lundi 29 novembre 2021

Contact

CultureFrancis Grass : « La mise en valeur des artistes locaux est...

Francis Grass : « La mise en valeur des artistes locaux est l’une de nos priorités »

 

Mise au point. L’adjoint au maire de culture, Francis Grass, vient de traverser la polémique sur la Fête de la musique organisée à Toulouse. Il souhaite tourner la page de cet épisode et revient sur les enjeux de la politique culturelle qu’il mène depuis 2014. Le principal objectif étant de trouver une véritable identité toulousaine en la matière.

Les accréditations pour le concert de la Fête de musique ont toutes été attribuées. Fin de la polémique ?

Oui, les places ont été distribuées en quelques heures. Nous avons reçu de très nombreux soutiens sur le système d’accréditation que nous avons mis en place pour des raisons de sécurité. Chacun comprend cet enjeu aujourd’hui. Le sujet est clos. La Fête de la musique, ce n’est pas que ce concert place du Capitole, mais toutes les représentations dans les quartiers de la ville.

 

Y’a-t-il eu des tensions internes au Capitole autour de l’organisation de cet événement, notamment sur la question du coût supporté par la ville ? Selon un article de la Dépêche du Midi, certains auraient eu des craintes que la polémique qu’a connue Nice (qui a versé 350 000€ à la société productrice) se reproduise à Toulouse…

Il n’y a eu aucune tension. La mairie apporte le dispositif technique et assure la logistique du concert. Je ne connais pas le montage financier, mais ce qui est important, c’est de montrer la vitalité de Toulouse et de sa culture.

 

Pourtant, la programmation de ce concert met en avant des têtes d’affiche nationales et non des artistes locaux. Est-ce que vous avez pu influer sur la programmation ?

Le concert de la place du Capitole est produit par France 2, nous sommes peu maîtres là-dessus. Pour tous les autres concerts, il s’agit d’initiatives individuelles. La programmation est par conséquent très large et ouverte aux nombreux artistes toulousains. La mise en valeur des artistes locaux est l’une de nos priorités. Pour exemple, nous avons adhéré au mouvement Café culture, qui favorise l’émergence de nouveaux talents locaux. Par ailleurs, nous avons nommé des artistes toulousains de renommée internationale à la tête du théâtre Sorano, du théâtre de la Digue et du Centre chorégraphique.

 

Les acteurs du milieu culturel ont parfois l’impression d’être « une variable d’ajustement budgétaire ». Que répondez-vous à cela ?

Ce sont des commentaires qui ne sont pas bienveillants… Pourtant le budget culturel fait partie des deux premiers budgets de la ville avec l’éducation. Ce qu’on dépense par habitant à Toulouse pour la culture, est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Grâce à ce budget, nous avons pu maintenir des projets, comme le Quai des savoirs, qui fonctionne très bien, et la Piste des Géants qui doit ouvrir en 2018.

 

Deux projets qui ont été initiés par l’ancienne majorité. Quels sont les projets phares prévus pour ce mandat ?

Tout d’abord, ces deux projets n’ont pas été lancés sous Pierre Cohen. Le Quai des Savoirs a été initié sous Jean-Luc Moudenc en 2006, lorsqu’il a fait inscrire la rénovation des l’ensemble des bâtiments de l’université au plan État Région. Le projet s’appelait à l’époque le Quai des sciences. L’équipe de Pierre Cohen a bénéficié de cela et a réalisé les travaux. Puis nous l’avons et ouvert et nous le faisons fonctionner. Quant à la Piste des Géants, le projet de mémoire autour de l’aéronautique date également du précédent mandat de Jean-Luc Moudenc. Pierre Cohen l’a gelé pour développer La Machine. Nous avons décidé de réaliser les deux projets. Par ailleurs, les études sur l’auditorium enterré à Saint-Michel sont en cours, et les premières conclusions confirment que sa réalisation est faisable. Le projet d’inscrire Toulouse au patrimoine mondial de l’UNESCO est également un programme d’ampleur, sur lequel je travaille avec ma collègue Annette Laigneau en charge de l’Urbanisme.

De manière plus globale, notre objectif est de mettre en avant tout l’écosystème autour de la culture scientifique, qui se compose du monde universitaire, des laboratoires techniques et de l’industrie. C’est un écosystème unique en France. Avec la Cité de l’espace, le Muséum d’Histoire naturelle, le musée Aéroscopia, le Quai des Savoirs et bientôt la Piste des Géants, nous disposons d’une offre incomparable à Toulouse. Cela doit devenir une force.

 

« Notre objectif est de mettre en avant tout l’écosystème autour de la culture scientifique »

 

Le festival WOPS ne verra pas le jour cette année, faute de subventions publiques, selon les organisateurs. Que s’est-il passé avec la mairie de Toulouse ?

Il faut rétablir la vérité sur ce festival. Ils ont effectivement demandé une subvention à la mairie de Toulouse et nous n’avions pas encore répondu lorsqu’ils ont annoncé l’arrêt de l’événement. Il faut également préciser que l’an dernier, ils ne nous ont rien demandé.

 

En ce qui concerne le Printemps du rire, la municipalité a décidé en 2015 de ne plus subventionner ce festival. Pourquoi ce choix ?

Nous avons souhaité financer un nouveau festival, Les Fous rires de Toulouse, qui a rencontré un grand succès. Ce festival, lancé par les Chevaliers du Fiel est plus populaire, plus proche de Toulouse. Nous avons proposé aux organisateurs du Printemps du rire de s’associer à ce projet, mais ils n’ont jamais accepté de travailler avec nous, malgré mes nombreuses relances.

 

Sur quels critères sont décidées les subventions allouées aux projets culturels ?

C’est toujours difficile, car ce n’est pas un calcul mathématique. Les services instruisent les demandes en tenant compte de deux principaux points : la solidité de la structure et la qualité du projet artistique. Ils s’appuient sur différents experts pour mener ce travail d’analyse. Rien n’est décidé à la légère.

 

CV express :

Né le 4 aout 1949

À Paris

Profession : Ingénieur, dirigeant d’entreprise

Fonctions politiques : adjoint au maire de Toulouse en charge de la Culture et président de la commission culture à Toulouse métropole

Élu membre de la société civile

 

 

 

Face aux multiples crises, comment retrouver la sérénité ?

Écrivez à la rédaction !

Témoin d'un événement d'actu ?
Une info ou un avis à partager ?

spot_img

Les plus lus de la catégorie

spot_img