Lancée au mois de septembre par Yohann Marconato à Toulouse, l’application Cabashop compte aujourd’hui près de 500 utilisateurs et propose aux voisins ou aux collègues de mutualiser leurs courses dans des commerces de proximité grâce à un système de livraison.

Toulouse Cabashop livraison courses collègues voisins application achat légumes magasin
Lancée à Toulouse, l’application Cabashop permet d’assurer la livraison de courses pour ses voisins ou ses collègues CC Éric Scheel

Cabashop est une application mobile lancée le 1er septembre dernier à Toulouse par un jeune entrepreneur nommé Yohann Marconato, qui propose un service de livraison de courses alimentaires en “co-voiturage”, basé sur le modèle de la célèbre application “Blablacar”.

« L’idée est que des personnes qui se rendent dans un commerce puissent, dans le même temps, récupérer les achats de leurs voisins, ou de leurs collègues, pour ensuite les livrer directement chez eux ou sur leur lieu de travail », résume le fondateur de l’entreprise. Trois mois après son lancement, Cabashop compte d’ores et déjà 180 utilisateurs dans la Ville rose et plus de 300 dans le reste de l’Occitanie.

Comment fonctionne Cabashop ?

Le principe de l’application est simple. Une personne compte aller faire ses courses dans un commerce ce jeudi à 18h. Elle crée alors une petite annonce sur l’application pour en informer, par l’envoi d’une notification, les autres utilisateurs qui habitent à proximité, dans un rayon d’un kilomètre environ autour de son lieu d’habitation. « En centre-ville de Toulouse, ce périmètre est assez large, il couvre par exemple un secteur allant du quartier des Carmes à celui de Saint-Cyprien », précise Yohann Marconato.

Les “voisins” intéressés effectuent alors une commande en ligne, en fonction des produits disponibles dans ce même commerce. Ces derniers sont régulièrement répertoriés et mis à jour sur Cabashop. Puis, ils procèdent au paiement, ce qui génère un ticket de caisse virtuel. Le “livreur” réalise ensuite ses courses, celles des autres utilisateurs, et passe à la caisse pour régler ses articles et ceux des autres clients en scannant les tickets de caisse. Ce vendredi 25 novembre une nouveauté fera par ailleurs son apparition sur l’application : les utilisateurs pourront également publier des annonces pour demander à être livrés.

Livraison de courses entre collègues

Cabashop peut également être utilisée dans une entreprise. Elle fonctionne sur le même principe. La seule différence étant que l’utilisateur a un seul et même point de livraison. Pour ce faire, l’entreprise crée une sorte de “groupe” sur l’application. Puis les employés communiquent grâce aux notifications et au système de messagerie disponible directement sur la plateforme.

Pour utiliser ce service, les entreprises paient un abonnement dont le montant n’est pas fixe, puisque adaptable au cas par cas. « À Toulouse, plusieurs sociétés l’ont déjà testé, et les retours étaient très positifs. Par ailleurs, les employeurs peuvent mettre en avant cette collaboration dans leur Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ou la Qualité de vie au travail (QVT) », argumente Yohann Marconato.

De petites annonces sont publiées sur l’application pour proposer des livraisons de courses © Cabashop

Réductions dans les commerces pour les livreurs

Les utilisateurs qui livrent les courses à leurs voisins ou leurs collègues bénéficient de réductions dans les commerces, allant de 3 à 7 euros en fonction du nombre de personnes à qui ils rendent service. « Les livreurs peuvent effectuer au maximum cinq livraisons par trajet. Ils ont également la possibilité de refuser certaines courses si les utilisateurs habitent trop loin ou s’ils n’ont pas le temps de les livrer », ajoute Yohann Marconato. Le téléchargement, comme l’inscription sur l’application, sont gratuits. La livraison, elle, est payante. Le montant s’élève en moyenne à 3 euros, dont 50 % sont reversés à l’application.

Du côté des commerçants, Cabashop travaille avec une quinzaine de partenaires à Toulouse, tels que Bio’c’Bon ou encore la boulangerie Maurice, mais aussi à Montpellier et dans le Gers. « Ils bénéficient de nos services gratuitement car ce sont les premières enseignes à nous avoir soutenu. Lorsque nous aurons atteint 20 partenaires, nous mettrons en place un abonnement de 10 euros par mois », informe le fondateur de l’application.

Cabashop s’inspire des petites annonces déposées sur les comptoirs

L’idée de créer Cabashop remonte aux souvenirs d’enfance de Yohann Marconato. Son père était artisan boucher à Tournefeuille, une commune située à l’Est de Toulouse. « Certains clients déposaient de petites annonces sur le comptoir du magasin pour demander au voisinage s’il pouvait leur ramener leurs courses en contrepartie d’une rémunération », se souvient-il.

C’est d’ailleurs cet esprit de “petit village” que le jeune entrepreneur souhaite remettre au goût du jour. En effet, l’application se base sur un principe de service de proximité. Contrairement à d’autres plateformes de livraison de courses, « nous sommes très vigilants à ce que l’application soit utilisée pour de l’entraide, notamment en faveur des personnes âgées, des personnes à mobilité réduite ou de ceux qui n’ont pas le temps de faire des courses dans de petits commerces. L’objectif n’est pas que des clients l’utilisent de manière professionnelle, pour s’offrir un complément de revenu, par exemple », souligne Yohann Marconato.

Pour créer sa start-up, aujourd’hui installé au sein de l’incubateur du MIN de Toulouse, l’ancien directeur d’une entreprise de portage salarial, s’est associé à deux amis « de longue date », à savoir Jules Bouffart, commercial, et Michaël Lucas, ingénieur informatique. « Nos compétences complémentaires nous ont aidés à développer Cabashop », soutient Yohann Marconato. Un développement qui va d’ailleurs se poursuivre, puisque l’application devrait bientôt voir le jour à Bordeaux, et pourraient également s’ouvrir à d’autres types de commerces que les enseignes alimentaires.