mercredi 2 décembre 2020
Politique Brigitte Micouleau « Comment voulez-vous que les élus locaux soient rassurés...

[Politique] Brigitte Micouleau « Comment voulez-vous que les élus locaux soient rassurés ? »

 

Terrain. Cette fidèle de Jean-Luc Moudenc est la numéro 2 de la liste d’Alain Chatillon (sénateur-maire de Revel) pour les élections sénatoriales du 28 septembre prochain. Opiniâtre, elle n’oublie pas ces années passées sur le bitume toulousain pour reconquérir le Capitole, et ne prend pas encore position pour Nicolas Sarkozy dans la course à la présidence de l’UMP.

Propos recueillis par Thomas Simonian

Y-a-t-il une certaine forme de nostalgie de toutes ces années de campagne auprès de Jean-Luc Moudenc ?

Je n’ai pas de nostalgie, même si certains souvenirs resteront gravés. Il y a surtout cette magnifique victoire de mars dernier … J’ai toujours cru, dès le lendemain de la défaite de 2008, en la capacité de Jean-Luc de reconquérir le Capitole. Durant toutes ces années, il y a eu des moments difficiles à traverser, mais j’ai toujours eu de la fierté à l’accompagner sur ce chemin. Je n’ai jamais douté.

Aujourd’hui vous êtes à la deuxième place de la liste menée par Alain Chatillon pour les élections Sénatoriales. Une récompense ?

Sincèrement je ne pense pas que cela soit une récompense pour services rendus. La vérité est que je suis une élue locale depuis 1995, et que je pense bien connaître les attentes des citoyens mais surtout celles des acteurs des différentes collectivités territoriales. Par ailleurs, suite à la victoire de Jean-Luc Moudenc à Toulouse, il était légitime qu’un membre de son équipe et donc de la métropole, soit en bonne place sur cette liste.

L’objectif de la droite haut-garonnaise est d’obtenir trois sièges au Sénat. Est-ce réalisable ?

Je le pense. Nous sommes dans tous les cas dans cette dynamique. Notre équipe réalise une belle campagne de terrain, et nous avons une liste équilibrée tant dans la représentation des territoires que dans les sensibilités politiques. Ce qui est loin d’être le cas pour toutes les autres listes…

Dans quel état trouvez-vous la gauche toulousaine et départementale ?

Elle est clairement dans une mauvaise passe, et apparaît très divisée. Ce constat est illustré par le nombre de listes à ces élections sénatoriales … Cela manque d’un vrai leader, et surtout il y a un flou idéologique. Cette gauche patine, et reste prisonnière de l’action gouvernementale. Cette échéance sénatoriale va peut-être révéler au grand jour le mal-être actuel de la gauche. Je pense que certains élus plutôt de gauche, pas toujours encartés, pourront faire le choix de la liste d’Alain Chatillon. Certains pourraient avoir envie de sanctionner la politique de François Hollande.

Les grands électeurs que vous rencontrez durant cette campagne sont-ils désabusés ?

Désabusés, c’est le bon mot. Beaucoup s’inquiètent des baisses des dotations de l’Etat en direction des collectivités locales. Ils ne parlent même plus de politique politicienne, mais doutent de l’avenir de leurs collectivités, et sont pour beaucoup très surpris de la brutalité gouvernementale. Je rencontre des élus stressés dans l’exercice de leur mandat local. Pour tout avouer, je suis même inquiète pour les futures élections municipales … Nous pourrions avoir une pénurie de candidats.

« Certains pourraient avoir envie de sanctionner François Hollande »

La réforme territoriale est-elle également une source d’inquiétude pour les élus locaux ?

C’est « la » préoccupation du moment car il y a encore beaucoup d’incertitudes. Notamment sur la question des conseils départementaux et des zones rurales. Les élus des territoires qui sont éloignés de la métropole se posent énormément de questions … La question de la répartition des compétences entre région, département, métropole, communauté de communes et mairie n’est toujours pas claire. Comment voulez-vous que les élus locaux soient rassurés ?

 

Que pensez-vous du retour de Nicolas Sarkozy ? De son entrée en campagne pour conquérir la présidence de votre famille politique ?

Son retour est tout sauf un scoop. Tout le monde ne parle que de ça depuis des semaines, et lui-même a su astucieusement le mettre en scène. Mais très honnêtement j’attends un peu pour me prononcer sur cette campagne interne à l’UMP.

Vous n’avez donc pas choisi votre candidat ?

Pas encore. Je ne suis certaine de rien à cet instant. Vous savez nous avons trois candidats de qualité (avec Bruno Le Maire et Hervé Mariton, ndlr), et il est important de prendre le temps de les écouter … L’avenir d’un parti politique n’a rien de neutre ; cette échéance ne peut être prise à la légère. De toute façon ma priorité du moment reste la campagne sénatoriale. Je ne suis concentrée que sur ça. Le reste viendra après.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Articles en rapport