dimanche 24 octobre 2021

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Politique Mais où est donc passé Kader Arif ?

[Coulisses] Mais où est donc passé Kader Arif ?

PERDU DE RECHERCHE. Personne ou presque n’a vu ou croisé Kader Arif. Pas d’interview. Pas de pirouette médiatique pour l’ancien secrétaire d’État redevenu député.

L’homme a disparu des écrans radar. Kader Arif, homme clé du Parti Socialiste dans ce département, a démissionné du gouvernement en novembre dernier (il était secrétaire d’État aux anciens combattants), pris dans la sombre affaire AWF. Celui qui a durant tant d’années murmuré à l’oreille d’un certain François Hollande, a dû quitter les palais dorés parisiens sur la pointe des pieds. Depuis silence radio ou presque. L’ancien talonneur est de retour sur ses terres du Lauragais en étant redevenu le député de la dixième circonscription : « Tout le monde n’est pas très à l’aise avec ce retour. Certains d’entre nous pensaient qu’il devait démissionner  … », nous confie de manière anonyme un candidat socialiste aux élections départementales. En privé Kader Arif se défend : « Je n’ai jamais été entendu sur quoi que ce soit. » D’ailleurs celui qui fut également en son temps le premier fédéral du PS 31 n’est aujourd’hui pas mis en examen. Pourquoi démissionnerait-il donc ? « C’est une question de morale », nous souffle un autre socialiste. D’autant que le cynisme politique revient toujours au galop. La gauche pourrait ainsi perdre un nouveau siège au Palais Bourbon. Pas question donc que le soldat Arif quitte la majorité … Sur le terrain les candidats socialistes aux élections départementales ne se sont pas pressés pour demander le soutien de l’ancien ministre : « Stratégiquement il n’apporte rien aux candidats », souligne une voix proche de l’organisation de cette campagne. Dans le canton principal de sa circonscription (celui d’Escalquens) le candidat moudencien Hervé Boco s’amuse de ne pas le voir en campagne : « Je ne l’ai pas croisé. Il faut dire que mon adversaire (Georges Méric, ndlr) ne l’a pas mis en avant. Cahuzac-sur-Garonne ce n’est pas trop vendeur comme truc. » Pourtant, Kader Arif est toujours là. S’il est passé à côté de l’échéance régionale qu’il convoitait tant (depuis le PS a investi Carole Delga comme chef de file), il reste dans le giron des socialistes toulousains. Selon nos informations, aucune consigne n’a été donnée en interne le concernant, « il n’est pas tricard » rue Lancefoc (siège du PS 31.) Mieux il était même présent physiquement le 4 février dernier lors du débat Christian Teyssedre (maire de Rodez, ndlr)-Carole Delga qui a eu lieu à Toulouse en présence des militants toulousains, dans le cadre des primaires socialistes pour les régionales. Sur les bancs de l’Assemblée nationale, il se veut là aussi plutôt discret, mais continue son travail. Il a notamment participé récemment  à l’audition de Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, et a posé une question orale en février dernier au gouvernement concernant le prolongement de la ligne B du métro toulousain. Il sera également de la soirée hommage aux victimes de Mohamed Merah ce jeudi à la Halle aux Grains. Vous l’aurez donc compris, en pleine tempête politique, en pleine période de défiance entre l’électeur et le pouvoir, les socialistes ont plutôt nécessité à ranger Kader Arif dans un tiroir oublié … Mais l’homme a de l’expérience. Il connaît cet éternel adage : « On n’est jamais mort en politique ! »

 

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