vendredi 4 décembre 2020
Politique Aéroscopia paré au décollage

[Métropole] Aéroscopia paré au décollage

Controverse. La genèse du projet ferait pâlir n’importe quel architecte. Trente ans d’aller-retour incessants, de pauses inopinées en répits forcés. Pourtant cette fois-ci, c’est la bonne : ouverture prévue pour janvier 2015.

Entre les années 80 et aujourd’hui, le musée de l’aéronautique aura été bien malmené. Bernard Keller, maire de Blagnac et profond défenseur du projet ne cache pas sa lassitude lorsqu’il s’agit d’évoquer la genèse d’Aéroscopia, qui remonte à trente ans. « Blagnac est impliqué depuis le début mais le projet a trébuché plusieurs fois notamment autour d’études visant à juger de l’emplacement idéal. » Sans surprise, le financement aura aussi été au centre de polémiques pendant toute la gestation du projet. Jusqu’au jour où Bernard Keller a mis fin aux tergiversations : « En 2008 à l’aube d’une nouvelle étude, j’ai carrément dit à la Communauté Urbaine que je prenais la maîtrise d’ouvrage. Il n’était plus l’heure de négocier si je voulais que ce projet sorte de terre. » 

« Des jalousies se sont exprimées »

Il explique ces années d’errance par la jalousie : « Beaucoup nous ont enviés clamant qu’à Blagnac, « on a tout. » » Trêve de chamailleries, l’heure est aujourd’hui à l’habillage de ce bébé, couvé depuis le siècle dernier. « Les finitions sont en cours mais le délégataire de service public, spécialisé dans l’exploitation touristique de sites de savoir-faire industriels (Manatour, qui a été retenu par la ville de Blagnac pour une durée de six ans, ndlr) veut prendre son temps… » En janvier 2015, on pourra donc enfin visiter le site. « Pour moi, c’est l’aboutissement d’un équipement qui va être sans doute l’un des plus représentatifs de l’identité toulousaine. » Si ses opposants l’ont souvent montré du doigt à ce sujet, il pense justement que « c’est pour cela qu’ils n’ont pas été élus… » Et lorsque le maire se félicite de ce « juste rendu à l’aéronautique », évoquant la part financée par la ville, son opposant UMP, David Gerson, voit rouge : « La ville n’était pas censée investir plus de deux millions d’euros. Pour moi, il y avait d’autres priorités comme la baisse de la taxe d’habitation. Ce projet mal ficelé génère une dérive budgétaire énorme et Blagnac en paye clairement les conséquences. » Pour lui la ville de Blagnac se retrouve piégée sans autre choix que de continuer vers un projet qui est un véritable « gouffre financier ». Bernard Keller commence de son côté à se frotter les mains car les 200 000 personnes attendues au démarrage (et le double espéré à terme) devraient garnir tables et chambres du centre-ville. La « véritable signature identitaire » qu’il attendait déploie enfin ses ailes. « Une évidence » disait-il. Inauguration le 13 janvier en présence, bien sûr, de Bernard Keller.

 

En Chiffres :

Coût total : 21 500 000€ financés notamment par Blagnac pour 8 450 000€, Toulouse Métropole à hauteur de 5 000 000€, Airbus, 3 500 000€ et la Région, 2 680 000€.

 

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