[Coulisses] Aéroport : Le Gouvernement se moquerait-il des résistances locales ?

.vue d'ensemble aéroport

Duperie. Le feuilleton de la privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac n’en finit plus. L’Etat comme les élus locaux se jouent de l’opinion publique… Chacun joue une partition bien calculée.

 

Bon nombre d’élus locaux utilisent le bon filon de la privatisation de l’aéroport pour se redorer le blason auprès d’une population en totale défiance vis-à-vis des appareils politiques… C’est ainsi que chacun joue une partition habile. D’un côté l’Etat ne cède pas un pouce et veut montrer sa fermeté sur ce dossier, d’autant que des cessions de parts sont à l’étude sur d’autres aéroports (Toulouse aurait-il servi de test ?) De l’autre, beaucoup d’élus locaux ont emboîté le pas de la résistance citoyenne, certains par conviction, d’autres assurément par pur calcul politique… Car la vérité doit être dite. La privatisation de l’aéroport (pour les plus polis « une ouverture de capital ») est en réalité en marche depuis 2007, année durant laquelle la structure s’était transformée en SA suite à la loi « aéroports » de 2005. Parmi les courageux, ceux qui se sont élevés dès le début, au moment où personne n’osait encore l’ouvrir, il y avait notamment Jean-Louis Chauzy, le président du CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental, ndlr) : « C’est le gouvernement chinois lui-même qui est derrière le groupe qui s’est porté acquéreur de l’aéroport de Toulouse. Cela me paraît très grave : le piège est en train de se refermer », avait-il entonné en décembre dernier. Une posture d’éclaireur qui a même eu en son temps la bienveillance d’Airbus… C’est alors que la résistance s’est organisée autour du « Collectif contre la privatisation de la gestion de l’aéroport », avec un certain nombre d’acteurs locaux dans l’escarcelle tels Antoine Maurice, François Simon et Patrick Jimena (EELV), Jean-Christophe Sellin (Front de gauche), Didier Cujives (PS) et bien d’autres. Après un vote du Conseil municipal de Toulouse contre cette privatisation, c’est Georges Méric tout fraîchement élu à la tête du département qui a saisi la balle au bond en proposant le rachat des dernières parts de l’Etat. La fin de non-recevoir ne s’est pas fait attendre très longtemps : « Emmanuel Macron a été clair. L’État n’est pas vendeur des 10 % d’actions qui lui restent », a riposté récemment Anne-Marie Idrac, présidente du Conseil de surveillance de l’aéroport. Pot de fer contre pot de terre ? Les politiques n’auraient décidément plus la main face aux forces financières et économiques. Dans le même temps posons-nous une question qui ne plaira pas à tout le monde : Ce dossier intéresse-t-il vraiment la population autant qu’on le dit ? Pas certain. La preuve lors de la dernière campagne départementale ; Line Malric (PRG), élue sur le canton de Blagnac, nous déclarait lors d’une interview : « On nous a objectivement très peu parlé de ce sujet. Il n’était franchement pas au cœur des préoccupations… » Depuis Line Malric est devenue la vice-présidente du département en charge des… Transports. Il n’empêche que la question de fond reste inchangée : L’Et–at devait-il se désinvestir d’un tel équipement ?

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