vendredi 4 décembre 2020
Politique Les dessous de l’administration Moudenc

[Coulisses] Les dessous de l’administration Moudenc

Remaniement. Depuis que Jean-Luc Moudenc a pris les rênes de la mairie de Toulouse, il y a eu du remue-ménage dans les services…

 

Nouvelle majorité est toujours synonyme de bouleversements dans les rangs de l’administration. À la mairie, les têtes des services ont progressivement été remplacées, avec notamment la prochaine entrée en fonction du nouveau directeur de la communication, Christophe Noël. Si certains changements paraissent « logiques », d’autres surprennent. C’est le cas de Martine Tignol, ancienne directrice des sports qui s’est retrouvée aux espaces verts sans justification : « C’est un très gros service qui comprend près de 600 personnes, Martine Tignol a été débarquée alors qu’il n’y avait rien à dire sur son travail », raille-t-on dans le service. Elle a été remplacée par une personne « qui assure le poste en intérim, donc c’est vraiment un désaveu de l’ancienne directrice et non la nécessité de changer pour nommer quelqu’un en particulier », poursuit une source proche du service des sports. Autre exemple à l’Office de la tranquillité, dont le directeur a été remplacé « par un proche de la famille Moudenc ». « Il sautait sur les genoux du papa de Moudenc », dit-on dans les couloirs. De manière générale, le nouvel organigramme ne plaît pas à tout le monde. « Le nouveau DGS (directeur général des services) nous a cité Napoléon en disant : on ne commande pas 20, on commande à 10 », rapporte un membre du syndicat Sud de la mairie de Toulouse. « Il y a un resserrement du pouvoir à la tête de l’administration, la structure est plus pyramidale que sous Cohen », poursuit-il. Pour le syndicat Sud, « cette réorganisation éloigne les agents du pouvoir, des strates intermédiaires ont été rajoutées entre le DGS et les directions générales adjointes.» Les représentants du personnel vont être vigilants sur la politique de la « nouvelle gouvernance » : « Le DGS a aujourd’hui un bras droit délégué à la modernisation de l’administration, on ne sait pas vraiment ce que ce titre recouvre mais on comprend bien que l’heure est à la rationalisation, à la mutualisation des services et aux économies », se méfie le représentant de Sud. À la communauté urbaine « ce n’est pas encore officiel, mais on va passer de 8 pôles à 5 », cite-il en exemple. Si la réorganisation touche surtout les directions de service, les répercussions peuvent de faire sentir sur le personnel, surtout si celui-ci est notoirement proche de l’ancienne municipalité. C’est le cas d’un agent dont nous tairons le nom, qui devait être titularisé en août « mais la dernière évaluation de mon nouveau chef de service est mauvaise, alors qu’elles ont toujours été satisfaisantes jusqu’à maintenant », confie-t-il. Depuis les municipales, il constate « que des tâches ont été enlevées au fur et à mesure sur ma fiche de poste, aujourd’hui je ne fais quasiment plus rien et je ne sais pas quel est mon statut. Je suis en attente d’une commission interne pour savoir si mon stage est prolongé ou si je suis licencié », regrette-t-il. Autre problème, cet agent n’est plus payé depuis deux mois et demi : « On ne m’a pas validé un prolongement d’arrêt maladie, suite à quoi on m’a supprimé un mois de salaire en considérant que j’avais pris un mois de congés sans solde. Je ne suis plus payé depuis, c’est visiblement une erreur due au manque de communication entre ma direction et les ressources humaines ». Cette personne soutenue par CGT s’est entourée des conseils d’un avocat. Affaire à suivre.

 

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