mercredi 23 juin 2021

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PolitiqueChristian Picquet : « Je serai candidat à ma réélection »

Christian Picquet : « Je serai candidat à ma réélection »

Inquiet. Conseiller régional de Midi-Pyrénées, porte-parole du mouvement Gauche unitaire au sein du Front de gauche, Christian Picquet regrette l’éparpillement de la gauche aux prochaines régionales. Il appelle au rassemblement…

La campagne des élections régionales se prépare, comment vous positionnez-vous en vue de ce scrutin ?

Je suis très préoccupé par toutes les grandes manœuvres qui ont lieu en ce moment, y compris dans mon propre camp. La politique est absente de tout cela. Si on continue comme ça, il va se reproduire ce qui s’est passé aux municipales et aux départementales, la gauche va connaitre un nouveau désastre.

 

Serez-vous candidat aux prochaines élections ?

Oui, je serai candidat à ma réélection, sur la liste qui rassemblera le plus largement possible au premier tour et sur la base d’un contenu. Il n’y aura visiblement pas de liste de la gauche rassemblée, et je n’en créerai pas une autre, car il faut arrêter la multiplication des candidats de gauche. Je serai attentif à ce qu’il se décidera au sein du Front de gauche et particulièrement chez les communistes pour prendre position.

 

Que pensez-vous de l’idée de lancer une liste citoyenne ?

Sur le principe, je suis d’accord car il y a une coupure entre le politique et la société qui fait le terreau du FN. Mais quand on est un politique, la première chose qu’on attend de nous, c’est la lucidité. Aujourd’hui, ce n’est pas l’envie citoyenne qui domine dans notre pays, c’est le découragement. Il faut que le politique soit capable de présenter aux citoyens des projets porteurs d’espoirs. Une liste citoyenne, c’est honorable mais pas à la hauteur de l’enjeu. Les partis politiques doivent prendre leurs responsabilités. Regardez Tsipras en Grèce, il n’a pas brandi le moulin à poivre de la citoyenneté. Il a présenté un programme et les gens ont suivi.

 

Aux régionales de 2010, vous étiez tête de liste Front de gauche, depuis la situation a bien changé au sein de cette coalition…

Le Front de gauche traverse une crise majeure. Sur le fond, nous sommes toujours d’accord. Le programme de 2012 qui s’appelait ‘‘L’humain d’abord’’ reste notre socle commun. Le débat est sur la stratégie à adopter. Je ne partage pas avec Jean-Luc Mélenchon l’idée selon laquelle tout devrait revenir à la rupture avec le PS et devenir anti-système. Si le FDG veut sortir de sa crise et de sa stagnation électorale, il faut affirmer des propositions crédibles, avec l’ambition de rassembler, et ne pas désigner tel ou tel parti comme principal ennemi.

 

« Quand on se bat de manière offensive, on peut faire bouger les choses. »

 

Seriez-vous donc prêt à vous rallier à Carole Delga ? Est-il possible de vous entendre sur le contenu ?

Carole Delga a fait partie d’un gouvernement contre lequel j’ai eu l’occasion d’exprimer mon désaccord. Mais en tant que conseiller régional de la majorité, j’ai un bilan à faire-valoir. Que ce soit le FDG ou les Verts, nous avons réussi à faire bouger les lignes de la politique régionale. Par exemple, en matière de défense du ferroviaire ou encore pour venir en aide aux populations les plus touchées par la politique d’austérité. Quand on se bat de manière offensive, on peut faire bouger les choses.

 

Vous avez notamment montré votre désaccord avec la majorité régionale actuelle sur la question de l’aéroport…

Le département a voté contre la privatisation de l’aéroport et pas la région, je le regrette. Pour faire rentrer quelques sous dans les caisses de l’Etat, on brade une infrastructure publique avec un pacte d’actionnaire qui donne tous les pouvoirs à une entreprise sulfureuse dont le principal dirigeant est en fuite… On passe d’un scandale politique à un scandale d’Etat. Si la région s’était montrée plus offensive, on aurait pu discuter des autres alternatives possibles. Je demande que soit refait un tour de table pour les étudier. Il est impossible que la région et les autres collectivités locales restent silencieuses face à cela.

 

Un dernier mot sur la fusion des régions, comment appréhendez-vous cet enjeu ?

Nous avons voté pour un territoire avant de savoir quelles seraient ses compétences. Cette réforme a été guidée par une logique économiste mais elle porte un coup au principe de proximité. Elle accentue la crise démocratique de notre pays. Tôt ou tard, il faudra revenir sur cette loi bancale, poser la question de nouvelles institutions pour la France et de la 6ème République.

 

CV express

 

En 2009, il est cofondateur du Front de gauche avec Marie-Georges Buffet et Jean-Luc Mélenchon. Un après, il est tête de liste FDG aux élections régionales en Midi-Pyrénées et se rallie à Martin Malvy au second tour.

Fonction : Conseiller régional de Midi-Pyrénées

 

 

 

 

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