samedi 6 mars 2021
Politique Pour Antoine Maurice, « l’union des partis n’est pas une réponse à la...

Pour Antoine Maurice, « l’union des partis n’est pas une réponse à la montée du Rassemblement national »

Rassemblement ? Oui. Mais uniquement avec les forces écologistes. C’est la réponse d’Antoine Maurice à Carole Delga quant à sa proposition d’union de la gauche. En effet, tous les partis écologistes, et assimilés, présenteront une liste commune aux Régionales baptisée “Occitanie naturellement”.

Portrait Antoine Maurice
©Tien Tran

Malgré sa dernière tentative en début de mois, Carole Delga a essuyé un nouveau refus d’Antoine Maurice quant à une possible alliance du Parti socialiste et d’Europe écologie-Les Verts au premier tour des élections régionales, qui auront lieu en juin prochain. Une porte fermée depuis le 3 octobre dernier, que la tête de liste écologiste ne compte pas rouvrir. La raison principale : « Carole Delga entend poursuivre sa politique actuelle, dans laquelle elle considère l’écologie comme une politique parmi d’autres. Or, pour nous, elle doit être la matrice d’une politique publique globale », explique-t-il.

Une liste autonome de rassemblement écologiste menée par Antoine Maurice

Une position qui conduit les Verts, même s’ils reconnaissent que des avancées sérieuses ont été constatées en matière d’écologie, à nourrir de profonds désaccords avec le projet de Carole Delga. « Par exemple, nous ne pouvons pas soutenir la construction de l’autoroute Toulouse-Castres qui va dans le sens d’une artificialisation des sols, ou l’extension du port de Port-la-Nouvelle », précise Antoine Maurice. Rajoutant que toutes les actions de la Région doivent maintenant avoir un impact neutre ou positif sur l’environnement. Quant au Green new deal et au budget vert brandis en étendard par la liste PS, selon EELV, « il s’agit pour l’instant de promesses de campagne. Ce sera à la prochaine équipe régionale de les mettre en place. Et nous, nous irons plus loin que ce qui est annoncé par Carole Delga ».
Un enthousiasme partagé par tous les différents partis écologistes, qui ont décidé de se rassembler sous la bannière “Occitanie naturellement”. EELV, Génération.s, Génération écologie, Cap 21, l’Alliance écologiste indépendante et le Mouvement des écologistes indépendants, porteront donc un seul et même projet politique pour les Régionales, et tenteront d’accéder au second tour, en totale autonomie.

Proposer une alternative ou faire barrage au RN ?

Une attitude dont Carole Delga estime qu’elle ferait le jeu du Rassemblement national. Elle s’appuie notamment sur un sondage Ifop-Fiducial récent, réalisé pour Sud Radio, qui la crédite certes de 25 % des intentions de vote, mais qui fait aussi état d’un score de 16 % pour le RN. Antoine Maurice lui, serait à 10 %. Un argument que l’écologiste récuse : « Les alliances de la gauche aux municipales n’ont pas empêché l’extrême droite de prendre les rênes de certaines villes ni d’être réélue dans d’autres. Il faut rester modeste dans l’analyse. » Selon lui, l’union des partis n’est pas une réponse à la montée du RN.
D’autant que les Verts n’ont jamais été aux manettes d’une région, excepté dans le Pas-de-Calais, il y a plus de 20 ans, sous la présidence de Marie-Christine Blandin, de 1992 à 1998. « Proposer cette éventualité en Occitanie est, pour nous, plus sensé que de simplement s’opposer à l’extrême droite », lance Antoine Maurice, ce qui n’empêchera pas une potentielle unionde la gauche au second tour pour contrer le Rassemblement national si besoin.
Mais pour certains écologistes, il s’agit-là d’une erreur stratégique. En effet, les conseillères régionales Agnès Langevine, Aurélie Génolher, Zina Bourguet et Judith Carmona ont préféré rallier la liste de Carole Delga, prônant la fusion des gauches avant tout. « L’heure n’est pas à jouer à exister au premier tour mais à converger », lancent-elles à Antoine Maurice dans un courrier. Une décision dans laquelle ce dernier voit un manque de respect des volontés des adhérents EELV qui ont voté pour la constitution d’une liste écologiste autonome pour les Régionales. « Personnellement, je me sens investi d’un choix collectif », termine-t-il, déterminé.

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

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