Les conséquences du Brexit

L’Union européenne peut-elle se relever du Brexit ? Les réactions sont multiples : la France presse pour une sortie rapide du Royaume-Uni afin de réduire le possible effet “contagion” ; les chefs d’État sont d’ailleurs divisés sur la stratégie à suivre pour relancer l’Europe. Chacun semble convenir que ce divorce est à haut risque pour l’Union et que ce vote est le symptôme d’une profonde panne du projet européen.

L’Union européenne se trouve face à un défi sans précédent, devant faire la preuve de son utilité. La grande question restant de savoir comment la relance de l’Europe peut s’effectuer ? C’est la question qui divise : le camp des réalistes recommande de se concentrer sur ce qui préoccupe vraiment : sécurité, emploi, croissance ; les partisans d’une relance de l’Europe à partir des six pays fondateurs. Sur le plan intérieur, le chef de l’État, affaibli sur le plan national, vient de saisir à bras le corps la nouvelle situation qui le confronte à un moment historique. Il n’y a, au plan intérieur, plus de loi à voter, à part le budget, et voilà que s’impose une nouvelle donne politique, comme si le référendum britannique avait changé le paysage politique pré-présidentiel français.

« Quitter l’UE apparaît presque matériellement impossible »

La mise en scène du rôle du président dans la relance du projet européen le place au cœur de la vie politique française : à droite comme à gauche le clivage sur l’Union européenne s’annonce comme l’un des marqueurs de la présidentielle : Mélenchon veut être le candidat « de la sortie des traités », Bayrou considère que « la question de l’Europe et d’un référendum va être centrale dans l’élection », pour Alain Juppé, « organiser un référendum en France, c’est offrir une victoire sur un plateau à Marine Le Pen », pour Bruno Le Maire, « le risque le plus important est d’ignorer les peuples », et pour F. Fillon, « c’est la fin du fédéralisme administratif ». Ne faut-il pas s’attarder à l’analyse du journaliste du Monde, Arnaud Le Parmentier qui affirme que voter pour le Brexit n’est pas quitter l’Union européenne parce que le futur Premier ministre va « devoir négocier simultanément son divorce et son remariage sous une forme à inventer avec les Européens ». Il y ajoute des questions sans réponse : « Que va-t-il advenir des immigrés polonais à Londres, des retraités anglais en Creuse, des étudiants espagnols en Écosse, des droits de douane que l’OMC interdits d’augmenter, qu’adviendra-t-il si les conservateurs perdent les prochaines élections ? ». Et d’affirmer que « quitter l’UE apparaît presque matériellement impossible » : « Combien Londres devra-t-il payer pour rester dans l’UE sans y appartenir juridiquement ? Et si ce Brexit était plus formel que… réel ? »

 

 

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