lundi 30 novembre 2020
Politique Nouvelle Région et nouvelles questions

[Grand angle] Nouvelle Région et nouvelles questions

©Archives JT

DILEMME. Il reste des interrogations suite à la fusion annoncée entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

La fusion entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon est donc en route (le préfet de Midi-Pyrénées Pascal Mailhos est d’ailleurs chargé de préparer le rapprochement), et l’échéance électorale se dessine pour décembre prochain. Nous connaissons même maintenant l’identité des protagonistes principaux : Carole Delga (PS), Dominique Reynié (UMP-UDI), Gérard Onesta (EELV et gauche alternative) et Louis Aliot (FN.) Les jeux sont faits et Toulouse sera la capitale de cette nouvelle entité. Une décision venue d’en haut qui fait grincer quelques dents en Languedoc-Roussillon, car 3000 fonctionnaires pourraient ainsi quitter Montpellier. Il est en effet envisagé que la préfecture, le rectorat ou bien encore l’agence régionale de la santé soient pilotés depuis Toulouse. Il pourrait en être de même pour les chambres consulaires. «Mais tout cela ne veut encore rien dire, et cela ne préfigure en rien de ce qui va se passer en réalité», tempête Jean-Marie Belin, membre du CESER Midi-Pyrénées et leader du courant de François Fillon à Toulouse. Et d’ajouter : «Nous pouvons avoir une capitale régalienne comme Lyon, comme nous pouvons avoir aussi une capitale éclatée avec des pouvoirs partagés.»

« Nous pouvons avoir aussi une capitale éclatée »

Dominique Reynié, tête de liste UMP-UDI pour les Régionales, a même avancé le 5 mai dernier une idée  sur l’antenne de Sud Radio : «L’hôtel de région à Montpellier, la préfecture à Toulouse.» Une idée qui pourrait faire jaser ? «Ce n’est pas une mauvaise idée, pour le politologue et universitaire Stéphane Baumont, car l’hôtel de région est emblématique du côté montpelliérain. A Toulouse c’est un monument architectural d’une tristesse “bunkérisée”. S’il est censé représenter l’âme de notre ville, c’est que cette dernière doit être bien cadenassée …» Derrière cette question du siège de la région se cache également un enjeu économique, car s’il advenait que le siège de la région parte à Montpellier le monde de l’entreprise lié au territoire toulousain aurait peut-être de quoi s’inquiéter : «Les liens avec les services de la Région sont fréquents pour certaines aides. L’éloignement du siège serait sans aucun doute préjudiciable… J’appelle la Chambre de Commerce à bien suivre le dossier», nous confie le dirigeant d’une start-up basée à Labège. En revanche, politiquement l’analyse est différente car selon Stéphane Baumont «il serait sans doute mieux pour Jean-Luc Moudenc que le siège de la Région parte sur Montpellier. Il resterait ainsi le seigneur de son territoire.» Affaire à suivre.

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