Café politique : Débat houleux à l’aube des départementales

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De gauche à droite : Gabriel Robin, Sophie Nicklaus, Laurent Lesgourgues et Jean-Michel Fabre

J-3. Jean-Michel Fabre (PS), Laurent Lesgourgues (Union de la droite et du centre), Sophie Nicklaus (EELV/Alternative citoyenne) et Gabriel Robin (FN) sont dans la dernière ligne droite. Mardi, ils ont accepté de débattre lors de notre rendez-vous mensuel, « le café politique », organisé pour la première fois en partenariat avec la jeune chambre économique de Toulouse.

 

Après plusieurs semaines de campagne, nos quatre candidats sont rodés et fin prêts à confronter leurs idées et leurs visions (ô combien différentes) du futur département. Très vite, le budget et la gestion du Conseil général est  l’occasion de découvrir leurs divergences… Jean-Michel Fabre, conseiller général sortant socialiste prend les devants sur ce sujet épineux : « Il ne faut pas poser la question : faut-il mieux gérer le département ? mais plutôt quels services publics voulons-nous pour être efficaces dans notre mission de solidarité ? » Il poursuit en abordant, avant qu’un adversaire ne le fasse, la hausse du personnel du Conseil général entre 2007 et 2011 (vivement critiquée par la droite) : « La loi de décentralisation que j’ai défendue a  eu pour conséquence un  transfert de compétences, donc la hausse du personnel est une très bonne chose. »  Pour Laurent Lesgourgues, « la baisse des dépenses est une évidence, pour cela il va falloir faire des arbitrages mais également lutter contre la fraude sociale ». Ce qui ne signifie pas remettre en cause la  mission de solidarité « qui n’est ni de droite, ni de gauche », insiste-t-il. La proposition de lutte contre la fraude (également défendue par le FN), fait immanquablement réagir Sophie Nicklaus qui rappelle « que la fraude ne représente qu’1% du budget, c’est indécent de culpabiliser les bénéficiaires ». Elle concède tout de même qu’il faut «gérer l’argent public différemment »… Sur le sujet, Gabriel Robin sort les chiffres de la Cour des comptes et du classement de BFM Business, selon lequel la Haute-Garonne se positionne ….  « Il faut un audit financier du Conseil général et de tous ses satellites et faire la chasse au gaspillage ! » propose-t-il en précisant qu’on « ne peut pas détacher le contexte local du contexte national car le PS et l’UMP ont ôté à la France sa souveraineté  et nous sommes aujourd’hui soumis à Bruxelles ! »

“il va falloir faire des arbitrages”

Les autres candidats ne voient pas d’un bon œil ce grand écart entre le département et l’Union européenne… Et préfèrent s’en tenir aux problématiques locales. Quoi de plus local que la polémique qui gronde sur une éventuelle mainmise du Capitole sur le futur Conseil départemental ? Laurent Lesgourgues, candidat de la droite et du centre, mais aussi conseiller municipal délégué et maire de quartier démarre sur le sujet : « On est en démocratie et nous avons autant de candidats issus de la ruralité que de la métropole » se défend-il . Le fait que de nombreux maires de quartier soient candidats n’est pas un souci pour lui « car cela va permettre une meilleure efficacité dans nos actions et de faire tomber le mur autour du Conseil général ». Mais pour Sophie Nicklaus, il est clair que « le projet du Capitole est d’avoir la mainmise sur le département, on ne va plus savoir qui fait quoi ». Gabriel Robin soulève de suite le danger de « la métropolisation du département si on se calque sur le modèle lyonnais »… « On n’a pas pour finalité de reproduire un modèle PS, bien qu’il soit assez éclairé… » réagit Laurent Lesgourgues. Jean-Michel Fabre profite de l’occasion pour rappeler qu’il est « un départementaliste convaincu depuis longtemps » et estime que « chaque collectivité doit avoir des missions claires ». Dernier point, et non des moindres, la montée du FN est-elle inéluctable les 22 et 29 mars prochain ? « Il y a un risque sur ce scrutin » reconnaît le candidat de la droite et du centre, qui ne se reconnaît pas dans « l’UMPS » dénoncé par le FN. Jean-Michel Fabre et Sophie Nicklaus s’accordent sur le fait que le Front national « trompe » les citoyens : « Ils se trompent d’élections en n’abordant que des enjeux nationaux », dénonce le socialiste. « Mais c’est une escroquerie de bonne qualité », surenchérit la candidate Alternative citoyenne, en référence au sondage (IFOP pour I-Télé) selon lequel 73% des personnes résidantes dans des communes administrées par le FN sont satisfaites de leur maire. Le principal intéressé répond en avançant que « le FN monte car nous avons un projet gaullo-bonarpartiste cohérent et transcendant ». Pour lui, « la seule carte que Valls peut jouer contre nous est la ‘‘re-diabolisation’’ mais ça ne marche pas, tant que le gouvernement sera défaillant dans ses compétences régaliennes type sécurité, immigration, nous progresserons ». L’abstention sera un paramètre important de ces  élections, « mais elle ne fait pas monter le FN comme tout le monde le dit », précise Gabriel Robin. Premiers éléments de réponse dès le premier tour, dimanche prochain.

 

 

 



UN COMMENTAIRE SUR Café politique : Débat houleux à l’aube des départementales

  1. saforcada dit :

    Lire le FN parler de bonapartisme en défendant sa ligne me fait sourire, jaune … en effet quoi de plus opposés que la ligne bonapartiste faite autour du rassemblement de tous, basé sur le respect des droits et devoirs et la ligne frontistes faites sur l’exclusion et la crédulité. S’ils le souhaitent, je peux donner des cours de bonapartisme aux cadres et militants FN …

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