[Dossier] Fusion des régions : et après ?

SYL jtoul-15-08-06Répartition. Cette fois-ci c’est officiel Toulouse sera capitale de la future grande région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon. Après plusieurs semaines de concertations les directeurs régionaux préfigurateurs ont annoncé les premières clefs de la réorganisation. Concrètement quelles seront les conséquences ?

Toulouse accueillera la préfecture de la future grande région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées. Une annonce qui n’étonne pas vraiment. Pourtant la question avait largement été posée puisque la future grande région est la seule qui compte deux métropoles de taille majeure (Toulouse 4ème ville de France et Montpellier 8ème au même classement). Depuis le mois d’avril, quand la préfiguration a commencé, des velléités avaient ponctué l’attente des décisions et les personnels territoriaux n’ont pas non plus caché leurs angoisses. Il faut dire que Midi-Pyrénées était déjà vaste et que la nouvelle région s’étendra sur pas moins de 72 700 km2. Chacun s’est donc imaginé prendre l’A61 chaque jour le baluchon sur l’épaule… Pascal Mailhos, préfet préfigurateur, désigné en avril dernier par le gouvernement pour proposer une nouvelle organisation de l’Etat, s’est concerté avec les organisations syndicales pour élaborer le fonctionnement à venir et s’est largement prononcé en faveur d’un « équilibre entre les deux villes pour maintenir l’emploi public ».

Toulouse accueillera en sus du Conseil régional, et de la préfecture, les sièges des trois directions régionales en charge de l’agriculture (la Draaf), de l’environnement (la Dreal), de l’aménagement et du logement ainsi que des entreprises (la Direccte), de l’INSEE et des finances publiques. Quant à Montpellier, elle sera la ville de l’Agence régionale de santé (ARS), de la direction régionale des affaires culturelles (Drac) ainsi que de la direction régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (voir carte). Elle accueillera en outre la chambre régionale des comptes. « Toulouse est choisie comme capitale, c’est la ville la plus peuplée, c’était le contrat initial, il n’y a pas vraiment de surprise », rappelle Pascal Mailhos interrogé sur le sujet, « Je rappelle qu’il y a 5000 agents de l’Etat dans la région, 2700 à Toulouse (soit 55%) et 2300 à Montpellier (soit 45%). J’ai proposé que cette clef soit maintenue, elle le sera, il y aura peu de passage d’une ville à l’autre. Moins de 200 mutations. » Dans les faits la direction des services aura donc une base, Toulouse ou Montpellier et des antennes éparpillées dans la région. Un enjeu particulièrement fort qui tend à : « renforcer le mutualisme aussi dans le département pas seulement dans la région. On veut mettre des compétences au niveau du département. » La baisse des effectifs concerneraient « pour 2/3 les effectifs régionaux et pour 1/3 les effectifs départementaux et les départements pourraient se voir confier de nouvelles fonctions. » Ce sont finalement 200 postes qui seront concernés par des mutations : « ils seront définis au fur et à mesure. On va étudier les organigrammes, faire un appel à candidatures… Il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Ne l’oublions pas, le défi est énorme à relever. Cela ne va pas se faire comme ça », rappelle Pascal Mailhos.

« 200 postes concernés par des mutations »

L’éducation aura un fonctionnement un peu en marge puisqu’il n’y aura pas de fusion, mais la création d’un recteur de région académique (la rectrice actuelle de Montpellier), chaque recteur restant chancelier d’académie. L’ARS fait, elle, partie des services dont le siège quitte la ville rose pour Montpellier : « Au 1er janvier les deux établissements vont disparaitre au profit d’une nouvelle entité qui sera un seul établissement public », précise Monique Cavalier, directrice de l’ARS Midi-Pyrénées et préfiguratrice. Pourtant chaque département gardera une délégation départementale, soit 13 au total pour la nouvelle grande région. « Le gros changement c’est le départ de l’équipe de direction vers Montpellier, ensuite il va falloir travailler à une nouvelle complémentarité car aujourd’hui les deux sièges (Toulouse et Montpellier) ont un fonctionnement identique…mais on va faire en sorte que les volumes d’effectifs restent à peu près stable. »  Elle convient que des inquiétudes sont partagées dans les couloirs, particulièrement concernant l’étendue de la région… « On va user et abuser des systèmes mis à notre disposition : gestion électronique de documents, visio-conférence, télétravail, etc. Mais pour autant je tiens à ce qu’on continue à se connaitre et à avoir des temps de présence ensemble. » L’organigramme côté ARS devrait être connu à la rentrée pour que : « chacun ait connaissance de son affectation à l’automne ». La fusion ne fait que commencer et tout reste clairement à construire, malgré les inquiétudes des uns et réticences des autres. D’autant que les élections régionales approchant (6 et 13 décembre 2015), tout ou presque devient un enjeu de taille dans la course au « graal Midi-Roussillon ». Chacun met un point d’honneur à rassurer ses troupes et à annoncer se battre pour un équilibre entre Toulouse et Montpellier… N’oublions pas que lors de l’annonce de Toulouse comme capitale régionale, administrative et politique, le maire de Montpellier et candidat aux élections avait réclamé une « compensation financière » pour la ville et avait juré de se battre dans ce sens. La campagne s’annonce rude.

 

Carte d’identité de la région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon

Population : 5 724 000, soit 8.7% de la population nationale

PIB régional : 150 milliards d’euros soit 7,2 % du PIB hexagonal

La future région s’étend sur 72 700 km2 et compte 13 départements.

3ème région de France en nombre de monuments historiques

10ème région la plus peuplée d’Europe

19ème région d’Europe pour son niveau de PIB

 

La répartition des services en bref :

Toulouse, Capitale régionale administrative et politique :

DRAAF (alimentation, agriculture, forêts)

DREAL (environnement)

DIRECCTE (entreprise, emploi)

INSEE

Finances publiques

Direction générale de Pôle Emploi

 

Montpellier, Rectorat coordinateur :

ARS (Agence régional de santé)

Drac (Culture)

Chambre régionale des comptes

Direction générale de la jeunesse et des sports

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