[Interview XXL] Bertrand Serp : « 2016, c’est l’année des maker »

Bertrand Serp ok

CONNECTE. À la ville comme à la métropole, Bertrand Serp est le monsieur numérique de la majorité Moudenc. Il a pour mission de faire de Toulouse, une ville intelligente, une ville du futur.

Le schéma directeur de la ‘‘Smart city’’ a été voté à Toulouse métropole. Concrètement, qu’est ce que cela va changer pour les gens ?

Ce schéma a été co-construit avec les citoyens et les entreprises. Il a été voté fin 2015, maintenant il faut mettre tous les projets qu’il contient en musique. 2016 est l’année des ‘‘maker’’. On va faire ce que l’on a dit afin de rendre la ville plus intelligente, notamment au niveau de l’énergie et de la mobilité, mais aussi plus sûre, plus propre et plus internationale. Il y a au total 15 projets sectorisés, comme par exemple l’éclairage de rue intelligent ou le véhicule autonome et connecté. L’objectif est de penser une ville où il fait mieux vivre.

Et pour les entreprises ?

Grâce au label French Tech, nous pouvons soutenir 10 expérimentations par an, ce qui nous permet d’aider les start-up, mais aussi des ETI (entreprises de taille moyenne). Cela va permettre de booster les emplois sur le territoire. Il faut rappeler que ce secteur représente 40 000 emplois sur l’aire urbaine toulousaine. Nous aidons les start-up directement, via des aides publiques, et indirectement en soutenant les accélérateurs de start-up comme Ekito et At Home. 500 millions d’euros sont alloués à ce schéma, avec l’aide financière de l’Etat. La politique toulousaine sur le numérique commence à être reconnue au niveau national.

L’opposition a voté contre ce projet, dénonçant son manque d’envergure. Que répondez-vous ?

Il y a une méconnaissance du dossier. Il faut prendre le temps de lire le schéma en entier, qui est à disposition de l’opposition. C’est dommage qu’ils n’aient pas pris le temps de l’étudier jusqu’au bout. Ils se seraient rendu compte que nous sommes dans le concret.

Le Quai des savoirs a été inauguré en février dernier. Le groupe majoritaire, auquel vous appartenez défend que ce projet date du premier mandat de Jean-Luc Moudenc. Est-ce que vous confirmez ?

L’idée vient effectivement du premier mandat de Jean-Luc Moudenc. Par la suite, Pierre Cohen a construit une coquille vide. Nous, nous avons créé un contenu. Il fallait trouver un vrai projet de culture scientifique, et le numérique aura toute sa place dans ce lieu. Une partie du Quai des savoirs sera consacrée à ce secteur avec l’installation de La Cantine et le ‘‘Starteur’’, qui va accueillir 10 start-up par semestre.

« L’objectif est de penser une ville où il fait mieux vivre »

Le projet PLB a été définitivement abandonné par Jean-Luc Moudenc. Il devait desservir Labège, où est situé l’IOT Valley, soit l’un des pôles les importants de l’économie numérique.  Est-ce que cela va être un frein pour cette zone d’activité ?

Je suis surpris des réactions sur ce sujet. J’étais dans la majorité, sous le précédent mandat de Jean-Luc Moudenc, quand nous avions proposé de réaliser le prolongement de la ligne B jusqu’à Labège. Quand Pierre Cohen a été élu, il a dit stop au projet. Aujourd’hui, notre pensée a évolué et la 3e ligne de métro que nous souhaitons lancer a pour objectif de desservir Labège et le Sicoval. Je n’ai pas compris la réaction de Ludovic Le Moan (PDG de l’entreprise Sigfox basée à Labège, qui a déclaré que Jean-Luc Moudenc manquait de vision en annulant le PLB). La 3e ligne est prévue pour 2024, soit seulement 2 ans de différentiel avec le PLB. Nous avons proposé en outre, la mise en service d’un aérotram qui relierait la ligne B au Parc technologique du Canal, et qui pourrait arriver jusqu’à l’INPT, rejoignant ainsi la 3e ligne de métro. C’est une solution intéressante qui pourrait mettre tout le monde d’accord. Il serait raisonnable d’arrêter la politique politicienne inutile et réfléchir en termes d’entrepreneuriat. Dans le numérique, il n’y a pas de frontières, nous travaillons tous les jours avec le Sicoval donc il ne faut pas interpréter la décision sur le PLB comme une volonté d’hégémonie de Toulouse métropole.

 

La nouvelle économie, générée par l’ère numérique bouleverse certains secteurs de l’économie traditionnelle. L’ubérisation de notre société doit-elle être encadrée et réglementée ?

Il ne faut pas freiner l’innovation et savoir être avant-gardiste. Nous devons nous réinventer et travailler différemment. Cette économie engendre une nouvelle compétition et donc de nouveaux tarifs. Au final, cela favorise le client. Il faut que ces services soient cadrés, comme on l’a vu pour Uber, mais c’est une erreur de refuser l’émergence de ces nouvelles pratiques. Ce qui va vraiment bouleverser la donne de l’économie traditionnelle, c’est la data. La libéralisation des données, publiques et privées, sera la clé de l’économie de demain. Mais il faut être vigilant sur ce point.

 

Vous avez été élu délégué de circonscription chez Les Républicains 31. Dans la presse, votre soutien à Alain Juppé a été mentionné dans le cadre des primaires de la droite. Est-ce que vous confirmez ?

Aujourd’hui, ce n’est pas le moment de m’engager pour un candidat. Cela viendra peut-être plus tard, la primaire n’est qu’en novembre. Mais je dois respecter une certaine neutralité en tant que délégué de circonscription, car je ne veux pas influencer les militants.

CV express

Né le 31 juillet 1965

A Saint-Gaudens

Profession : Fondateur de l’entreprise Public Partner, spécialisée en communication publique

Fonctions politiques : conseiller municipal délégué et vice-président de Toulouse métropole en charge du numérique ; maire de quartier (Saint-Cyprien)

Militant LR depuis 2000 (RPR, à l’époque de son engagement, puis UMP)

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