jeudi 6 mai 2021

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[Interview XXL] Didier Cujives : « Le département va devenir la collectivité de proximité »

Entrant. Le maire PS de Paulhac a fait un choix et s’en explique au JT. Il vient de démissionner de son mandat de conseiller régional pour se consacrer au département. Il profite de cet entretien pour rendre hommage à Martin Malvy et s’inquiéter de la politique gouvernementale.

Vous avez décidé de démissionner de votre mandat à la région pour vous consacrer au département. Mais que retenez-vous de ces années passées au service de Midi-Pyrénées ?

J’ai été enthousiasmé par ces dix années passées à la Région. Le travail que nous avons effectué collectivement sert aujourd’hui de socle à la nouvelle entité qui va naître en décembre prochain. J’ai été élu pour la première fois en 2004, et à cette époque-là la Région n’avait pas encore atteint sa maturité. En dix ans j’ai eu la chance d’avoir pu participer à l’émergence de cette collectivité.

Quelle image avez-vous de Martin Malvy ?

J’ai tellement aimé travailler avec lui. Il a de l’autorité mais il n’est pas autoritaire. C’est sa compétence, sa force de travail et son charisme qui le rendent imposant. Je n’ai jamais vu Martin Malvy taper du poing sur la table pour imposer un point de vue. Il a toujours l’intelligence et la capacité à nous faire aller dans la direction qu’il pense être la bonne … C’est la marque des grands.

La fusion avec Languedoc-Roussillon est-elle une bonne chose ?

Elle est un extraordinaire bond en avant. S’il y a bien une chose sur laquelle on peut être convaincu dans cette affaire, c’est que cette fusion va imposer notre territoire aux yeux des Européens. Durant mon dernier mandat, et en tant que président de Midi-Pyrénées Europe, j’ai pu nous comparer aux régions des pays voisins. La réalité est que nous sommes aujourd’hui des « nains » ! Nous ne sommes rien face à la Bavière ou la Catalogne. En regroupant Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon nous allons donc monter en gamme, et avoir un poids politique incontestable. Car ne le cachons plus, c’est bien à Bruxelles que tout se décide. Les Français ne sont plus dupes, ils ont bien compris qu’on amuse la galerie en faisant croire que les décisions sont franco-françaises. Ne pas avoir de poids à Bruxelles, c’est donc rater un train.

Pourquoi défendre autant l’ancienne et la nouvelle région, et décider d’en démissionner pour partir au département ?

C’est un choix très personnel qui tient compte de la question du cumul des mandats. Je pense que les élus ont aujourd’hui un devoir d’exemplarité face à la crise de confiance que nous subissons tous … Dix ans à la région, c’était une belle expérience  mais il faut éviter de trop s’installer dans le paysage d’une institution. J’ai donc choisi de quitter le confort douillet d’un scrutin de liste pour aller affronter le suffrage universel direct. C’était un défi pour moi.

Depuis son arrivée à la tête du département, Georges Méric a fait le choix de mettre l’accent sur la problématique des transports. Il met notamment la pression sur la métropole concernant les dossiers du PLB et de l’aéroport …

Il s’agit tout simplement là de tenir compte des sujets qui font le quotidien de nos concitoyens. Le département va même devenir la collectivité de proximité par excellence. Georges Méric est donc, contrairement à ce que peut dire Jean-Luc Moudenc, pleinement dans son rôle. Le Conseil départemental va même prendre toute sa place dans beaucoup de débats, certains vont être surpris.

« Je ne voudrais pas que l’on se berce d’illusions »

Vous êtes à la tête d’une commission très riche (économie, numérique, emploi, tourisme, affaires européennes et internationales) au département. Quelles ambitions affichez-vous ?

Le pari est de taille mais je vais m’appuyer sur mon expérience à la Région sur nombre de compétences. Je vais découvrir dans cette commission le tourisme pour lequel j’ai déjà une grande ambition. Il y a dans ce département des sites merveilleux, des joyaux qu’il va falloir développer … L’aventure est déjà enthousiasmante. Il faut aller de l’avant pour défendre ce territoire.

Avez-vous été surpris de l’ampleur de la victoire de votre camp lors de ces élections départementales ? Est-ce le retour des socialistes haut-garonnais après les défaites aux municipales, européennes et sénatoriales ?

La victoire est forte et belle. Mais il ne faut pas s’y méprendre, nous avons bénéficié là de l’excellent bilan de Pierre Izard et de son équipe. Les électeurs ont voulu récompenser une politique départementale solidaire et généreuse qui a largement fait ses preuves. Mais je ne voudrais pas pour autant que l’on se berce d’illusions, et que l’on se considère comme « l’exception » haut-garonnaise. Ne pratiquons pas la langue de bois, au niveau national rien ne s’arrange ! Et donc rien n’est encore gagné pour les échéances à venir, y compris ici.

On vous sent critique vis-à-vis de la politique gouvernementale …

C’est vrai qu’en tant que socialiste la période est difficile à vivre. On a l’impression que le gouvernement a souvent peur de mener une vraie politique de gauche. Le malaise est profond car les citoyens de gauche ont voté pour le discours du Bourget … Ils ont voté pour un François Hollande ennemi de la Finance. Ils n’ont pas voté pour le travail le dimanche ! Je suis inquiet.

 

CV EXPRESS

Né le 28 octobre 1959. Il est chef d’entreprise.

Fonctions : Conseiller départemental, maire de Paulhac et président du Pays Tolosan.

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