dimanche 29 novembre 2020
Politique Aérotram, « Chiche ! »

[Coulisses] Aérotram, « Chiche ! »

Renaissance. Du téléphérique de Philippe Douste-Blazy au tramway aérien de Pierre Cohen il n’y avait qu’un pas. Aujourd’hui le projet devenu « Aérotram » est réutilisé par la nouvelle gouvernance Tisséo-SMTC qui étudie la faisabilité d’une extension…

 

«On m’avait annoncé 40 millions d’euros, quand j’ai ouvert le dossier j’ai trouvé 80 millions », lance Jean-Michel Lattes, président de Tisséo et adjoint aux transports. « Pour 7000 passagers par jour c’était vraiment excessif. » Comment un tel projet a-t-il pu doubler en termes de coûts ? « La première évaluation avait été faite sans étude, ce n’était rien d’autre qu’une esquisse », termine-t-il. L’écart entre le coût initial et celui annoncé récemment n’étonne en rien l’ancien président de Tisséo, Joël Carreiras, l’un des pères de l’aérotram : « c’était une première estimation, le minimum syndical pour un projet de cette envergure. Il fallait ajouter les stations, les aménagements urbains, etc. Au fur et à mesure on affine, c’est dans l’ordre des choses. J’avais moi-même demandé à ce que ce montant soit précisé. » Les premières études faites, il s’est révélé plus difficile que prévu de franchir la colline de Pech David de par la nature des sols, qui sont peu stables. En outre, « les systèmes ont beaucoup évolué depuis la première estimation, on ne parle plus de simples cabines de téléphérique mais de vrais wagons de tram », ajoute Pierre Cohen, précisant qu’aujourd’hui « ce mode de transport est devenu crédible ». Un clin d’œil amusé devant ce revirement de situation : « Le système avait été tourné en dérision à l’époque… »

Intermodalité

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si l’aérotram est crédible ou non mais bien d’en exploiter toutes les possibilités. S’il semble que l’idée d’un aller/retour soit enterrée, « ce serait une impasse », précise Jean-Michel Lattes, sont déjà à l’étude les maillons Rangueil-Oncopole/oncopole-Basso-cambo puis plus récemment Rangueil-Montaudran. « Les études sont lancées pour voir la faisabilité, mais l’idée de rajouter des maillons est de mettre l’aérotram en réseau, de parvenir à une réelle intermodalité ». Un but ultime en créant « le seul moyen qui rattacherait les trois lignes entre elles pour créer un flux supplémentaire » et passer au-delà des 7000 voyageurs/jour annoncés. « Ces études peuvent aboutir à un coût allant de 60 à 100 millions d’euros, l’important étant le rapport coût/fonctionnalité. » A ce sujet, Joël Carreiras est peu plus prudent : « on n’ira pas à 30 000 personnes ! Si l’objectif est de passer au-delà des 7000, de passer d’un tricâble à un monocâble avec des cabines de 35 personnes, l’offre n’absorbera pas la demande de Basso-Cambo, on ne peut pas non plus avoir des cabines toutes les 5 secondes! » Il se félicite pourtant de la tournure que prennent les choses : « J’ai été l’instigateur de l’aérotram… je constate que la position actuelle est de retracer ce que nous avions mis dans le PDU et qui avait été tant décrié ! Nous avions en tête d’aller à Montaudran dans un second temps, par contre Basso-cambo je ne l’avais pas envisagé ».  Tricâble, monocâble, taille des cabines et autre tracé à étudier, le dossier semble toutefois en bonne voie pour donner un peu de hauteur aux Toulousains : « Ce projet n’était pas gadget, c’est une confirmation de la justesse de ce qui avait été tracé dans le PDU, si ça va plus loin moi je dis : chiche ! »

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