vendredi 4 décembre 2020
Politique Groupes politiques : «la mouche du coche» ?

[Coulisses] Groupes politiques : «la mouche du coche» ?

Diplomatie. Après sept mois de rodage, il était temps de faire une incursion derrière le rideau municipal. Quid des groupes politiques ? Véritable expression républicaine ou ersatz de démocratie ?

L’ambiance se dit « studieuse » et « ouverte » au sein des groupes politiques. Pourtant loin de faire l’unanimité, à chaque réunion, les sujets abordés autour du projet municipal déclenchent parfois quelques heurts. Cécile Payan, collaboratrice au sein du groupe d’opposition PS revient sur la genèse des groupes : « Ils existent de fait dans tous les conseils municipaux mais ne sont dotés de moyens qu’à partir d’un certain niveau de population. » On parle ici de moyens humains et matériels « en fonction du nombre d’élus des groupes ». Et s’il est clair sur le papier que le fonctionnement des groupes politiques, n’est pas lié aux partis politiques car ils sont bien au service de la municipalité, il arrive pourtant que schématiquement l’un et l’autre soient liés. Et pour illustration les groupes d’opposition actuels à la mairie. Si pendant le mandat précédent il fallait être à minima trois pour constituer un groupe, les velléités du PRG, du PCF et des écolos ont eu raison de notre nouveau maire. Les doléances écrites de chacun souhaitant disposer de son propre groupe l’ont rapidement poussé à réviser le règlement intérieur : aujourd’hui le minimum requis est de deux personnes… L’occasion n’était que trop belle de croquer l’opposition ! Sur les 16 élus d’opposition, seuls 8 sont dans le groupe présidé par Pierre Cohen et ce sont autant de groupes politiques que de partis qui fondent alors l’opposition municipale. « La constitution en groupe se fait le plus souvent par affinités politiques, même si tous les élus de l’opposition étaient sur une même liste au second tour», rappelle Cécile Payan. Sur l’échiquier de la majorité ce n’est pas la même histoire : 52 personnes dans la majorité « plus le maire » ajoute François Chollet, président du groupe majoritaire qui décrit une entente plutôt « sereine ». Il faut dire que le président de groupe a du pain sur la planche : « il doit faire en sorte que l’information passe au sein du groupe et garder avec les autres groupes un relationnel réel. » Et ce à travers plusieurs réunions mensuelles pour rassembler les ouailles, une « spéciale » conseil municipal entre présidents de groupes afin de débroussailler les sujets disons… épineux ou autres réunions extraordinaires selon la température de l’actu. Car concilier plusieurs affinités politiques n’est pas toujours de tout repos : « c’est bien là LA question de fond, sourit François Chollet, la moitié n’ont pas de carte et les sensibilités vont de l’UDI, à la droite souverainiste en passant par l’UMP et le MoDem… » Même si officiellement « le ciment reste l’entente qui existe autour du projet municipal. » Le ciment autour d’un groupe d’apparence solide face à une opposition somme toute morcelée. En tout état de cause « Pour l’opposition, la connaissance des dossiers est fondamentale, analyse Cécile Payan, les élus présents connaissent les rouages…  et la genèse des projets ou des délibérations ». Elle rappelle l’essence même du principe démocratique qu’incarnent ces groupes politiques qui sont un peu « la mouche du coche : car une équipe en place à tendance à s’auto convaincre ». Mais même si l’opposition côté municipal ou métropolitain a parfois fait plier la majorité, « cela reste rare, il ne faut pas se bercer d’illusions ! »

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