[Dossier] Législatives 2017 : la bataille commence  

SYL jtoul-16-06-16Stratégies. Les élections législatives, qui se dérouleront les 11 et 18 juin 2017, sont déjà dans toutes les têtes. Les fédérations locales commencent à établir le casting potentiel pour les dix circonscriptions de la Haute-Garonne. Une équation à multiples inconnus…

 

Les Républicains ont lancé les hostilités. Les candidats investis en Haute-Garonne pour les élections législatives de 2017 ont été révélés le 7 juin dernier. Le casting concocté par la présidente de la fédération Laurence Arribagé et validé par la commission nationale d’investiture comporte quasiment que des nouvelles têtes sur cette élection. « C’est un signe de renouveau, et en même temps ils sont tous l’expérience du terrain et des campagnes électorales ; il ne faut pas oublier que nous sommes en reconquête et que nous ne sommes jamais favoris sur ces terres », prévient Laurence Arribagé. Seul rescapé de la liste des candidats de 2012, Bertrand Serp, élu au Capitole et vice-président de Toulouse métropole. Ce dernier s’apprête à rejouer le match face à la sortante Martine Martinel (PS), sur la 4e circonscription. Sans surprise, la sortante Laurence Arribagé se présente à sa succession sur la 3e. Mais un futur accord avec l’UDI pourrait bousculer quelques candidats.

 « Nous ne sommes jamais favoris sur ces terres »

« Nous sommes en train d’établir une pré sélection des candidats sur les 10 circonscriptions, ensuite on se rapprochera des Républicains », explique Pierre Médevielle, nouveau président de l’UDI 31. Il espère pouvoir décrocher « 3 circonscriptions dans l’idéal, cela correspondrait au quota de 30% retenu pour les régionales ». La maire UDI de Saint-Orens, Dominique Faure serait ainsi pressentie sur la 10e, et la conseillère départementale de Saint-Gaudens Céline Laurenties, sur la 8e.  Pierre Médevielle signale également la candidature de Jean-Marc Dumoulin, maire de Villemur-sur-Tarn, comme possible sur la 5e. Mais il y a peu de chance que l’UDI obtienne 3 circonscriptions. « Ils ont 300 adhérents à jour de cotisation en Haute-Garonne, alors que nous avons 3600, on est donc sur un ratio de 1 sur 10 », affirme la présidente des LR 31, « ce qui reviendrait à une circonscription pour l’UDI, ou deux dans le meilleur des cas ». Elle devrait rencontrer Pierre Médevielle d’ici la fin du mois pour en discuter, mais l’accord se décidera au niveau national.

Reste le mystère de la 9e circonscription. Pour l’instant, elle n’est pas attribuée, mais devrait être réservée à une femme. « Nous avons encore une incertitude sur ce territoire, il est compliqué car c’est la circonscription de Christophe Borgel, porte drapeau du PS, il nous faut une femme de poigne », indique Laurence Arribagé. Élisabeth Pouchelon, ancienne candidate sur ces terres « n’a pas souhaité se représenter, sinon il n’y aurait eu aucun débat », assure-t-elle. Christophe Borgel est cité comme un des candidats possibles pour les prochaines municipales Toulousaines. « Jean-Luc Moudenc ne veut pas placer un élu municipal en face, qui essuierait certainement un échec », indique une source proche de la fédération.

 

Le casse-tête pour le PS

Le Parti socialiste n’est pas soumis au même calendrier que Les Républicains. Celui-ci sera d’ailleurs voté au bureau national de samedi prochain à Paris. Selon toute vraisemblance, les appels à candidatures seront ouverts à la rentrée, pour une désignation à l’automne et une validation des investitures début décembre. Les impératifs sont différents pour les socialistes qui comptent 9 sortants sur les 10 circonscriptions. Parmi eux, trois ne se représenteront pas : Françoise Imbert sur la 5e, Patrick Lemasle sur la 7e et Carole Delga sur la 8e. Les rumeurs concernant le départ de Gérard Bapt, élu depuis 1978 sur la 2e circonscription, ne se confirment pas à ce jour. Pourtant, certaines ambitions se font déjà connaitre sur ce territoire. Jean-Paul Makengo, ancien élu de Pierre Cohen et ex conseiller régional, a déjà fait savoir qu’il souhaitait se présenter à l’investiture socialiste. Le PS va également devoir résoudre le problème de 6e circonscription où est élue Monique Iborra.

« A priori on va investir 10 candidats socialistes »

La députée est sous le coup d’une procédure disciplinaire au sein du PS pour avoir soutenu le maire de Montpellier Philippe Saurel lors de la campagne des régionales. « Nous avons saisi la commission nationale des conflits pour que des sanctions soient prises, c’est une question de bon sens », affirme Sébastien Vincini, premier secrétaire fédéral du PS 31, qui précise avoir le soutien « des 12 autres fédérations socialistes dans la région LRMP ». La commission devrait rendre son avis en juillet prochain. « La sanction ne sera pas forcément une exclusion, ce peut être une suspension, une mise en garde, un rappel à l’ordre, les procédures sont variées », rappelle Sébastien Vincini. En attendant, la députée poursuit son travail de parlementaire, et a pris une place de choix dans les débats sur la loi Travail en étant nommée responsable du projet de loi pour le groupe PS de l’Assemblée nationale. L’occasion de réaffirmer son soutien au gouvernement sur ce dossier épineux. L’élue n’aura certes pas l’appui des instances locales en cas de candidature à l’investiture, mais au final, Paris aura le dernier mot.

La dernière question concerne les éventuels accords avec les partenaires de gauche. « Les fédérations n’ont pas la main là-dessus, d’habitude nous sommes invités à discuter avec les autres partis de gauche, mais nous n’avons reçu aucune instruction du national donc a priori on va investir 10 candidats socialistes », explique Sébastien Vincini. Pourtant, certains auraient imaginé que la 3e circonscription serait réservée à un partenaire (certainement le PRG), car considérée comme perdue face à la sortante Laurence Arribagé. « Ce n’est pas prévu à ce stade », infirme le premier secrétaire fédéral du PS 31.

Quelques pronostics…

L’exercice des pronostics est difficile aujourd’hui car deux événements nationaux seront déterminants : les primaires de la droite en novembre prochain et les présidentielles en avril 2017. Même en cas d’alternance, la Haute-Garonne reste un territoire compliqué pour la droite. Les sortants Catherine Lemorton, Gérard Bapt, Martine Martinel, Christophe Borgel seront durs à détrôner. Sans oublier le FN qui sera au rendez-vous dans toutes les circonscriptions : « Nous progressons d’élection en élection, même sur Toulouse comme on l’a vu aux dernières départementales », rappelle Julien Léonardelli, secrétaire départemental du FN 31. Mais le parti frontiste pourrait surtout scorer sur les circonscriptions rurales, comme la 8e (dans le Comminges) et la 5e (Nord du département) où Julien Léonardelli pourrait être lui-même candidat. « S’il y a des divisions internes au PS sur la 2e et la 6e (les circonscriptions de Gérard Bapt et Monique Iborra), cela pourra nous profiter », estime Laurence Arribagé. La 10 serait également considérée comme ‘‘gagnable’’ par la droite, qui devra affronter un Kader Arif affaibli par des affaires judiciaires en cours. La vague bleue est loin d’être acquise. Mais ils leur restent un an de campagne devant eux. Top départ.

 

Les députés sortants :                                                                                Candidats LR

1ère circonscription : Catherine Lemorton (PS)                    François CHOLLET

2e circonscription : Gérard Bapt (PS)                                     Christine GENNARO-SAINT

3e circonscription : Laurence ARRIBAGÉ (LR)                    Laurence ARRIBAGÉ  

4e circonscription : Martine Martinel (PS)                            Bertrand SERP

5e circonscription : Françoise Imbert (PS)                            Xavier SPANGHERO

6e circonscription : Monique Iborra (PS)                              Damien LABORDE

7e circonscription : Patrick Lemasle (PS)                              Françoise BORRET

8e circonscription : Carole Delga (PS)                                   Nicole DORO

9e circonscription : Christohe Borgel (PS)                            Inconnu (réservée à une femme)

10e circonscription : Kader Arif (PS)                                     Arnaud LAFON

          

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