[Interview XXL] Georges Méric : « Nous entamons une discussion politique avec Toulouse métropole »

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DIALOGUE. Président du Conseil département de Haute-Garonne depuis mars dernier, Georges Méric (PS), a su affirmer sa personnalité grâce à des prises de position claires sur des ‘‘gros dossiers’’ qui ont marqué l’actualité. Val Tolosa, PLB, privatisation de l’aéroport… Autant de sujets qui sont actuellement au cœur de négociations. Le président du département veut se poser en homme de dialogue, mais ne flanche pas pour autant !

Depuis votre arrivée au Département, vous soutenez le PLB à Labège. Entre temps, Jean-Luc Moudenc a confirmé sa préférence pour la 3ème de métro. Ce dossier est-il devenu purement politique ?

Non, ce n’est pas une affaire politique. Jean-Luc Moudenc se fonde sur un raisonnement qui n’est pas démontré, selon lequel le PLB est trop cher et n’apporterait pas de réponse satisfaisante pour Labège. Je demande que Tisséo lance l’appel d’offres pour vérifier le coût du projet, qui peut être réalisé dans les 5 ans et améliorer la qualité de vie du Sud-est toulousain. En décembre, Jean-Luc Moudenc va nous présenter un dossier idyllique de la 3ème ligne de métro, avec un calendrier qui se calquera sur celui du PLB… C’est une vue de l’esprit ! Est-ce que le maire de Toulouse veut privilégier la zone de Montaudran –intramuros — à celle de Labège ? Je pose la question.

Concernant la privatisation de l’aéroport de Toulouse, vous aviez annoncé la tenue d’une table ronde avec la CCI, la Région, et la métropole concernant le rachat de la part de l’État (10,01 %). A-t-elle eu lieu ? Qu’en est-il ressorti ?

La table ronde a eu lieu, avec la CCI, la Région et la plateforme de crowdfunding Wiseed. Il manquait la ville de Toulouse, car personne ne pouvait se libérer. Aujourd’hui, les discussions se poursuivent dans une certaine discrétion, pour ne pas provoquer d’embuches politiques autour de ce dossier. On avance bien et un autre rendez-vous devrait avoir lieu rapidement avec toutes les parties intéressées. Réaliser un montage financier réaliste qui mêle des collectivités locales, des citoyens, du privé est un casse-tête juridico-administratif ! Le message que nous voulons faire passer à l’Etat est : « Si vous devez revendre vos parts, cédez-les aux locaux, car nous considérons que ce bien doit rester public ».

Val Tolosa : le groupe majoritaire du département s’est prononcé contre le projet tel qu’il est présenté actuellement et propose un redimensionnement, quel est votre avis sur le sujet ?

Il faut sortir par le haut sur ce projet. Nous avons très peu de contacts avec Uni-Bail (porteur du projet), c’est la raison pour laquelle le groupe majoritaire a demandé à l’État de jouer un rôle de médiation afin de trouver une solution de compromis et d’intelligence. Pour nous, ce projet est bloqué, car il doit être revu. Nous pouvons imaginer d’autres investissements autour, qui concerneraient les loisirs et la culture. L’homocommercial ne représente pas toute l’humanité !

« L’homocommercial ne représente pas toute l’humanité » 

Le département va devoir transférer des compétences à Toulouse métropole et à la Région, en vertu de la Loi Notre. Cette collectivité va-t-elle perdre de sa force ? Quelles conséquences sur le budget ?

Le Conseil départemental va garder des compétences majeures : l’action sociale, la solidarité territoriale, les collèges et l’action éducative, les routes, l’aménagement du territoire… L’enjeu aujourd’hui est le transfert des compétences envers Toulouse métropole. Sept sont visées par la loi Notre. Nous entamons une discussion politique et j’espère qu’il en ressortira une solution raisonnable. Nous souhaitons par exemple garder les Maisons départementales des solidarités, dans le cadre de notre action sociale. Toulouse métropole le comprendra… En ce qui concerne la Région, il faut attendre que la nouvelle équipe s’installe. Mais au final, 85 à 90 % de notre budget sera maintenu. Il y aura des compromis budgétaires à réaliser, d’autant que notre objectif est de ne pas augmenter les impôts.

Vous vous inscrivez dans une continuité politique par rapport à votre prédécesseur Pierre Izard, mais vous assumez un changement de méthode. Est-ce que votre “style” peut se résumer en une meilleure communication ?

Nous avons entamé un grand dialogue avec les citoyens, grâce à un moyen innovant qui permet de toucher l’ensemble du territoire : une grande enquête lancée en septembre dernier (un sondage envoyé avec le journal institutionnel du département et disponible sur le site internet, NDLR). Nous avons déjà reçu 4500 réponses et nous dépouillerons le tout en janvier. La concertation est également instaurée entre les élus, mais aussi dans les services où nous avons mis en place un management participatif. Notre but est d’ouvrir le dialogue à tous les niveaux.

 

CV express :

Né le : 03 décembre 1947

À : Toulouse
Profession : médecin gérontologue
Fonction politique : Président du Conseil départemental de Haute-Garonne
Militant au PS depuis : 1967 (c’était le SFIO à l’époque)
Signe distinctif : Il cite Antoine de Saint-Exupéry : « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis »

Georges Méric a réagi aux attentats de Paris :

« Cette nuit, comme il y a 10 mois à peine, ce sont nos valeurs de liberté et d’humanisme qui ont été violemment attaquées. Mais nous ne céderons pas, la République restera debout. Plus que jamais nous devons rester mobilisés et entrer en résistance pour défendre les valeurs de notre République face à l’obscurantisme et la tyrannie. »

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