Christophe Borgel : « La présidence déléguée des nouvelles Régions permet de rétablir un équilibre »

©Franck Alix/JT
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NEGOCIATEUR. Député de Haute-Garonne, mais surtout numéro 2 du Parti socialiste en charge des élections, Christophe Borgel, a contribué à l’accord PS/PRG en vue des élections régionales. Un accord décrié, qui place Sylvia Pinel en position de première vice-présidente de la future région alors que Damien Alary (binôme de Carole Delga, président de Languedoc-Roussillon) deviendrait ‘‘président délégué’’. Un poste créé pour l’occasion ? Christophe Borgel explique.

L’accord PS-PRG en vue des régionales crée la polémique en ce début de campagne. Vous en êtes un des instigateurs, que répondez-vous ?

C’est une bonne chose que la gauche se rassemble. Elle est très divisée dans le grand sud, entre les annonces des écologistes, du maire de Montpellier, du parti Nouvelle Donne ou encore de Gérard Poujade allié à un ancien député EELV de l’Herault… Bref, on a une gauche émiettée et dans un même temps un FN qui pourrait être en tête du premier tour. L’enjeu est de se rassembler, Carole Delga l’a fait savoir à l’ensemble des partenaires. Le PRG est un allié naturel qui compte dans notre région. Nos adversaires espéraient retrouver une gauche encore plus divisée à la rentrée qu’avant l’été, comme ils espéraient une répartition des services déséquilibrée entre les deux régions afin de jouer sur les inquiétudes du Languedoc-Roussillon… Et bien ce ne sera pas le cas !

La création du poste de ‘‘président délégué’’ a cristallisé les critiques, à gauche comme à droite. Cela donne l’impression de créer une nouvelle fonction pour arriver un accord politique…

Dans le débat parlementaire sur la fusion des régions, certains députés ont débattu de l’utilité de créer la fonction de président délégué pour les régions concernées par une fusion. Certaines d’entre elles perdent la capitale régionale et peuvent avoir le sentiment d’être laissées pour compte, de ne plus avoir de pouvoir décisionnel. La présidence déléguée permet de rétablir un équilibre et de mettre en confiance toute une série d’acteurs, politiques mais également économiques.

Certains députés PS assurent ne jamais avoir entendu parler de cette loi Alary… Est-ce que cette annonce divise votre propre camp ?

Le sujet est sur la table depuis des mois. Aux élus qui critiquent ouvertement cette décision, j’ai envie de leur répondre la même chose que j’ai répondue aux frondeurs à l’Assemblée nationale : il n’y a rien de bon à se chamailler publiquement pour des problèmes secondaires. Quand on voit la situation du pays, la création des présidences déléguées n’est pas un enjeu majeur. Même sur le plan financier, le coût engendré par ce poste ne représentera pas grand-chose au niveau national.

« Notre programme va être élaboré en lien avec le citoyen et ça va décoiffer ! »

Pour Dominique Reynié, cela représenterait un coût de 114 millions d’euros sur toute la France. Que répondez-vous ?

C’est un chiffre abracadabrantesque ! D’abord on divise par 2 le nombre de vice-présidents sur la future grande Région, ce qui va engendrer des économies. Ensuite, une présidence déléguée ne sera pas mise en place automatiquement dans toutes les Régions de France, mais prioritairement dans les nouveaux territoires issus des fusions. Dominique Reynié affirme en outre que 30 salariés sont attachés à la présidence de Martin Malvy, ce qui est totalement faux. Il suffit de regarder le budget voté chaque année par le Conseil régional pour le vérifier. Soit le candidat de droite a fait une erreur, et je m’inquiète se son sérieux, soit il ment, et je m’inquiète de son éthique !

Carole Delga va être confrontée à diverses listes de gauche, qui se revendiquent ‘‘citoyennes’’, qu’en pensez-vous ?

Ça me fait toujours sourire d’entendre ça, je n’ai jamais vu quelqu’un entrer en campagne en annonçant une liste technocratique… Quand on est un acteur politique, il est normal de se poser la question du rapport électeurs/politiques. Gérard Onesta (candidat EELV) nous fait la leçon du soir au matin, alors que Carole Delga a été investie par 10 000 militants socialistes quand lui a récolté une centaine de voix au sein d’EELV pour être candidat. Le problème aujourd’hui est que les citoyens ont le sentiment que la politique est impuissante pour changer le quotidien. Nous, notre programme va être élaboré en lien avec le citoyen et ça va décoiffer ! On ne sera pas les moins capables d’être innovants…

CV express : Né le 3 Septembre 1963 à Poitiers (Vienne), Christophe Borgel est militant au PS depuis 1986.

Fonctions : Député de la 9ème circonscription de Haute-Garonne (élu en 2012), et secrétaire national du PS chargé du pôle ‘‘Animation, élections et vie du parti’’.

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