[Interview XXL]Pierre Esplugas : « L’alliance avec l’UDI et le MoDem, la martingale gagnante »

PIERRE ESPLUGAS @franck alixProf. L’adjoint au maire en charge des musées s’engage pleinement dans les primaires de la droite en vue de 2017… Il prend la tête du comité toulousain « AJ pour la France » : « Alain Juppé cherchait un profil universitaire pour être son représentant local. On est venu me chercher. »

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

On vient de vous annoncer comme référent d’Alain Juppé à Toulouse, pourquoi ce choix ?

Alain Juppé est un homme d’état incontesté qui incarne la droite modérée à laquelle j’aspire. Celle qui peut fédérer le plus grand nombre… Par ailleurs, et contrairement à certains dans mon parti, je pense que l’alliance avec le MoDem n’est pas un chiffon rouge. Bien au contraire, nos partis sont complémentaires, et nous l’avons prouvé à Toulouse sous la houlette de Jean-Luc Moudenc. Cela a même été la martingale gagnante des dernières municipales. Le tandem Juppé-Bayrou est sans doute donc le meilleur possible pour traverser la crise du moment, et réformer dans la sérénité.

Vous pensez que l’attelage Juppé-Bayrou peut tenir jusqu’au bout ?

Ils se savent complémentaires. Et Bayrou aura la mémoire de se souvenir que le soutien d’Alain Juppé a été déterminant dans sa victoire à Pau. Le leader du MoDem s’inscrit largement dans les pas d’Alain Juppé, mais pas dans ceux de Nicolas Sarkozy… Cela pourrait peser sur l’électorat centriste lors des primaires. L’attelage devrait non seulement tenir, mais faire campagne ensemble durant la primaire.

Comment allez-vous structurer votre mouvement ?

Il y a un comité local qui est en cours de constitution, et nous avons déjà un comité jeunes qui est en ordre de marche. D’ailleurs son responsable, Tanguy Plitt, travaille actuellement au développement de notre démarche sur les réseaux sociaux. Un blog va également voir le jour. Dès la rentrée nous mettrons en place des réunions thématiques ; la première pourrait être sur l’éducation. Quant à moi mon rôle va être de rallier à nous le plus d’élus locaux possibles…

Y compris au centre ? Cela ne va-t-il pas être difficile alors que vous êtes le porte-parole des Républicains en Haute-Garonne, une fédération historiquement sarkozyste ?

Y compris au centre bien évidemment. Et cela ne sera pas forcément difficile car je suis membre d’une équipe municipale avec nombre de centristes. Regardez qui est dans le bureau voisin du mien à la mairie (Marthe Marti, vice-présidente du MoDem 31, ndlr.) Quant à notre positionnement vis-à-vis des Républicains il s’agit d’être très clair : nous sommes sur une ligne pro-Juppé mais certainement pas anti-Sarkozy. Il n’y a pas la moindre ambiguïté dans mon engagement. Nicolas Sarkozy est le président  de mon mouvement politique et je le respecte.

« Je refuse de me positionner par rapport au FN »

Il y a déjà des élus qui viennent vous rejoindre ?

La réponse est oui, même si je ne peux pas encore vous dévoiler les identités. Je suis étonné de l’effet Juppé à Toulouse, je ne pensais pas que cela viendrait aussi vite.

Alain Juppé a-t-il le profil idéal pour séduire les Toulousains ?

Il correspond clairement davantage à la sociologie de cette ville que Nicolas Sarkozy, mais vous savez il est de toute façon difficile de faire de la politique à Toulouse quand on n’est pas de gauche (rires.) Notre but est donc de le faire connaître des habitants de cette ville, et nous envisageons d’ailleurs de le faire venir à l’automne.

Vous voulez donc élargir la base des sympathisants bien au-delà des simples militants des Républicains et du centre ?

Il est une banalité de dire que Nicolas Sarkozy partira favori sur les encartés des Républicains… Notre but est donc d’encourager le plus de monde possible à participer à ces primaires citoyennes. Plus il y aura de votants, plus les chances d’Alain Juppé seront grandes. C’est aussi dans cet objectif là qu’il monte sa « petite PME » de campagne, pour mailler le territoire avec efficacité.

Peut-on imaginer que des sympathisants de gauche viennent voter Juppé à ces primaires en l’imaginant comme ultime rempart à Marine Le Pen ?

Je refuse de me positionner par rapport au FN. On en fait beaucoup trop sur ce parti qui n’est pas le centre de la vie politique de notre pays… Il ne progresse d’ailleurs pas autant qu’on veut bien le dire dans les médias. Laissons-les à leurs querelles internes et à leurs drames familiaux. Ce serait une erreur de faire notre campagne en fonction de ce que dit ou pas l’extrême-droite. Nous devons être sûrs de nos forces, en valorisant le fait que nous avons un candidat apaisant et compétent. Autoritaire mais ouvert à toutes les sensibilités…

Jean-Luc Moudenc  soutiendra-t-il Alain Juppé ?

Posez-lui la question car je ne suis pas son porte-parole. Ce que je peux dire c’est que je les sais amis, et qu’ils ont de réelles affinités intellectuelles. Ils se sont d’ailleurs vus  récemment lors de l’inauguration du nouveau stade de Bordeaux…

 

 

CV Express

Il est universitaire, professeur de droit public et auteur de nombreux ouvrages. Durant de longues années il a été également le Monsieur Politique de TLT, puis le collaborateur de Dominique Baudis.

Fonctions : Adjoint au maire de Toulouse, élu de la métropole et porte-parole des Républicains en Haute-Garonne

 

 

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