jeudi 23 septembre 2021

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Politique Charles Hue « Nous sommes la gauche libre »

[Interview] Charles Hue « Nous sommes la gauche libre »

@Kevin Figuier

Trublion. Il est le fils de… Si durant son enfance et son adolescence, il avoue en avoir souffert, Charles Hue se sent aujourd’hui « libéré », tout en avouant de manière lucide que « la politique est cruelle. » En tant que délégué départemental du MUP (Mouvement Unitaire Progressiste), parti créé par un certain… Robert Hue, il lance la campagne des sénatoriales (Sébastien Nadot est la tête de liste.)

Comment votre mouvement (le MUP, ndlr) se positionne-t-il au sein de la gauche ?

Je vais être honnête : c’est plutôt difficile de répondre à une telle question tant la crise politique du moment me paraît historique. Mais pour être clair, nous sommes à la gauche du PS, tout en revendiquant notre liberté au sein de la majorité gouvernementale. Notre but est de faire de la politique autrement, en faisant confiance à des militants qui ne sont pas élus aujourd’hui. Notre constat est qu’il faut renouveler notre classe politique.

Malgré tout ce qui se passe au sein de l’exécutif, continuez-vous à le défendre ?

Je ne souhaite pas participer au « Hollande bashing » pratiqué à tous les étages. J’assume notre soutien au gouvernement, tout en étant lucide sur les grosses erreurs du moment… Il nous reste trois ans pour réussir et il n’est pas trop tard. Nous continuons donc à proposer des choses, comme par exemple le contrôle des fonds publics. Mais ne jetons pas tout… Je rappelle que ce gouvernement a porté des textes dont nous pouvons être fiers tels le mariage pour tous ou le fait que l’Etat se porte garant pour les logements des étudiants. Ce sont des avancées sociétales notables. J’espère d’ailleurs qu’on y ajoutera prochainement le vote des étrangers aux élections locales.

En étant à la gauche du PS, pourquoi n’êtes-vous pas plus proches des « frondeurs » ?

J’étais à La Rochelle, où j’ai pu échanger largement avec mes amis socialistes. J’y ai vu un parti malade avec des militants qui me disaient « On n’a pas voté pour ça ! » Le malaise est donc clair, net et précis. En cela, la posture des « frondeurs » est compréhensible sur le fond. Reste la réalité politique, et je pense que leur crédibilité risque d’être vite entamée avec le futur vote de confiance au gouvernement (16 septembre, ndlr). Tous ne vont pas s’abstenir ou même voter contre… Ils ne se feront pas hara-kiri.

Mais que n’aimez-vous vraiment pas dans ce gouvernement ?

Manuel Valls qui devant le MEDEF scande : « J’aime les entreprises ! » Et les salariés, il y pense ?

 

« Les frondeurs ne se feront pas hara-kiri »

 

Quel regard portez-vous sur le Front de Gauche, et sur Mélenchon en particulier ?

Avant toute chose, je me refuse d’opposer une gauche à une autre… Mais concernant Jean-Luc Mélenchon, ce qui me dérange profondément dans son discours, c’est qu’à force de « taper » sur le PS et sur la gauche, il en oublie la droite. Je ne m’inscris pas là-dedans. Nous devons reconstruire une grande gauche dans ce pays, en créant des passerelles entre nous et en étant capables de nous parler en nous respectant.

Pourquoi ne pas participer au gouvernement ?

La question s’est posée à nous, vous le savez. Il a été question de l’entrée de Robert Hue au gouvernement. Mais être à l’intérieur, pour quoi faire ? Rappelons-nous de la célèbre phrase de Chevènement : « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. » Or dans notre mouvement, on a fait le choix de la liberté de parole.

Croyez-vous en une crise de régime ?

Elle est là… Nos institutions doivent être revues, et il faut absolument renforcer le pouvoir du Parlement.

Le MUP a fait le choix de présenter une liste aux élections sénatoriales en Haute-Garonne. C’est plutôt une surprise, non ?

Pourquoi ? Au contraire, c’est le MUP qui peut être une surprise… Nous sommes convaincus que nous pouvons être le rempart à la droite qui rêve de trois sièges dans notre département. Dans le marasme actuel du PS, nous sommes l’alternative de gauche différente et libre. D’ailleurs beaucoup de grands électeurs nous encouragent.

Le PS est-il en danger en Haute-Garonne ?

Je suis persuadé que la liste PS-PRG n’aura que deux élus… Leur réservoir s’est considérablement rétréci.

Pourquoi ne pas avoir fait liste commune ?

Nos partenaires de la majorité gouvernementale n’ont pas souhaité travailler avec nous. Ils nous ont peut-être oubliés (rires)… Nos amis socialistes ont sans doute pensé qu’on ne pesait pas grand-chose, mais on a toujours besoin de plus petits que soi. Maintenant nous sommes concentrés sur notre campagne, en proposant une vraie proximité avec les élus et d’en finir avec un bipartisme qui n’amène plus à rien.

 

Mini bio : Né le 15 septembre 1974 à Colombes (92). Il travaille aujourd’hui au sein d’une grande entreprise nationale (RTE EDF) à Toulouse.

Il est le père de deux enfants.

Fonctions : Délégué départemental du MUP, 3e sur la liste des sénatoriales

 

 

Face aux multiples crises, comment retrouver la sérénité ?

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