Une illusion habillée de vérité, épisode 1/3

Hier soir, je me suis couché après une longue journée bien chargée. Assis dans mon lit, j’ai posé le regard sur le tableau fixé au mur face à moi. J’ai eu beau l’observer et le détailler, je ne le reconnaissais pas ; pourtant, cela fait des années qu’il est accroché là. Perdu dans son paysage pâli par le temps, je me suis mis à penser à toi et au jour où je t’ai rencontrée. Je me suis revu te dévisager au milieu de tous ces gens. J’aimerais tant prendre des vacances pour te rejoindre et à nouveau te parler de nous. Mon dos et mes articulations qui me font souffrir, m’ont fait revenir à moi et à la réalité de notre relation. La dernière soirée passée ensemble était tendre et pleine de promesses, mais je ne t’ai pas vue depuis des mois. Alors je t’imagine me parler en me tenant la main, mais cela ne suffit pas pour apaiser le manque. Et puis j’ai réfléchi à l’éducation de mes enfants, à mes responsabilités, à mon travail, et fini par énumérer les différentes priorités que je devais gérer dès le lendemain. Je me sens comme un détenu de longue peine, enfermé derrière les grilles de mon agenda. Nous courons tous pour arriver plus vite à la fin de la faim, ça n’a pas de sens. J’ai senti l’angoisse s’emparer de moi, en imaginant les années à venir qui allaient me faire vieillir… Je trouve que les difficultés de notre société ne sont pas à dimension humaine. Les maladies frappent comme des bombes lâchées au hasard, sur les gens autour de moi. Les escrocs sont des personnes gentilles et sont souvent de bons amis. Prête à jaillir au moindre conflit, l’agressivité est en chacun d’entre nous. La méfiance collective et la répression sociale font de nous tous des condamnés en sursis. Le ras-le-bol et l’intolérance sont au cœur de toutes les conversations. Je crois que les valeurs morales de mon enfance, ont été remplacées par l’argent à tout prix, le paraître, l’égoïsme et la déloyauté. Je me sens incompris. Je ne sais plus ce que je dois inculquer à ma progéniture, tout est devenu compliqué et surfait. Je ne sais même pas ce que je cherche réellement aujourd’hui dans l’existence. Si, toi ; mais tu es loin de moi. Devant tant de désarroi, j’ai canalisé mes émotions et dit ma seule prière pour tenter de me rassurer : Je chasse le doute de mon esprit, pour éloigner le mauvais et la maladie. Je me réjouis d’aujourd’hui et espère meilleurs mes lendemains. Je me remplis de confiance, pour que mon chemin reste choisi. Je suis et je pense positif, pour engendrer le bon et le meilleur. Je reste combatif et éveillé, pour nourrir mon envie de vivre, d’aimer. Je t’imagine chaque jour, pour que tu sois près de moi mon amour. Comme pour fuir mes inquiétudes, j’ai aussitôt coupé ma lampe de chevet et me suis positionné pour m’endormir. Mort de fatigue, j’ai laissé mes réalités s’éteindre en moi ; pour que s’allument mes rêves et que reprenne ma vie dans un monde meilleur… J’ai ouvert les bras et me suis élevé doucement vers le plafond de ma chambre, qui s’était rehaussé pour me laisser la place. J’ai d’abord tournoyé lentement dans la pièce un moment, en observant tout ce qui s’y trouvait. J’ai vu ensuite le tableau se remplir de couleurs chatoyantes, grâce aux éclats lumineux provenant de la fenêtre entrouverte. C’était le soleil qui repeignait d’or tout ce qu’il touchait et le reflet des vitres qui jouait aux apprentis sorciers.

A suivre…

 

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