[Interview] Michel Kaluszynski : « Le Bien Commun veut s’implanter durablement sur le territoire »

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Citoyen. Référent départemental du Bien Commun, Michel Kaluszynski revient sur ce projet de ‘‘coopérative politique’’ qu’on a vu apparaitre pour la première fois aux élections régionales de décembre 2015. Depuis, le mouvement s’est structuré en association dont le lancement officiel est prévu pour le 18 juin.

 

Le Bien Commun a présenté une liste aux régionales en décembre dernier, mais le mouvement ne s’officialise qu’aujourd’hui. Pourquoi ce choix ?

Lorsque nous avons présenté notre initiative à la presse en juillet 2015, nous avions l’idée de nous inscrire dans la durée. Cela faisait plusieurs mois que nous travaillions sur le projet avec la volonté de se présenter aux régionales, mais sans savoir si on parviendrait. Trouver 184 noms, déposer la liste en temps et en heure, éditer les professions de foi… On a réussi ce défi. Notre liste était vraiment citoyenne, car il n’y avait pas beaucoup d’élus. C’était une campagne un peu artisanale, mais c’est le signe des organisations citoyennes qui n’ont pas le soutien d’un appareil.

 

Vous vous présentez comme une ‘‘coopérative politique’’. Qu’est-ce que ça signifie concrètement ?

La notion de coopérative renvoie à un statut propre donc on ne peut pas utiliser officiellement cette dénomination. Nous avons créé dans la foulée des élections une association qui reprend le principe de la coopérative dans son fonctionnement : une personne, une voix. L’idée est de partager les réflexions et de décider en commun. Par exemple, la constituante du Bien commun va être débattue et validée le 18 juin prochain. C’est un document-cadre qui s’apparente à une feuille de route et qui aborde les grands sujets comme le vivre ensemble, l’économie, l’intégration, la lutte contre la précarité…

 

Mais le mouvement a bien un ou des leaders pour coordonner ce travail…

Oui, il faut des gens qui représentent le mouvement. Au départ, le leader était de fait Christophe Cavard, car il était la tête de liste des régionales. Mais le noyau dur est en réalité constitué des 13 référents départementaux. Notre rôle est de partir du terrain pour faire remonter des idées et les transformer en programme politique.

« Nous visons toutes les élections locales à commencer par les municipales »

 

Justement, au niveau des idées, quelle est votre ligne politique ? Est-ce que vous vous situez à la gauche du PS ?

On est un mouvement de gauche. Pas forcément plus à gauche que le PS. Le problème aujourd’hui n’est pas une question d’échiquier politique. Il faut une refonte de la gauche. On ne se reconnait pas dans le parti de Mélenchon, qui est toujours dans l’opposition. Ce n’est pas constructif. Nous sommes encore en gestation et on définit encore les contours de notre mouvement. Ce que nous voulons, c’est donner la parole aux citoyens et peser sur les échéances électorales.

Quel est votre prochain objectif politique ? Les législatives ?

J’aimerais qu’on ait des candidats Bien Commun aux législatives de 2017. Mais nous visons toutes les élections locales à commencer par les municipales. Avant cela, j’espère qu’on pourra peser sur les élections présidentielles en présentant aux candidats les idées de notre coopérative. Un programme concret qui se traduit en actes. Pour atteindre ces objectifs, il faut s’organiser, prévoir.

 

Qui sont les militants Bien Commun ? Lors des élections régionales, certains adversaires vous ont désigné comme un mouvement de ‘‘déçus’’ de partis politiques traditionnels à la recherche d’une planche de salut…

Tout est fait pour que ce mouvement ne soit pas utilisé comme un marche pied. Nous avons des élus, des maires de petites communes, des anciens militants d’autres partis politiques et des personnes qui n’ont jamais été engagées en politique. Il faut qu’il y ait un mélange d’expériences dans le mouvement. Mais nous prenons des précautions pour ne pas devenir un organe de politique professionnelle, comme par exemple en posant clairement la règle de non-cumul des mandats. Moi-même, je suis un ancien adhérent du PS, mais je n’ai pas d’acrimonie. Je suis pour qu’il y ait des partis de gouvernement, mais il ne faut que ce soit des machines à distribuer des postes. L’objectif est de bousculer ces partis.

 

Pour l’instant, Le Bien Commun est implanté dans la région LRMP. Est-ce que ce mouvement a vocation à s’étendre à l’ensemble du territoire national ?

Il faut rester modeste. Notre volonté est de nous implanter sur les 13 départements de la région. Nous n’avons pas pour ambition de devenir un mouvement national. Mais si certains veulent s’inspirer de ce qu’on fait pour créer des mouvements similaires ailleurs, pourquoi pas.

 

CV express

Né le 11 décembre 1953

À Paris

Profession : Ingénieur de formation, dirigeant d’une société de financement participatif

Militant ‘‘Bien commun’’ depuis 1 an et ancien militant PS

Fonction politique : Référent Haute-Garonne du Bien Commun

Signe distinctif : A participé à la campagne des municipales de Toulouse, sur la liste de Pierre Cohen en 2014

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