[Interview XXL] Marc Ivaldi : « Nous serons les seuls en France à proposer un projet de budget »

©Coralie Bombail/JT
©Coralie Bombail/JT

Enseignant à TSE (Toulouse School of Economics), Marc Ivaldi a intégré le staff de campagne de Dominique Reynié (LR) en vue des régionales. Il est chargé de coordonner le projet du candidat, dont les grandes lignes ont été révélées à la presse la semaine dernière. Alors que Dominique Reynié vit une campagne mouvementée, et affronte les coups issus de son propre camp, Marc Ivaldi se doit de rester en dehors des joutes politiciennes.

Pourquoi avez-vous décidé de vous engager auprès de Dominique Reynié ? Quel est votre rôle dans sa campagne ?

C’est tout nouveau pour moi. J’ai trouvé la démarche de Dominique Reynié intéressante, car je pense qu’il faut un homme neuf pour notre Région. Il a une vision nouvelle, intelligente, bien documentée mais il est aussi très ancré sur ce territoire : tous les ingrédients d’une belle candidature. J’ai également été attiré par le challenge que représente cette nouvelle région. Aujourd’hui, je suis en charge de coordonner le projet de Dominique Reynié entre la petite équipe qui l’a réalisé et les contributeurs qui ont voulu participer à son élaboration. J’ai voulu mettre en place une organisation de combat, de commando pour aller vite.

 

La première préoccupation des citoyens, c’est l’emploi. Quels leviers comptez-vous activer pour faire baisser le chômage dans la Région ?

Il faut redonner confiance et replacer les entreprises, petites, moyennes et grandes, au cœur de la décision politique. Nous proposons un programme d’investissements très clair, nous allons faire de vrais choix et pas du saupoudrage. Nous serons les seuls en France à proposer un projet de budget. On connait le budget du Conseil régional, on connait les engagements financiers de nos prédécesseurs, donc nous savons qu’il nous reste 650 millions d’euros pour l’investissement.

 

Et quelles sont vos priorités en matière d’investissement ?

Nous allons mettre le paquet sur les routes, à hauteur de 200 millions d’euros. Le ‘‘tout rail’’ de l’équipe socialiste est un échec. Le réseau a certes été rénové, mais il ne concerne que 30 000 personnes dans la Région. La voiture ne pose pas de problème si on développe la voiture électrique. La recherche est là, à Albi, à Perpignan, nous devons la soutenir. Nous souhaitons ensuite mettre en place un fonds de garantie d’investissements, qui nous permettra de suppléer les banques afin de soutenir des projets rentables et utiles socialement. Notre priorité sera également de relancer l’activité du bâtiment, car nous avons de réels besoins, mais aussi de soutenir des activités nouvelles comme, par exemple, le cinéma d’animation.

Une thématique traverse le programme : la préoccupation écologique (favoriser la blue economy, lagriculture verte, le développement de la voiture propre). Quelle est la vision de Dominique Reynié de l’écologie ?

C’est fondamental pour notre candidat. On parle beaucoup de la Cop 21, mais nous, nous souhaitons agir concrètement. Et on ne peut pas faire d’écologie, si elle n’est pas intégrée dans notre système productif. L’économie du déchet est par exemple très importante, elle peut nous permettre de produire plus et mieux.

« J’ai voulu mettre en place une organisation de combat »

Tout un chapitre du projet est consacré à la gouvernance avec des engagements concernant la transparence, les conflits d’intérêts, l’assiduité des élus… etc. Est-ce un passage obligé, aujourd’hui, dans un contexte de méfiance envers la politique ?

Il faut le répéter. Depuis que j’ai intégré la campagne, je suis très étonné de l’engagement de l’équipe. C’est incroyable qu’on ne fasse pas confiance aux hommes politiques. Si ces mesures peuvent redonner confiance, il faut le faire. Le plus important, c’est l’information des citoyens. Il faut qu’ils aient facilement accès au budget, mais aussi aux rapports d’études commandés avec l’argent public. On doit également pouvoir évaluer les politiques publiques, et nous allons mettre en place un mécanisme pour cela.

Comment pouvez-vous assurer l’équilibre des territoires entre lurbain et le rural, et entre les deux métropoles que sont Toulouse et Montpellier ?

Plusieurs de nos mesures vont en ce sens : le développement des routes, du numérique, ou encore le fonds de garantie qui va permettre de financer des projets dans la ruralité. Notre logique est que la population rurale représente un tiers de la population, donc un tiers des investissements doit lui être consacré. Quant aux deux métropoles, je ne vois pas le problème. Nous allons avoir un territoire aussi grand que l’Autriche, avoir deux grandes villes ne semble pas impossible.

Dominique Reynié a commencé à révéler son programme avec le sujet de la sécurité. Au final, cela ne semble pas être un axe prioritaire du projet : était-ce un coup de com du candidat ?

Si, c’est une priorité ! Cela fait partie des éléments pour recréer un climat de confiance. Il ne s’agit pas de mettre en place une force de police régionale. Mais la sécurité sera l’une de nos préoccupations, notamment dans les trains et dans les lycées, qui relèvent de la compétence du Conseil régional. La vidéo-protection, par exemple, sera un des outils que nous souhaitons utiliser.

La campagne de la droite traverse des heures difficiles. Dominique Reynié s’est attiré les foudres de son camp lors de la constitution de sa liste, son éligibilité est remise en cause… Quel regard portez-vous sur ces polémiques en tant que nouveau venu en politique ?

Je m’y attendais un peu, même si je regrette que les coups viennent de notre propre camp politique. S’il y a autant d’attaques, c’est que Dominique Reynié est un vrai candidat, il est devenu l’homme à abattre. Il faut dire également que la droite a choisi de faire l’union avant le premier tour, donc le combat se joue maintenant. Tandis que la gauche part divisée, mais on verra comment ça va se passer dans les 48 heures qui suivent le premier tour…

 

CV express :

Né le 5 décembre 1955

En Algérie

Profession : Directeur des études à l’école des Hautes études en Sciences sociales à Paris, mais je suis détaché à Toulouse pour enseigner à TSE

Fonction politique : coordinateur du projet régional de Dominique Reynié

Militant des Républicains depuis cette année

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