  Elle a aussi pour habitude de décortiquer les articles de presse. Et sur elle, elle a toujours un calepin pour inscrire une idée ou une information utile. Sa rigueur, lui vient autant de ses études que de son éducation : « Mes parents ont toujours voulu que je réfléchisse par moi-même, et pour cela il faut des bases solides. » Sans surprise, elle s’inscrit à l’université Paul Sabatier pour un parcours en biologie avant de rentrer à l’ENSAT (école nationale supérieure agronome de Toulouse) dont elle sort ingénieure agronome spécialisée en protection des cultures. « Mais il n’y avait pas beaucoup de travail dans ce milieu, sauf dans les essais de pesticides et je n’y trouvais pas mon compte ! Et puis, c’était un monde un peu macho… » Bref, elle change de voie et décroche un DESS en finances et informatique à l’IAE de Toulouse. Des bases solides.

 « le pragmatisme, c’est le renoncement »

De tempérament réservé, Michèle Bleuse s’est exercée à la prise de la parole en public. D’abord en tant que représentante syndicale en entreprise, son premier engagement. Cadre dans une banque privée régionale, elle est élue en 1996 sur une liste CGT/CFDT : « J’ai appris beaucoup de choses, notamment la responsabilité de porter la parole des autres. » ‘‘Responsabilité’’ est le mot qui définit le mieux son engagement. En 2002, alors que Jean-Marie Le Pen arrive au second tour de la présidentielle, elle sent qu’elle ne peut plus « se contenter de glisser un bulletin au premier tour d’une élection, je devais faire plus ». Elle adhère aux Verts et exerce dans un premier temps des fonctions internes,  « invisibles » avant d’intégrer la liste de Pierre Cohen en 2008 : « Je ne pensais pas qu’on serait élu, je ne m’y étais pas préparée », se souvient-elle. Mais elle s’adapte vite. Conseillère municipale en charge des espaces verts et de la biodiversité, elle se met au travail avec une envie féroce de faire bouger les choses. « Dans mon camp, certains râlaient au motif  qu’on m’avait placée ‘‘aux petites fleurs’’ mais c’est très réducteur. On avait dit aux Toulousains qu’on serait une ville exemplaire en gestion du développement durable, il a fallu convaincre élus et fonctionnaires notamment sur la mise en place des prairies urbaines », raconte l’élue. Son engagement écolo ne se résume pas aux arbres et aux fleurs mais plutôt à la lutte « anti-nucléaire, anti-OGM pour une terre saine, pour qu’on puisse boire et manger des choses qui ne nous rendent pas malades ». Son déclic, la naissance de ses filles : « Je me suis dit qu’il y avait une urgence à se préoccuper de ce qu’on allait laisser aux générations futures. » Pour elle, « ceux qui ne prennent pas la mesure de cet enjeu ne sont pas responsables et ça vaut aussi bien pour Sarkozy que pour Valls ! » Prête à distribuer les bonnets d’ânes, elle ne se résout pas au « pragmatisme » qui voudrait que les Verts s’allient au PS aux diverses élections… « Je déteste ce mot, le pragmatisme, c’est le renoncement, c’est le manque de courage politique et moi je ne renonce jamais à changer les choses. » Aujourd’hui dans l’opposition, bien que « frustrée de ne pas pouvoir agir », elle ne désespère pas « de faire bouger le curseur ».

 

En 3 dates :

1996 : élue représentante syndicale

2002 : Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle

2008 : élue conseillère municipale déléguée à la mairie de Toulouse

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