[Interview XXL] Bernard Keller : « Il y a un Blagnac bashing chez les militants PRG »

©Coralie Bombail/JT
©Coralie Bombail/JT

LONGEVITE. Maire de Blagnac depuis 1996, Bernard Keller, est aujourd’hui candidat aux régionales sur la liste menée par la socialiste Carole Delga. En tant que représentant du fief de l’aéronautique, il souhaite participer à la construction de la future grande région. Cette investiture n’était pas souhaitée de tous au PRG 31, mais le patron radical Jean-Michel Baylet en a décidé autrement. Il revient sur les petites tensions internes, qui ne viennent pas perturber ses ambitions pour sa ville.   

Vous êtes candidat aux régionales, sur la liste socialiste, après une investiture interne difficile. Comment expliquez-vous cet épisode ?

La procédure a été conforme aux statuts du PRG : les militants se prononcent pour avis et le bureau national décide. Cela s’est passé comme partout ailleurs. Il était sans doute important d’avoir un représentant de la ville qui porte l’aéroport, le siège d’Airbus, d’ATR… L’aéronautique sera la première industrie de la future grande région. Peut-être que certains souhaitaient un renouvellement. Je ne suis pas le plus jeune, certes, mais pas non plus le moins expérimenté. J’ai été le collaborateur d’Alain Savary, le premier président de la Région Midi-Pyrénées. Il faut bien qu’il y’ait quelqu’avantage à prendre de l’âge !

 

Est-ce que cela révèle des divisions internes au PRG ?

Il y a régulièrement un ‘‘Blagnac bashing’’ au niveau des militants. Cette ville a toujours été un haut lieu du radicalisme dans le département. Mais nous bénéficions de nombreux équipements car le moteur économique est ici ! Mes amis du PRG devraient comprendre que ces équipements profitent au développement de l’ensemble de la métropole toulousaine, du département et de la région !

A Toulouse métropole, certains reprochent aux élus blagnacais d’être parfois plus proches de Jean-Luc Moudenc que du reste de la gauche. Vous avez notamment voté la hausse des impôts…

Les élus de Blagnac à Toulouse métropole représentent Blagnac. Notre priorité est de favoriser la coopération intercommunale pour défendre les intérêts de la ville et de ses habitants, et pas les intérêts politiciens. Concernant les impôts, nous avons souhaité une hausse en deux fois (+ 7,5% sur deux ans) et nous avons posé des conditions, notamment le maintien des investissements. C’est grâce à cela que l’on pourra, j’espère, financer le futur Parc des expositions à Aussonne.

Lorsque Jean-Luc Moudenc a refusé de soumettre au vote un vœu du groupe socialiste sur la question des réfugiés, quasiment tous les élus de gauche ont quitté la salle du conseil communautaire (y compris des élus PRG), mais ceux de Blagnac sont restés à leur place. Pourquoi ?

La gauche, ce n’est pas le suivisme de la gauche toulousaine. Il y’a d’autres élus de gauche qui ne sont pas sortis. Dans cette affaire, ce qui est important, plus que la posture politique, c’est d’être en mesure de recevoir les réfugiés. Nous, les radicaux, avions demandé à ce que ce dossier soit traité au niveau de la métropole en relation avec le préfet, afin que les demandes soient traitées avec cohérence.

« J’ai toujours exprimé mes réserves sur la privatisation de l’aéroport »

Récemment, le PRG 31 s’est prononcé en faveur du Prolongement du métro jusqu’à Labège (PLB), alors que Jean-Luc Moudenc préfère défendre la 3ème ligne de métro, qui doit relier Labège à Blagnac. Quelle est votre position sur le sujet ?

Pensez-vous que le maire de Blagnac, quel qu’il soit, puisse dire non à ce projet qui relie l’aéroport à la gare de Toulouse et au futur TGV ? Je le demande depuis 20 ans ! Cela mérite a minima d’être étudié. Je n’ai rien contre le PLB, au contraire, je ne souhaite pas opposer ces deux projets.

Blagnac est au cœur de l’actualité, avec la privatisation de l’aéroport, quel regard portez-vous sur ce dossier ?

J’ai toujours exprimé mes réserves sur la privatisation de l’aéroport, que je considère comme un équipement de souveraineté nationale. Lorsque nous avons auditionné les repreneurs potentiels, les investisseurs chinois n’étaient pas forcément mes préférés. Mais l’Etat a souhaité faire cette cession, donc aujourd’hui, nous devons être pragmatiques. Le choix de nommer Madame Idrac à la tête de l’aéroport est un bon choix. C’est un gage de leur volonté de travailler avec nous.

Vous parlez des investisseurs chinois, ils pourraient aussi investir dans le futur Parc des expositions, est-ce une bonne idée ?

Lorsque nous les avons rencontrés, nous leur avons demandé s’ils étaient prêts à prendre part à d’autres équipements comme le Parc des expositions. Ils ont répondu oui, mais les discussions sont encore en cours. Rien n’est conclu. L’aéroport est une affaire rentable, il faut qu’une partie des profits réalisés soit injectée dans l’aménagement du territoire.

A Blagnac, vous avez lancé la construction de l’écoquartier Andromède, critiqué par certains de vos opposants, qui soulèvent notamment que ce quartier peine à se développer. Où en est-il ?

La commercialisation de la partie bureaux est quasiment bouclée et déjà plus de 3000 habitants se sont installés dans le quartier. Maintenant, il y a des commerces, deux lycées, une école, des espaces verts… Il est très agréable. L’opposition critique, mais c’est un quartier qui a très majoritairement voté pour moi !

Un de vos opposants, Bernard Loumagne, se présente d’ailleurs aux régionales, sur la liste de Philippe Saurel. Est-ce que vous allez vivre le 3ème tour des municipales ?

Non, ça n’a rien à voir. Chaque élection a sa finalité. Pour les régionales, je pense que tout va se jouer sur la notoriété des têtes de liste et leur projet.

 

 

CV express :

Né le 12 avril 1948

A Luneville

Profession : Salarié d’Airbus à la retraite

Fonctions politiques : Maire de Blagnac, Vice-président de Toulouse métropole

Au PRG depuis : 1997

Signe distinctif : Passionné de vélo

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