[Dossier] UDI, le début de la fin ?

Dossier caricature jtoul-16-02-25

Choix. Dans moins d’un mois, l’UDI va devoir déterminer sa position pour les élections présidentielles. Un débat qui va se dérouler dans chaque fédération. À Toulouse, les avis sont partagés, entre la peur d’être ridicule et la peur de disparaître…

 

L’UDI va devoir sauver sa peau. Le 20 mars prochain, l’union des chapelles centristes décidera son positionnement vis-à-vis de la primaire de la droite, et donc des présidentielles. Avant cela, les adhérents sont appelés à voter par voie électronique pour donner leur avis entre les différentes options envisagées : présenter un candidat à la primaire ; présenter un candidat en dehors de ce processus ; ou soutenir un candidat républicain, qui représentera le centre (très probablement Alain Juppé). La fédération de Haute-Garonne a commencé à recenser les avis de ses adhérents par voie de consultation écrite, et un débat est prévu début mars sur ce sujet hautement stratégique. « Pour l’instant, il semble qu’une candidature indépendante de l’UDI en dehors de la primaire soit la position la plus défendue localement », selon Sylvie Brot, militante UDI et organisatrice du débat. Une position assez paradoxale en terres toulousaines où l’UDI est très proche des Républicains. « C’est étonnant de voir que les personnes les plus proches de Jean-Luc Moudenc préfèrent la version de l’UDI indépendante », soulève un autre militant. L’adjoint au maire de Toulouse, Jean-Jacques Bolzan, en est le meilleur exemple : « Je suis pour un candidat du centre aux présidentielles hors primaire, il faut qu’on est notre projet si on veut exister », tranche-t-il, « et on verra par la suite comment travailler avec la personne qui sortira des primaires. » Juppé n’aurait-il pas la cote chez les centristes toulousains ? « Soutenir Alain Juppé, c’est risqué, on a vu ce qui s’est passé avec Édouard Balladur soutenu par le centre en 1995… » argumente Frédéric Lacaze, président de la FED 31 (Force européenne démocrate, une des composantes de l’UDI).

« Pour l’instant les instances nationales ne sont pas en ordre de marche »

Pourtant, certains vont jouer la sécurité en se rangeant derrière le maire de Bordeaux : « Il reste le plus proche de nos propositions, sachant que nous n’avons pas un candidat présidentiable », estime Sylvie Brot, qui tient néanmoins à rester neutre dans ce débat. Le président de l’UDI 31 est également prudent : « Si on y va de manière indépendante, il va falloir proposer un vrai projet et pour l’instant les instances nationales ne sont pas en ordre de marche », estime-t-il, « la deuxième question sera de savoir qui on présente pour ne pas être ridicule… » L’autre argument des pro-juppéistes est le risque du FN au second tour, qui est d’autant plus grand si les voix de droite s’émiettent entre Républicains et centristes. Mais l’UDI est sortie affaiblie des élections régionales. L’accord avec les Républicains a été difficile, le président du mouvement Jean-Christophe Lagarde a été inaudible dans l’entre-deux tours, et peu d’élus UDI sont entrés dans les Régions. Pour certains, le fait de ne pas présenter de candidat aux présidentielles pourrait être « l’arrêt de mort » de la formation. Une autre considération va se coupler à ce débat au niveau de la fédération locale : les élections internes. « C’est un enjeu lié aux primaires et aux législatives, car il faut que le prochain leader de l’UDI 31 soit un indépendantiste capable de tenir tête aux Républicains afin de gagner des circonscriptions », prône Sylvie Brot.

« Il faut créer l’UDI 31, qui n’existe pas à ce jour »

Indépendantiste, mais trop tout de même. Aujourd’hui, la fédération souffre de la rupture consommée entre ses dirigeants et Jean-Luc Moudenc. Le futur président devra être « un moudenco-compatible », pour Jean-Jacques Bolzan. « Dans notre région, nous n’avons pas le choix de l’union, et la grosse majorité des militants UDI travaillent déjà avec les Républicains », ajoute Frédéric Lacaze. Le sortant Jean Iglésis ne souhaite pas encore communiquer sur sa candidature, mais le clan Bolzan / Lacaze, échaudé par les dernières élections, voit d’un très mauvais œil cette éventualité : « Aux régionales, nous avons fait une campagne de bric et de broc, sans le soutien de l’appareil pour la liste d’union LR/UDI/Modem », se plaint Frédéric Lacaze, qui se rappelle également des municipales de 2014 « où Jean Iglésis avait louvoyé entre Christine de Veyrac et Jean-Luc Moudenc ». Pour Jean-Jacques Bolzan, il est de temps de « créer l’UDI 31, qui n’existe pas à ce jour, avec une vraie stratégie pour les élections à venir. » Ce dernier, qui vient d’être élu à la tête du PRG 31, pourrait être candidat. Il affirme pourtant que « le leader de la fédération UDI ne doit pas être le président d’une des sous-composantes, sauf si celui-ci démissionne de la présidence de sa chapelle. » Rien n’est exclu. Parmi les autres prétendants possibles, on compte également Hervé Boco, fraîchement élu à tête du Nouveau centre 31. Les adhérents directs (ceux qui ont adhéré directement à l’UDI et non à une chapelle) souhaiteraient être également représentés. « Ce pourrait être le sénateur Pierre Medevielle, qui vient de quitter le Parti radical et qui pourrait être intéressé », confie Sylvie Brot, « ou encore Jean-Marc Dumoulin, le maire de Villemur, il a une grande expérience », propose l’adhérente directe. Les élections internes devraient se tenir en mai prochain. Les mois à venir vont être déterminants pour la famille centriste.

 

 

Calendrier :

Du 13 au 18 mars : les adhérents de l’UDI sont appelés à voter pour choisir la position du mouvement pour les présidentielles.

20 mars : Congrès de l’UDI pour définir la stratégie choisie.

Courant mai : Élections internes de l’UDI (date exacte non fixée)

20 et 27 novembre : Primaires de la droite

 

 

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Avant tout, je remercie le Journal Toulousain de m’avoir donné la parole.
    Simple militante, j’ai été surprise d’être propulsée au coeur de cet article.
    Je tiens à préciser, qu’en ma qualité d’organisatrice du débat de l’UDI 31, j’avais demandé que ma neutralité soit respectée.
    Maintenant, à nous tous, adhérents UDI de débattre et de décider ensemble de la stratégie de notre famille politique pour 2017 !
    Sylvie Brot

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