Francazal : Vers une reconversion axée sur l’innovation et le loisir

Grand angle Francazal @Franck Alix

Perspectives. A Cugnaux, 38 ha du site de Francazal restent désaffectés depuis que l’Etat a rebouté tous les projets du dernier appel d’offre. Entre temps la municipalité a basculé. Quel avenir pour cette ancienne base militaire ?

Plusieurs porteurs de projet lorgnaient le terrain… On a beaucoup parlé de Bruno Ganja et son «Hollywood sur Garonne». Lui comme les autres n’ont pas passé le stade de l’appel d’offres en décembre 2012. Depuis, rien ne bouge ou presque sur le site de Francazal. Une certitude tout de même dans ce dossier : la SNC Lavalin a obtenu la concession pour 45 ans d’une partie du terrain, qui correspond à l’aérodrome. Son activité est essentiellement basée sur les vols d’affaire et la maintenance aéronautique. A côté de cela, reste 38 ha à occuper, dont 13 vont être rattachés à l’aérodrome. Alain Chaléon (Modem), maire de Cugnaux élu en mars dernier, planche sur le sujet : « On ne peut pas désolidariser l’aéroport du reste du site, où l’on trouve déjà une entreprise de conception de drones», estime-t-il. En ce sens, il propose l’arrivée d’autres entreprises de haute technologie, « qu’il faudra démarcher », mais également « d’ouvrir le lieu sur Cugnaux ». Sur ce dernier point, il prévoit de casser le mur d’enceinte qui entoure le site afin d’installer des « activités de restauration et de loisirs pour que le lieu vive pleinement ». Dernier volet de son projet, « développer un axe de transport entre Cugnaux et Portet sur l’ancienne voie ferrée, qui serait une ébauche d’un axe ouest pour relier les villes périphériques de ce secteur entre-elles », précise le maire. Les projections avancent mais la mairie de Cugnaux n’est pas seule décisionnaire sur le dossier. Un comité de pilotage, dont elle est partie prenante, rassemble la préfecture, Toulouse Métropole et les villes environnantes. Alain Chaléon a déjà exposé son projet à la plupart de ces acteurs « et tout le monde est à peu près d’accord sur les grandes lignes », assure-t-il. Par qui sera-t-il mis en œuvre ? C’est la grande question. Pour le maire de Cugnaux, c’est clairement « un projet qui doit être porté par Toulouse Métropole ». Dans ce cas, il se pourrait même qu’il n’y ait pas un nouvel appel d’offre « mais qu’on s’achemine vers une solution plus souple. » La préfecture ne divulgue aucune information sur le sujet : « A l’heure actuelle, la procédure et le calendrier concernant Francazal ne sont pas encore arrêtés », nous dit-on. Tout cela devrait se déterminer « d’ici la fin de l’année, pour pouvoir commencer les travaux rapidement », espère Alain Chaléon, qui doit en attendant composer avec un autre acteur du dossier, le Collectif Francazal. Une association qui milite pour la fermeture de l’aérodrome en invoquant les nuisances sonores pour les riverains. Sur la partie inoccupée, leur seule revendication est d’éviter la construction d’habitations « en raison du bruit engendré par la piste », explique Bernard Gineste, président du Collectif. Pour le reste, il espère toujours la fermeture de la piste, malgré la concession de 45 ans accordée à SNC Lavalin : « Les politiques peuvent changer d’avis, car, si comme on le craint, les nuisances augmentent, la population va se réveiller. » Si les rapports avec la nouvelle municipalité semblent bons, le collectif ne compte visiblement pas abandonner son combat.

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