dimanche 25 octobre 2020
Planète À Launaguet, on se chauffe au calcul informatique

À Launaguet, on se chauffe au calcul informatique

Un radiateur qui fait des simulations bancaires ou du cinéma d’animation… L’idée semble saugrenue. Pourtant, c’est bien le pari environnemental fait par la société Qarnot computing qui va équiper, à Launaguet près de Toulouse, deux bâtiments du bailleur social Les Chalets avec des radiateurs numériques. 

radiateur numérique © Aurélien Ferreira CD31

Se chauffer au bois, au fioul au gaz ou à l’énergie électrique. Rien de surprenant jusque là. Mais qui aurait pu penser qu’on puisse, un jour, chauffer son appartement à la ‘’chaleur fatale informatique’’ ? C’est pourtant le parti pris innovant du groupe Les Chalets pour la rénovation énergétique des deux bâtiments de la résidence Les Sables, à Launaguet. En effet, le bailleur social toulousain va équiper les 59 appartements de ses immeubles de Launaguet avec des radiateurs numériques. Un premier pas vers le chauffage du futur.

Des appareils de chauffage d’un genre nouveau qui chauffent la maison tout en effectuant des calculs numériques extrêmement puissants. « L’idée, c’est de valoriser la déperdition de chaleur normalement produite par l’activité des serveurs. C’est ce que l’on appelle la ‘’chaleur fatale informatique’’. C’est une logique d’économie circulaire appliquée au numérique. Les déchets des uns sont la ressource des autres », explique Quentin Laurens, directeur des relations extérieures de la société Qarnot computing qui s’est lancée dans ce projet il y a une dizaine d’années.

Un calculateur industriel caché dans un radiateur

Concrètement, en lieu et place d’un convecteur électrique, ces radiateurs cachent trois processeurs à très haute performance. Connectés à la fibre optique, ils permettent à l’entreprise Qarnot de s’en servir comme ressource matérielle. « Nous louons cette capacité de calcul à des sociétés qui en ont besoin pour réaliser des opérations très lourdes. Par exemple de la simulation bancaire ou du rendu pour des studios d’animations. Plus l’utilisateur veut de chauffage, plus nous envoyons de calculs à son installation. La cadence des processeurs augmente et, par voie de conséquence, leur température s’élève », détaille Quentin Laurens. Un dissipateur métallique, d’une taille sensiblement égale à celle d’un radiateur conventionnel, permet de diffuser au mieux l’énergie ainsi produite.

Un chauffage plus vert et gratuit

Ainsi, pendant que l’appartement se réchauffe, le radiateur du salon participe, l’air de rien, à la réalisation d’un nouveau film d’animation. « Le système est totalement sous contrôle de l’usager. Les processeurs sont parfaitement silencieux et ne fonctionnent que quand ils sont sollicités par l’habitant », rassure le responsable.

Par ailleurs, la société Quarnot s’engage à assurer gratuitement la maintenance et le renouvellement des installations (environ tous les sept ans) ainsi qu’à payer la part correspondant au fonctionnement des radiateurs sur la facture d’électricité de ses usagers. « Nos clients font un investissement de départ. Une fois le matériel installé, ils bénéficient de chauffage gratuit », ajoute-t-il. De quoi ajouter un intérêt économique au gain environnemental. Une donnée loin d’être anodine quand on sait que se chauffer coûte 134 euros par mois, en moyenne, à un foyer français.

Une option intéressante pour les bailleurs sociaux

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a poussé le groupe Les Chalets à expérimenter cette solution. « C’est la première fois que nous nous tournons vers cette technologie. Ces installations viennent en complément de travaux d’isolations et ont été retenues parce qu’elles permettent de faire baisser la facture énergétique. En tant que bailleur social, nous sommes très attentifs à la réduction des charges de nos locataires », explique Brigitte Delorme, directrice de la communication du groupe Les Chalets.

Alors que les travaux commencent à peine dans le deuxième bâtiment de la résidence, les locataires déjà équipés semblent satisfaits. « Il faut attendre de passer le premier hiver pour tirer des conclusions, mais pour le moment, nous avons des échos positifs », assure-t-elle.

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