mercredi 25 novembre 2020
Politique Baylet : Le ciel lui est tombé sur la tête

[Coulisses] Baylet : Le ciel lui est tombé sur la tête

Camouflet. Dans la région c’est l’événement politique de ce début du mois d’avril. Jean-Michel Baylet n’est plus, depuis le 2 avril dernier, le président du Conseil départemental du Tarn-et-Garonne.

Le patron du PRG et de La Dépêche du Midi a quasiment tout perdu en quelques mois… En septembre il était battu aux élections sénatoriales, et là il perd un département qui aura également été tenu par son père, puis sa mère : « C’était une monarchie absolue, une anomalie démocratique », déplore Philippe David, chroniqueur politique du « 12-14 » de Sud Radio. D’autant que toutes les indiscrétions indiquent que Jean-Michel Baylet préparait l’un de ses fils à la suite politique… après avoir intronisé Jean-Nicolas comme directeur général du groupe de La Dépêche. Quelles seront les conséquences politiques de cette défaite à Toulouse ? Elles seront nombreuses même si pour Christophe Delahaye, président du PRG 31, « il est aujourd’hui trop tôt pour le dire. Nous n’avons pas encore de recul sur ce qui vient de se passer, même si en interne nous sommes scandalisés. » Même son de cloche du côté de Philippe Bapt, vice-président de la même fédération : « On a voulu casser un système pour casser un système. Mais la réalité est qu’à la sortie des urnes les Tarn-et-Garonnais ne voulaient pas forcément tout renverser. Ce revers politique illustre-t-il les limites d’un système ou cela signifie-t-il que Brigitte Barèges a acheté des voix au prix fort ? » Ce cadre radical en profite d’ailleurs pour égratigner au passage le tout nouveau président Christian Astruc : « On ne sait même pas s’il a l’étoffe pour tenir un département. Ceux qui sont derrière ces manœuvres ont pour la plupart fait carrière grâce au système qu’ils dénoncent aujourd’hui … Faudra pas s’étonner par la suite, avec de telles pratiques, que le FN continue de progresser. » Au-delà de cet épisode départemental, les conséquences de cette défaite du clan Baylet seront également régionales. En effet, Carole Delga (chef de file socialiste pour cette campagne régionale, ndlr) a dû se réjouir en coulisses (attention il ne faut pas trop le dire) de ce revers. En effet, cela écarte l’hypothèse d’une Sylvia Pinel (ministre et protégée du patron du PRG) comme leader de la gauche pour conquérir la toute nouvelle entité née de la fusion entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Le PRG en position de faiblesse aura bien du mal à convaincre du bien-fondé d’une telle éventualité, au moment où les négociations nationales vont bon train : « Il ne faut pas que les socialistes aillent trop loin vis-à-vis de notre parti. Le respect c’est aussi de ne pas rajouter du désordre dans le seul parti qui lui reste comme allié… » L’avertissement est ainsi lancé. Pour Philippe David, il pourrait y avoir des retombées négatives également pour La Dépêche du Midi : « La confusion des genres est un scandale depuis des années. Notre quotidien régional est loin d’être un modèle d’objectivité… Aujourd’hui Baylet pourrait avoir l’effet boomerang. Les recettes publicitaires et les partenariats avec les collectivités vont sans doute baisser. Même à gauche les gens en ont marre. » Et de conclure : « Est-ce la fin de la politique cassoulet ? »

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