vendredi 4 décembre 2020
Politique Antoine Maurice : « Moudenc est resté sur le logiciel Baudis »

Antoine Maurice : « Moudenc est resté sur le logiciel Baudis »

Ascension. Il est devenu depuis les élections municipales la tête de gondole des écologistes toulousains. En l’absence d’un véritable leadership au PS, il personnifie aujourd’hui, presque malgré lui, l’opposition à Jean-Luc Moudenc. Ce proche de Cécile Duflot se dit « écœuré » par la mort de Rémi Fraisse, et avance que le maire de Toulouse a fait un « aveu de démagogie » en renonçant à des promesses de campagne.

 

Dans le dossier Sivens et avec le décès de Rémi Fraisse, les écologistes n’ont-ils pas fait de l’instrumentalisation politique ?

Franchement non. Il est même très injuste de dire ça. Des personnalités telles Noël Mamère et Cécile Duflot sont d’ailleurs venues sur place sur l’invitation du collectif du Testet, car ces militants souhaitaient avoir des relais dans les médias et à l’assemblée nationale pour mener le combat. Quant à Guillaume Cros (président du groupe écologiste à la région, ndlr), il y est présent depuis le départ. Je me suis rendu moi-même sur le site. Comment donc accuser EELV de récupération politique ? Au contraire, Cécile Duflot et Guillaume Cros avaient même alerté de certaines tensions réelles et inquiétantes en amont de la mort de Rémi Fraisse. Le climat était pour le moins électrique, et le Préfet avait été mis au courant.

Que vous dit la mort de Rémi Fraisse ?

L’écœurement ! C’est le symbole d’une société malade et de l’échec du politique.

Mais vous ne pouvez tout de même pas justifier les violences que nous avons connues le week-end dernier dans les rues de Toulouse ? Les casseurs sont-ils des écolos ?

Ce ne sont évidemment pas des écologistes ! D’autant plus que cette manifestation n’était pas autorisée, et dans tous les cas, certainement pas soutenue par EELV. Les casseurs sont une frange d’extrémistes qui utilisent toujours des sujets d’opposition avec l’exécutif pour créer de la violence, et « casser du flic. » Et c’est vrai que de fait les combats écolos sont souvent utilisés par ces groupes radicaux. Mais ces violences salissent la mémoire de Rémi Fraisse !

Après ces premiers mois de Jean-Luc Moudenc au Capitole, quel est votre premier bilan ?

Soyons justes, il est difficile encore aujourd’hui de se faire une réelle opinion sur le fond, car le maire ne nous dit quasiment rien d’autre que « les caisses sont vides. » Comme s’il fallait déjà préparer les Toulousains au renoncement des grands projets annoncés durant la campagne. Nous n’avons pas à ce jour une vision claire de la politique que va mener cette nouvelle majorité. Ce qui m’inquiète vraiment ce sont les effets d’annonce plus farfelus les uns que les autres faits notamment par Jean-Michel Lattes (premier adjoint et président de Tisséo,ndlr) en matière de transports. Il a relancé le concours Lépine initié durant la campagne municipale.

Jean-Luc Moudenc dit avoir hérité d’une situation financière tendue. Vous apparteniez à l’équipe municipale de Pierre Cohen … Avez-vous vidé les caisses ?

La réalité est que nous avons certes consommé de l’épargne, mais c’était de l’investissement notamment pour rénover les écoles et réhabiliter l’espace public. Et ensuite, il y a la question de l’emprunt qui n’a jamais été tabou de notre côté … C’est comme un couple qui emprunte, ce n’est pas pour autant qu’il est en situation de surendettement, et qu’il n’a pas de gestion saine. Jean-Luc Moudenc est resté sur le logiciel Baudis, il veut reconstituer l’épargne de la ville et faire renaître le dogme de la dette zéro.

« Le Parti Socialiste toulousain est-il capable de se remettre en question ? »

Un dossier vous est cher, c’est celui de l’éco-quartier de La Cartoucherie. Où en est-on réellement aujourd’hui ?

Il y a de grandes chances qu’on ne parle même plus d’éco-quartier dans les semaines qui viennent. La majorité municipale est en train de revoir le dossier, en expliquant que nous n’avons pas laissé assez de place à la voiture … Ils veulent même ajouter des places de parking. Tout le projet est dénaturé, et l’obsession de cette équipe municipale est de rappeler que l’ancienne majorité obéissait à un dogme anti-voiture. C’est la preuve que Jean-Luc Moudenc ne prend pas en compte l’urgence écologique, y compris en comparaison avec Bordeaux, la ville de son ami Juppé …

La gauche toulousaine est dans quel état aujourd’hui ?

Elle est KO, dans la suite logique d’une défaite. Toute la difficulté est dans la capacité que nous aurons, ou pas, de tirer les leçons de cet échec. C’est un préalable à la construction d’une alternative crédible. Je ne suis malheureusement pas certain que tout le monde soit prêt à affronter le miroir. Le Parti Socialiste toulousain est-il capable de se remettre en question ? Je crains qu’il reste dans les vieilles recettes. De mon côté, je m’attache à me déconnecter le plus possible de l’actualité chaude, pour m’attaquer au fond …

Il n’y aura donc pas d’accord entre socialistes et écologistes en vue des élections départementales de mars prochain ?

De par la politique gouvernementale, et désormais le dossier Sivens, cela me semble en effet bien compromis. Les discussions sont aujourd’hui suspendues, et je ne vois pas trop ce que l’on a à se dire. Et on ne me fera pas le coup de la peur sur le fait que la gauche pourrait perdre le département !

 

CV EXPRESS :

Né le 2 juin 1981. Il était la tête de liste EELV aux dernières élections municipales de Toulouse.

Fonction : Président du groupe Toulouse Vert demain au Conseil municipal de Toulouse et élu communautaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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