[Dossier] Elections régionales : c’est parti !

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Gong. On y est. La campagne des régionales qui se prépare depuis des mois entre dans le dur. L’été n’a pas été exempt de polémiques sur le sujet, mais aujourd’hui l’enjeu est de capter véritablement l’attention de la population sur cette échéance.

 

Carole Delga sur le pont

La candidate socialiste a entamé cette rentrée avec l’évènement ‘‘Tous sur le pont’’ le week-end dernier. Près de 15 000 militants, selon les chiffres du staff de campagne, se sont mobilisés sur l’ensemble du territoire de la future Région pour une opération de tractage massif. Une véritable démonstration de force du PS : « On s’appuie à la fois sur une base militante importante et sur l’ancrage de nos élus locaux, c’est notre ADN », résume Karine Traval-Michelet, directrice de campagne de Carole Delga et maire de Colomiers. Objectifs, « informer les gens sur la tenue des élections en décembre, faire connaitre notre candidate ainsi que les outils participatifs que nous avons mis en place », détaille-t-elle. Prochaine date importante, le dimanche 13 septembre, en Lozère où Carole Delga rassemblera tous les élus de la future région pour annoncer un ‘‘Pacte pour l’hyper-ruralité’’. Le programme dans son entier sera révélé d’ici mi-octobre : « Il s’appuiera sur les deux bilans très positifs des deux Régions, sur les groupes de travail thématiques et sur les participations des citoyens ». Le site internet participatif de Carole Delga permet, en effet, de recevoir des propositions pour le programme. « Les gens peuvent également déposer une idée au local de campagne ouvert à Toulouse », précise Karine Traval-Michelet. Quelle différence avec les autres sites participatifs (Ceux du Projet en commun et de Philippe Saurel) ? « La responsabilité », répond-t-elle, « nous n’allons pas dire ‘‘oui oui’’ à toutes les propositions mais les analyser par rapport aux compétences de la Région, à nos valeurs et aux considérations financières ». Carole Delga ne pouvait pas ignorer cette ‘‘tendance citoyenne’’ qui marque cette campagne mais reste tout de même sur une méthode de travail traditionnelle. Reste la question de la liste définitive qui devra intégrer le PRG et des gens issus de la société civile : « Nous sommes encore en discussion avec des formations de gauche, le MRC notamment, pour construire le rassemblement le plus large possible. » La liste devrait être connue d’ici la fin du mois de septembre.

Dominique Reynié à son rythme

Du côté de Dominique Reynié, candidat républicain, sa rentrée politique a été marquée par une grande réunion de militants et d’élus, en présence de Jean-luc Moudenc : « En réalité, ce n’est pas une rentrée car je ne me suis pas arrêté », précise-t-il, « cette réunion était à l’origine une rencontre avec des militants républicains, on devait être 60 personnes et on a fini à 500 ! » L’évènement a bénéficié d’une couverture médiatique grâce à une annonce forte du candidat : la sécurité sera un grand thème de son programme. Effet surprise garanti. Il s’empare là d’un sujet qui n’est pas une compétence régionale mais se défend de toute « droitisation » de la campagne : « Ce n’est pas parce qu’on parle sécurité, qu’on va chasser sur les terres du Front national, sinon cela signifie qu’on ne peut plus en parler du tout. La hausse de l’insécurité est un problème dont on me parle tous les jours, il faut savoir y répondre en tant que républicains. » Le candidat va dévoiler son programme « chapitre par chapitre » : « Je veux prendre le temps d’expliquer chaque thème au lieu de tout annoncer en bloc et passer à autre chose. » Le prochain temps fort de la campagne sera une réunion publique à Ainay le Château (en Aveyron) le 18 septembre, où il annoncera un autre axe de son programme. Dominique Reynié s’est entouré de Marc Ivaldi, chercheur à TSE (Toulouse School of Economics) « qui a accepté d’être le coordinateur du projet ». Pour la constitution de sa liste, il ne compte pas non plus se presser : « Nous sommes en train de finaliser l’accord avec le Modem, mais c’est compliqué de lui trouver une réalité sur les 13 départements, c’est un jeu de Rubik’s Cube! De toute façon, nous avons jusqu’au 9 novembre pour déposer la liste, je ne vois pas de raison de se précipiter. »

 

Louis Aliot entre (enfin ?) en campagne

Haut dans les sondages, le candidat Louis Aliot, est attendu à Toulouse cette fin de semaine afin de « rencontrer la presse locale », affirme Julien Léonardelli, secrétaire départemental du FN 31. Une entrée en campagne tardive par rapport aux autres candidats : « Il était décidé depuis le départ de commencer la campagne en septembre, pendant l’été, les gens ont autres choses à penser qu’à la politique », explique-t-il, « ceux qui ont un nom à se faire ont dû commencer plus tôt… » Il est vrai que Louis Aliot est apparu dans un sondage comme le candidat le plus connu sur les deux régions. Va-t-il pour autant se dispenser de mener campagne ? « Il y aura différentes visites dans toute la région mais aussi des réunions publiques, avec le travail de terrain nos scores dans les sondages ne peuvent qu’augmenter », répond Julien Léonardelli. Lui-même a commencé depuis le début du mois à se rendre sur les marchés prendre la température… A la fédération, il se charge de recueillir toutes les candidatures pour la liste : « Nous n’aurons aucun souci pour le constituer, nous y sommes bien arrivés pour les départementales donc on est large ». Quant au programme, il est « en cours d’élaboration ».

 

Gérard Onesta, Eric Piole et « la folie du monde »

L’actualité est chargée pour « Le Projet en commun ». Initiative qui se veut citoyenne, soutenue par les Verts, le Parti de gauche, les communistes, et le Parti occitan. La plateforme web participative, mise en ligne avant l’été, a récolté près de 400 contributions pour constituer le projet de cette liste atypique. Lundi soir dernier, deux réunions organisées simultanément à Toulouse et Montpellier ont débriefé les propositions : « Près de 500 personnes y ont participé, c’est vraiment extraordinaire», s’enthousiasme Gérard Onesta, chef de file EELV. Il en ressort quatre textes thématiques et une charte d’éthique. « Nous sommes en train de trouver l’antidote à la folie du monde ! » s’emballe-t-il. Aujourd’hui le défi est de «transformer cette dynamique de projet en dynamique de campagne ». Prochains rendez-vous les 19 et 20 septembre : « Les citoyens non encartés et l’ensemble des formations politiques qui soutiennent le projet, vont valider les textes thématiques, l’équilibre de la liste et la tête de liste ». L’écologiste, pressenti pour être tête de liste, affirme que rien n’est joué : « Nous nous sommes jurés de ne pas parler de places avant la réunion de lundi soir, nous sommes en train de montrer qu’une alternative réelle et crédible peut voir le jour, vous voyez ce que ça veut dire pour 2017… Alors tout le monde met son égo de côté y compris moi ! » Alors que d’autres candidats surfent également sur le mode participatif, Gérard Onesta veut clarifier les choses : « Chez nous, tout est transparent, il est même possible de candidater sur notre plateforme, ça n’a rien à voir avec ceux qui nomment leurs candidats tout seul dans leur coin. » Il en profite pour annoncer la venue d’Eric Piole, maire de Grenoble, lors d’un prochain meeting : « Beaucoup de gens se revendiquent du mouvement de Grenoble, on verra qui Eric Piole viendra soutenir… »

 

Philippe Saurel joue au plus fin

Le maire divers gauche de Montpellier, Philippe Saurel, a entamé un tour des départements pour présenter ses têtes de liste : « J’en suis à six sur treize, j’en annoncerai deux de plus la semaine prochaine et deux autres la semaine d’après », indique-t-il. La semaine prochaine, le candidat sera en Haute-Garonne : « J’annoncerai peut être la tête de liste, mais rien n’est sûr », avoue-t-il. Sa liste ‘‘ Citoyens du Midi’’ se positionne en dehors de tout parti politique et les premiers noms annoncés ont tous un profil particulier, « des hommes libres » résume Philippe Saurel. Dans ce contexte, et sans l’appui d’un appareil, trouver les candidats est un vrai parcours du combattant… « J’ai également moins de réseau en Midi-Pyrénées », ajoute-t-il. Pourtant, il bénéficie depuis peu du soutien de la députée socialiste de Haute-Garonne, Monique Iborra. « Nous avons de bonnes relations, mais il n’y aura pas de député sur ma liste. » Philippe Saurel souhaite présenter seulement des maires et des citoyens, « ceux qui représentent la République de proximité ». Conscient qu’il ne sera pas en capacité de lever « une armée de militants », il opte pour une stratégie de communication offensive. Il multiplie les interventions dans la presse et sait jouer de l’effet buzz sur les réseaux sociaux. Pour le programme, ses priorités sont connues depuis des mois « mais maintenant j’attends de voir ce que vont proposer le PS et Les Républicains… Si j’annonce mon projet avant, ils vont me reprendre les idées. On m’a déjà fait le coup pour les municipales à Montpellier ! »

Damien Lempereur s’accroche pour les 10%

Peu visible dans les médias, Damien Lempereur, tête de liste Debout la France prépare sa campagne depuis mai dernier. Sa rentrée politique a été marquée par une réunion publique en présence de Nicolas Dupont Aignan, à Rodez le 3 septembre dernier : « Plus de 150 personnes étaient présentes. Une telle dynamique du public était une surprise, sachant que nous allions dans le Aveyron pour la première fois et que nous ne savions pas quel intérêt nos propositions allaient susciter », se félicite-t-il. Aujourd’hui, il assure avoir trouvé tous les noms de sa liste qui comptera « des membres de la société civile mais aussi des élus locaux ». Elle sera révélée fin septembre. Contre la réforme territoriale, son objectif est de réaliser 10% pour avoir un groupe à l’assemblée régionale «  et essayer corriger les effets négatifs de cette réforme ». Parmi ses propositions des mesures concrètes : « diviser par deux le nombre de conseillers régionaux », ou encore « réduire par quatre le budget communication ». On attend la suite du programme.

 

 

L’œil de Stéphane Baumont

Politologue du JT

 

Les campagnes sont lancées, les différents candidats évaluent leurs chances. Outre les sondages, le problème est de savoir si l’on sera face à une nationalisation du scrutin, sachant que ce sont les dernière élections avant les présidentielles de mai 2017. Dans chaque région, les mêmes partis. Et si le Front National est présent partout, chacune de ses listes n’est pas dirigée par Marine Le Pen…

Pour la première fois, nous sommes confrontés à 13 régions, et non plus 22. Les comparaisons avec ce qui a déjà eu lieu lors des précédentes élections sont difficiles. Néanmoins, la question principale est la suivante : l’électorat se sent-il concerné ? Les votes précédents ont vu dégringoler le nombre de personnes se déplaçant aux urnes. Il me semble que beaucoup de gens s’abstiendront. Personne ne sait que les élections ont lieu en décembre, personne ne connait les modalités de vote… Ce taux d’abstention record ne profitera qu’à un seul parti : le Front National. Plus que jamais, il est le parti des mécontents et de ceux qui contestent tout. Le Parti Socialiste, en laissant la colère monter chez les agriculteurs, les buralistes… risque de connaitre une forte déconvenue, alors même que les élections sont considérées comme un défouloir.

Faisons-nous face à une dramatisation des enjeux de cette élection ? Le danger résulte du défaut de notoriété de Carole Delga, malgré un poste ministériel qu’elle n’a pas su faire fructifier, des critiques envers Dominique Reynié, connu pour ses analyses politiques mais parachuté sur le terrain sans expérience, face à Louis Aliot, ancien spécialiste du droit constitutionnel, qui peut faire mal et se placer en tête, ou pas loin. Une seule chose est sûre, en décembre, il y aura moins de moustiques pour aller voter.

 

 

En pratique :

Dates des élections : 6 et 13 décembre

Inscription sur les listes électorales : jusqu’au 30 septembre auprès de votre mairie

Mode de scrutin : proportionnel

Durée du mandat : 6 ans

 

Qui sont les candidats ?

 

Carole Delga

Candidate socialiste

Liste ‘‘Notre Sud’’, qui unie le PS et le PRG

Fonction actuelle : députée de Haute-Garonne

Fonctions antérieures : maire de Martres-Tolosane, vice-présidente du conseil régional de Midi-Pyrénées, secrétaire d’Etat en charge du commerce et de l’artisanat.

Profession : Fonctionnaire territoriale

 

Dominique Reynié

Candidat républicain

Liste d’union Les républicains et l’UDI

Fonctions actuelles : Aucune fonction politique

Profession : Professeur à Sciences po Paris

Activités antérieures : Directeur de l’observatoire interrégional du politique de Sciences po ; membre du bureau de l’Association des petites villes de France, fondateur du Think tank Fondapol

 

Louis Aliot

Candidat Front national

Fonctions actuelles : Député européen, conseiller régional Languedoc Roussillon, conseiller municipal à Perpignan, vice-président du FN

Fonctions antérieures : Conseiller régional Midi-Pyrénées, secrétaire général du FN

Profession : Avocat

 

Le projet en commun

Liste du rassemblement EELV, Parti de gauche, Parti communiste, Parti Occitan, et de citoyens engagés dans ce projet collaboratif.

Pour l’instant, la tête de liste n’est pas encore révélée. Elle sera désignée aux alentours du 20 septembre, par un vote de tous les citoyens participant à cette démarche.

 

Philippe Saurel

Candidat divers gauche

Liste Citoyens du Midi

Fonctions actuelles : Maire de Montpellier ; président de Montpellier Méditerranée Métropole

Fonctions antérieures : Conseiller municipal de Montpellier, adjoint au maire de Montpellier, conseiller général de l’Hérault.

Profession : Dentiste

 

Damien Lempereur

Candidat Debout la France

Fonctions actuelles : Membre du bureau national de Debout le France, Délégué National aux relations avec les partis politiques étrangers, Secrétaire départemental des Hautes-Pyrénées.

Fonction antérieure : Directeur de campagne de Nicolas Dupont-Aignan pour les présidentielles de 2012.

Profession : Avocat

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,

    Vous avez oublié au moins une liste, celle de Nouvelle Donne, qui a annoncé sa participation à ce scrutin lors d’une conférence de presse tenue simultanément à Toulouse et Montpellier mardi 21 juillet dernier (une invitation et un communiqué de presse vous avaient d’ailleurs été adressés).

    Nouvelle Donne annoncera très prochainement ses têtes de liste, désignées à l’issue d’un processus totalement inédit.

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