mardi 1 décembre 2020
Economie Tensions autour de l’aéroport

[Métropole] Tensions autour de l’aéroport

Avenir. La question de la privatisation de l’aéroport hante désormais tous les esprits. Elle pourrait notamment mettre à mal le développement d’Airbus dans notre agglomération. Mais en coulisses les choses sont bien plus complexes.

 

La réduction des déficits publics est plus que jamais d’actualité. Le gouvernement de Manuel Valls a décidé d’accélérer la manœuvre… N’en déplaise aux frondeurs ! À Toulouse, l’une des conséquences directes de cette volonté de l’exécutif est l’annonce qui a été faite de la mise en vente de l’aéroport. Comme si Matignon et l’Élysée avaient oublié les paroles de notre Claude Nougaro : « À Blagnac tes avions ronflent gros. » Les élus sont vent debout devant le projet, car l’inquiétude n’est pas tant dans la question de la gestion de l’aéroport que dans le foncier dont il dispose. En effet, les sociétés aéronautiques occupent près de 100 hectares des terrains appartenant à l’aéroport… Parmi elles, il y a bien entendu Airbus, le premier employeur de la région, qui dispose d’une concession jusqu’en 2019…Et après ? Que feront les nouveaux propriétaires de l’aéroport qu’ils soient canadiens, chinois ou autres ? Ne préféreront-ils pas faire des opérations immobilières ? L’ancien maire explique à travers un communiqué qu’il s’était déjà inquiété de la situation : « J’ai, à plusieurs reprises, ces quatre dernières années, fait part à l’État de mon inquiétude quant à la possibilité que cet équipement majeur, pilier de la dimension internationale de notre ville, soit sacrifié à l’autel de la rentabilité au bénéfice d’un groupe financier. » Les écologistes de la métropole vont encore plus loin : « Nous refusons que notre agglomération serve de laboratoire pour expérimenter une privatisation à la hussarde appelée à s’étendre à l’échelle nationale. »

« Airbus aurait-il dealé avec d’éventuels repreneurs ? »

Dans les milieux économiques on s’inquiète avant tout pour Airbus, qui pourrait à terme préférer optimiser son développement dans d’autres agglomérations que la nôtre : « Toulouse-Blagnac n’est pas un aéroport ordinaire : c’est aussi la plateforme d’Airbus. On dirait que cet aspect a été totalement oublié ! », explique Jean-Louis Chauzy, le président du CESER (Conseil économique, social et environnemental) qui rappelle aussi qu’Airbus et ATR « représentent 80 000 emplois dans le bassin toulousain. » On peut tout de même s’étonner du silence d’Airbus dans cette affaire. Comme si les dirigeants du constructeur aéronautique préféraient que les élus montent au créneau… Il est également légitime de douter de la bonne foi du groupe Airbus. N’aurait-il pas déjà « dealé » avec des repreneurs potentiels ? Chinois par exemple ? N’a-t-il pas déjà pensé à externaliser certaines de ses activités toulousaines ? Rien n’est moins sûr au moment où des fuites internes annoncent un serrage de vis sur les effectifs ingénierie.

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