lundi 10 mai 2021

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PolitiqueArnaud Simion, « je me fous de la reconnaissance »

Arnaud Simion, « je me fous de la reconnaissance »

 

Collectif. Son engagement politique, il le dédie à la démocratie participative. Puriste jusqu’au bout, il revient sur ce déclic qui a fait de lui un militant.

Ce columérin pure souche parle de ses origines avec fierté : « Le berceau familial se situe entre le Gers et Colomiers. J’habite ici depuis l’âge de deux mois : je connais bien le territoire et j’ai pu assister à cet essor extraordinaire de 3000 à 35000 habitants ». Fils de prof, l’homme évoque avec plaisir son enfance entre l’école Jules Ferry et le lycée polyvalent du Mirail « Je fais partie de la dernière génération des jeunes columérins -avec Karine Traval-Michelet- qui y est allée car en 1984 ouvrait le lycée de Colomiers. » L’école reste un bon souvenir pour le garçon de l’époque qui rapporte « aimer l’école mais se laisser vivre un peu trop ». Il évoque d’ailleurs rapidement la musique, lui, ancien batteur du groupe « Krypton » fondé avec quelques amis : « Nous faisions quelques salles et les bars de l’agglo, on commençait à avoir une petit réputation ! » Un élément fort de sa vie, dont il parle comme d’une première expérience cruciale pour sa « démarche collective ». L’enfant de 68 ne met pas longtemps à gouter à la politique : « Fin 86, j’ai tout juste 18 ans et c’est un grand cap de ma vie, je décide d’adhérer au PS ». Le déclic ? L’embrasement des lycées et universités lors des manifestations Devaquet-Monori et le décès de Malik Oussekine lors de ces affrontements : « Cela m’a consterné, je ne voulais pas de ce pays-là où la parole de la jeunesse n’était pas prise en compte ». Un engagement qui surprend à la maison car : « Chez les Simion, l’engagement n’était pas forcément à mettre en valeur, pour des raisons historiques : mon grand-père était patron de maquis, il était SFIO et a été révoqué de l’Education nationale car il était franc maçon… » Il dit pourtant avoir été éduqué autour de ces mêmes valeurs qu’il souhaitait retrouver au PS et se souvient notamment du 10 mai 1981 : « Mes parents étaient hystériques devant la télé en voyant s’afficher la tête de Mitterrand. Mon correspondant allemand venait d’arriver, il n’a rien compris. Voir dans les yeux de mes parents cette joie profonde de se dire que les choses allaient changer m’a bouleversé, j’avais 13 ans. »

« Je ne suis ni suiveur ni frondeur, je prône l’équilibre»

Impliqué très tôt par les dirigeants du PS de l‘époque, il rentre rapidement « dans les instances dirigeantes du PS local avec des fonctions de secrétaire chargé de la jeunesse. » Une licence LEA plus tard, il effectue un remplacement à la bibliothèque municipale de Colomiers en 1994 : « La personne n’est jamais revenue, c’est là que ma carrière commence ». En 1997, il devient assistant de Bernard Sicard et quatre années plus tard devient chef de cabinet, « une grande fierté » pour ce militant de la première heure. En 2003 il est promu directeur de cabinet : « Je me fous de la reconnaissance, j’aurais pu briguer des postes à responsabilité si ça avait été mon leitmotiv ou me présenter au suffrage des électeurs avant, ce qui me fait kiffer c’est le collectif. » Il se définit comme un grand passionné et militant de terrain, « que je suis toujours ». L’homme a été à bonne école avec ceux qu’il dépeint comme ses guides : « Roland Terrail, Jean-Claude Traval et Bernard Sicard : ceux qui m’ont mis le pied à l’étrier, accompagné, conseillé, et qui m’ont parfois distribué quelques coups de pied au cul ! » Aujourd’hui premier adjoint au maire, il ne cache pas son enthousiasme quant à l’élection de Karine Traval-Michelet à la tête de la mairie columérine : « C’est un vrai leader » ; Il faut dire que les deux  collaborateurs ont essuyé ensemble les bancs de l’école: « On se suit depuis 30 ans ! » Ensemble ils s’attèlent notamment à deux priorités : « Karine m’a nommé sur deux fronts : la démocratie locale et à la jeunesse. » En ligne de mire : le lancement des comités de quartier, d’un comité consultatif de la jeunesse et d’un permis citoyen. Aucune ombre à l’horizon pour Arnaud Simion. Quoi qu’un climat politique national délétère qu’il analyse à sa manière : « On n’a pas assez dit à quel point on avait trouvé le pays dans un état catastrophique en arrivant au pouvoir : il est là le péché originel ».

 

En 3 dates :

-1986 : engagement au PS

-Mars 2001 : devient chef de cabinet du maire de Colomiers

-4 avril 2014 : 1er adjoint à la mairie de Colomiers

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